Ce même procès-verbal, dont parle M. Mazzini, dit que la résolution d'entamer un traité de capitulation avec le cardinal Benvenuti fut prise à la majorité des voix, et c'est précisément sur ces paroles que M. Mazzini devait porter son attention, s'il est vrai que la pièce authentique soit demeurée dans ses mains.
Mais il est plus facile de croire qu'il a été induit en erreur par une brochure du général Armandi, publiée quelques mois après les événemens de 1831, où il est dit que la capitulation du 26 mars fut décidée à l'unanimité. Dans ce cas, M. Mazzini ignore que cette erreur de M. Armandi a été avouée et rectifiée par lui-même, ainsi qu'on le voit par le document dont vous trouverez la copie ci-dessous.
Votre politesse, Monsieur, et votre loyauté bien connue me font espérer que vous voudrez bien porter à la connaissance de vos abonnés cette rectification qui a pour moi beaucoup d'importance.
Agréez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération distinguée et de ma profonde estime.
De Paris, le 16 novembre 1839.
Votre très-devoué
Terenzio Mamiani.
«A M. le général Armandi, ancien ministre de la guerre du Gouvernement provisoire de Bologne.
»Monsieur le Général,
»Après avoir lu l'opuscule que vous venez de publier sous le titre: Ma part dans les événemens de l'Italie centrale, je me vois dans la nécessité de révéler une erreur qui vous a échappé. Vous dites, à l'occasion de la capitulation d'Ancône, que la résolution d'entrer en négociations avec le cardinal Benvenuti fut prise à l'unanimité par les membres du Gouvernement. Je dois vous rappeler, Monsieur, que cette unanimité ne fut pas complète, puisque sur neuf membres délibérans, il y en eut un qui fut d'un avis absolument opposé; et vous savez que ce fut précisément moi: c'est pour cela que le procès-verbal de ladite résolution annonce qu'elle fut prise à la majorité des votes, et non à l'unanimité; et c'est encore pour cela que je refusai de signer la convention lorsqu'elle fut conclue.