--Que Dieu vous bénisse, madame, pour le bien que vous me faites!
--Mais, dites-moi: il me semble que je ne vous ai jamais vue dans ce pays-ci? Pourquoi mendiez-vous donc, étant encore dans la force de l'âge?
--C'est que, madame, j'y suis forcée par ma grande misère.»
Alors elle raconta son malheur et la charité de la mère Nannette. «Catherine, vous enverrez votre petite fille ici tous les vendredis, et je lui donnerai une pièce du cinquante centimes.
--Que Dieu vous récompense, madame!»
Et Catherine, ayant pris sa fille par la main, sortit pour retourner chez la mère Nannette.
En entrant, elle lui présenta les trois pièces de cinq francs qu'on lui avait données:
«Prenez-les, mère Nannette; ça vous dédommagera un peu; car il n'est pas juste que vous me logiez pour rien si je puis vous donner quelque chose.
--Vous savez bien, Catherine, que je ne veux rien accepter pour cela; ce n'est pas une grande gêne pour moi de vous avoir dans ma maison, qui peut nous loger toutes les deux; mon feu peut faire bouillir votre pot en même temps que le mien. Mais donnez-moi votre argent; je vous le garderai pour acheter ce qui vous sera nécessaire.»