—Reviendra–t–il, Madame Greuze?

—Que sais–je? Il reste souvent plusieurs mois sans revenir; une fois son absence dura plus de deux ans. Nous recevions toujours son loyer, avec nos gages, très exactement. Cette fois–ci, ni gages, ni terme; rien. Il nʼa rien payé. Et puis ses malles sont là. Venez voir, Madame. Trois malles, qui ont fait le tour de la terre... Voyez combien dʼétiquettes! Cʼest vrai que parfois on vient les prendre même huit jours après son départ.

—Et qui est–ce qui vient les prendre?

—Un monsieur âge, qui sʼappelle Dmitrieff.

—Où est–ce quʼil habite?

—Je nʼen sais rien. Monsieur Castillo mʼa dit une fois: «Vous ouvrirez toujours à ce Monsieur Dmitrieff,»—qui était avec lui. Un étranger sans doute.

—Sʼil vient cette fois–ci, il ne faudra pas le laisser partir avant de mʼavoir donné un coup de téléphone. Voici pour vous, Madame Greuze.

—Deux louis? Mais cʼest trop, Madame!

—Je vous en donnerai bien dʼautres, si seulement vous mʼapporterez un renseignement quelconque. Aussi dites–mois tout ce que vous savez, tout, les moindres détails. Je me souviens par exemple quʼil avait aussi deux grands sacs; il nʼy sont plus. Quand les a–t–il emportés?

—Pendant la nuit peut–être, car je suis bien sûre de ne pas lʼavoir vu passer.