—Lieutenant Silles,—dises Bluette con un sorriso,—je ne suis pas la société humaine et je ne vous ai rien fait de mal. Vous devez être dʼailleurs moins méchant que vous ne le dites. Je vous prie donc de mʼaider autant que vous le pourrez, puisque je ne suis quʼune femme et que je dois aller très loin. Vous aurez deviné, jʼespère, quʼil sʼagit pour moi dʼune question très grave.

—Si cʼest pour quʼon le rappelle du Sud–Oranais, nʼy songez pas, Madame. Le Colonel lui–même ne pourrait absolument rien faire.

—Aussi je ne désire pas quʼon le rappelle, ni quʼon le prévienne de mon arrivée. Je vous demande une chose bien plus simple, lieutenant Silles. Tracez–moi un itinéraire détaillé du chemin quʼil faut suivre pour le rejoindre et adressez–moi aux personnes qui pourront mʼêtre utiles dans cette longue route. Jʼai dʼailleurs un laissez–passer du Ministère. Voulez–vous mʼaider, lieutenant? Je suis peut–être indiscrète, mais je crois que nos meilleurs amis sont ceux que lʼinconnu et le hasard nous présentent.

—Oh, Madame, si ce nʼest que ça, je le ferai de très bon cœur! Seulement, puisquʼil faut que je vous écrive un petit mémoire, avec nombre de détails, je vais mʼen occuper ce soir, et je vous remettrai cela demain matin à votre hôtel, si vous en avez un.

—Oui, lieutenant: hôtel Continental. Et vous aurez pour toujours lʼamitié de Mimi Bluette.

E ricominciò la strada.

La strada.

Bisognava tornare ad Orano, prendere la ferrovia di Colomb–Béchar.

Quel giorno il luogotenente Silles fece per lei una cosa molto gentile. Dopo averla condotta alla stazione di Bel–Abbès e dopo averla salutata con parole molto laconiche, dʼun tratto, quando già il treno stava per muoversi, fece un salto sul predellino, entrò nello scompartimento, non si diede nemmeno la pena di rispondere allʼimpiegato che chiudeva lo sportello, e sedette fra loro con la massima tranquillità.