--C'est que des dames charitables ont eu pitié d'elle et l'ont habillée comme ça.»
En regardant la petite Jeanne, on regardait ses bouquets et on les lui marchandait.
«Payez-les-moi ce que vous voudrez; c'est pour maman qui est malade.»
On lui en donnait dix centimes; quelques dames qui étaient venues au marché les lui payèrent quinze ou vingt, tant elles la trouvaient jolie et modeste. Elle vendit tous ses bouquets, et rapporta un franc à sa mère. Depuis elle ne manqua pas, quand il faisait beau, de faire des bouquets pour aller les vendre. On ne les lui payait pas toujours aussi cher; mais elle aimait mieux cela que d'aller aux portes.
La petite Jeanne apprend à tricoter.
Le vendredi suivant, Jeanne alla comme à l'ordinaire chercher les cinquante centimes chez Mme Dumont. Sophie lui fit voir les bas qu'elle lui tricotait et qui étaient presque finis.
«Moi, je ne suis pas aussi avancée, dit Isaure; je n'en suis encore qu'au premier bas: c'est que je ne travaille pas aussi vite que ma soeur, parce que je suis plus petite qu'elle.
--Que je voudrais donc bien en faire autant! dit Jeanne.
--Veux-tu que je t'apprenne à tricoter?
--Je le veux bien, mademoiselle.