--Personne; mais tu as voulu te tuer pour ne pas souffrir, et le bon Dieu ne t'aime plus.

--Entends-tu, Pierre? c'est Dieu qui parle par la bouche du pauvre simple.»

Pendant ce temps-là, on avait fait la soupe au lait, et Pierre la mangea.

«Pierre, dit Jeanne, pourquoi, dès le commencement de votre mal, n'êtes-vous pas allé chez M. le curé, qui est si habile et si secourable?

--Jamais je n'aurais osé lui montrer mes jambes.

--Et vous avez mieux aimé offenser Dieu en cherchant à vous détruire, et rester à la charge de votre frère, qui n'est déjà pas trop à son aise! Je veux bien vous soigner, mais seulement quand M. le curé aura vu votre jambe. Je vais aller le chercher.»

M. le curé, ayant développé la jambe, fut effrayé de l'état de la plaie; Pierre, qui s'en aperçut, lui dit:

«N'est-ce pas, monsieur le curé, que je ne guérirai jamais?

--Je ne vous cache pas, mon garçon, que ce sera long et difficile: un mal peut toujours se guérir quand il est pris à temps; mais, quand on le garde pendant des années sans y rien faire, c'est quelquefois impossible. Il vous faudra une grande patience et une grande docilité pour guérir.»

Et il lava la plaie avec soin, la pansa avec de la pommade camphrée étendue sur de la charpie, et il la saupoudra auparavant avec du camphre en Poudre.