Jeanne baissa la tête et ne dit rien, car elle n'était pas hardie.
«Allons, lui dit l'homme, tends ton tablier.»
Et il lui en jeta une bonne poignée. La petite Jeanne le remercia et fut bien contente. La mère Nannette lui donna du sel pour manger ses radis, et elle fit un bon souper, ainsi que sa mère.
Catherine dit à la mère Nannette:
«Je chaufferai votre lessive demain et je vous aiderai à la laver après-demain. On a beaucoup donné à Jeanne: elle ira à l'herbe et conduira les oisons aux champs; cela vous fera gagner du temps, et vous pourrez travailler un peu.»
La petite Jeanne va chez Mme Dumont.
Le vendredi, Jeanne, en s'éveillant, dit à sa mère:
«C'est aujourd'hui que nous devons aller chez la dame chercher les cinquante centimes; nous irons, n'est-ce pas, maman?
--Ma fille, tu iras toute seule, car il faut que j'aide la mère Nannette à laver son linge. Tu vas même y aller ce matin, afin de mener les oisons et la chèvre aux champs quand tu seras revenue.
--Maman, jamais je n'oserai entrer toute seule dans cette belle maison.