--Pourquoi donc, ma Jeanne? Cette dame est si bonne, que tu ne dois pas craindre de lui parler. Je vais t'habiller le plus proprement que je le pourrai. Trouveras-tu bien la maison?

--Oh! oui: je suivrai le ruisseau jusqu'au moulin, et j'y arriverai tout droit.»

En partant, Jeanne prit un bâton pour se défendre contre les chiens qu'elle pourrait rencontrer. Elle arriva devant la grille du jardin, et vit sous un berceau de chèvrefeuille M. et Mme Dumont qui déjeunaient avec leurs enfants. Ce fut Isaure, la petite demoiselle aux cheveux blonds, qui vit Jeanne la première:

«Maman, voici la jolie petite fille qui a rapporté le bracelet.»

Et elle se leva pour aller lui ouvrir la grille; mais son frère Auguste, qui avait déjà treize ans, courut plus vite qu'elle et fit entrer Jeanne.

«Tu viens chercher les cinquante centimes?» dit Isaure, qui n'était pas plus grande que Jeanne.

Puis, avec la permission de sa mère, elle prit un gros morceau d'une tarte aux prunes qui était sur la table, et le lui mit dans la main:

«Mange, petite; c'est bien bon.»

Jeanne prit la tarte, mais elle n'y toucha pas.

«Tu n'as donc pas faim?