—Oui, Jack, il mʼaime et il nʼa jamais voulu mettre les pieds chez moi; il mʼaime et je ne connais pas son vrai nom; il mʼaime et jamais il ne mʼa dit ce que nous deviendrions dans une semaine!
—Pauvre Bliouette! vous me faites de la peine...
—Tu as tort, Jack. Moi, au contraire, je lui suis reconnaissante. Il mʼenivre. Il est mon flacon dʼéther, ma morphine. Si demain il me proposait par exemple de me tuer avec lui, dans sa petite chambre... eh bien, je le ferais, Jack! je le ferais, presque souriante, sans que mon cœur tremble...
—All right, Bliouette! Cela sʼappelle de lʼabrutissement.
—Appelle–le comme tu voudras, Jack. Cʼest de lʼamour tout de même. Cʼest quelque chose que je ne connaissais pas avant lui.
—On mʼa dit que vous lʼavez rencontré au Bar de la Grande Rouquine.
—Oui, au Bar de la Grande Rouquine, un soir de neige.
—Ahô!... un soir de neige... It must have been very splendid!
—Pourquoi dis–tu; ahô?... Dʼabord ça nʼexiste pas dans la grammaire; puis cʼest tellement yankee que ça mʼhorripile! Est–ce que ça te gêne que çʼait été un soir de neige?