—Bien dit, ma fille. Cʼest ainsi que parlent les âmes fortes. Venons au fait; je vous écoute.
—Mais... vous allez rire... Mon Dieu comme vous allez rire, père Bollot!
—Pourvu quʼil nʼy ait pas dʼargent à débourser, ni à déplacer, ni à jeter par la fenêtre, je vais rire sans doute. Car vos idées, ma fille, ne sont jamais que de lʼespèce orageuse ou de lʼespèce comique.
—Eh bien, pour comique, elle est comique, celle–là!...
—Voyons: je hume ma prise et je vais rire en éternuant. Cʼest le meilleur des rires.
—Mais il faut dʼabord que je vous raconte quelque chose... Oui, lʼAfrique mʼa donné des idées un peu rouges... pour ne pas dire noires... Elle mʼa fait songer à des choses, qui, auparavant, étaient loin de mon âme comme les rafales du Gharb. LʼAfrique est un pays... Nʼêtes–vous jamais allé en Afrique, père Bollot?
—Heureusement non, ma fille.
—Bien; lʼAfrique est un pays qui laisse une couleur de rouille aux bords de lʼâme, un frisson de vieillesse dans la chaleur du sang. Après être revenue de là–bas je me dis souvent, par exemple, quʼune femme jeune et forte peut très bien devenir malade...
—Chaque Parisienne peut se dire la même chose.