1 avril 1890.
A S. A. le Prince de Bismarck,
Veuillez agréer, mon Prince, les vœux très sincères et très chaleureux que je forme pour V. A. en ce jour anniversaire de sa naissance. Vous avez emporté avec vous, dans les calmes solitudes qui vous sont chères, la conscience d'une grande tâche glorieusement remplie, d'une vie laborieuse, consacrée toute entière au service d'une grande dynastie et d'un grand peuple. C'est un beau sort que le vôtre. Que Dieu vous accorde d'en jouir pour de longues années en vous conservant à votre souverain et a votre pays, qui peuvent toujours compter sur les conseils de votre génie et de votre expérience, à l'amour de votre famille, à l'affection immuable de ceux qui vous sont dévoués.
Crispi.
Friedrichsruh, le 21 avril 1890.
Mon cher Ministre,
Les bons vœux que Vous m'avez adressés pour l'anniversaire de ma naissance m'ont vivement touché et je Vous prie d'agréer l'expression de ma sincère reconnaissance.
L'endroit dont je date ces lignes ne m'est cher pas seulement par le calme de ses forêts, mais surtout par le souvenir si agréable des visites, dont Vous avez bien voulu m'y honorer. A mon regret nos excellentes relations officielles ont été interrompues, mais je suis sûr que Votre Excellence me conservera toujours l'amitié personnelle qui nous lie et je serai heureux de Vous serrer la main où que ce soit.
Veuillez croire, cher ami, à mes sentiments de très-sincère dévouement; ma femme et mon fils se rappellent à Votre souvenir affectueux.
Von Bismarck.