--Eh bien, dit Mme Dumont, tu viendras tous les lundis, les mercredis et les vendredis à deux heures.
--Oui, madame: ces jours-là je ne fais point de tournée, parce que maman dit qu'il ne faut pas ennuyer les gens qui nous assistent. Elle ne peut presque plus marcher, car ses jambes sont enflées, et je vais demander toute seule.
--Et comment fais-tu pour avoir un peu de bois? car il faut du feu pour faire de la soupe?
--La mère Nannette nous laisse mettre notre pot devant son feu; elle est si bonne!»
Jeanne ne manqua pas de venir apprendre à tricoter, et Isaure lui commença une jarretière; rien n'était plus charmant à voir que ces deux petites têtes si près l'une de l'autre et ces petites mains entrelacées. Jeanne était assise sur un tabouret; Isaure, à genoux derrière elle, tenait une des mains de son écolière dans chacune des siennes, pour lui apprendre à se servir de ses aiguilles; elle passait sa tête par-dessus l'épaule de Jeanne, afin de voir comment elle s'y prenait.
Mme Dumont interroge la petite Jeanne.
«As-tu les mains propres? lui demanda Mme Dumont.
--Oui, madame, je me les suis frottées dans le son que la mère Nannette a mis bouillir pour ses oisons. Maman se sert d'un petit bout de bois bien pointu pour nettoyer mes ongles.
--Elle est donc bien propre, ta maman?
--Oui, madame; tous les matins elle peigne ses cheveux dans l'étable, et les miens aussi; et quand elle allait chercher son pain avec moi, nous nous arrêtions toujours au bord du ruisseau pour nous laver les pieds.