«Je fais cadeau à Linette Messanges, ma fidèle femme de chambre et amie, dʼune somme de cinquante mille francs, pour quʼelle épouse un homme honorable. Je lui permets de choisir parmi mes robes celles qui ne sont pas trop riches pour elle; je veux quʼelle reçoive aussi un de mes réticules en platine, et je lui souhaite dʼêtre toujours douce et gentille comme elle lʼa été jusquʼici.
«Vous donnerez à mon danseur, Jack Morrison, le plus beau brillant de mes bagues, mon grand portrait par La Gandara et une longue mèche de mes cheveux. Quʼil me pardonne, ce brave Jack, sʼil mʼa été impossible de faire son bonheur.
«De mon vivant jʼai été danseuse; mon nom était Mimi Bluette; jʼaimais les belles robes, les danses et les fleurs; jʼai vu le soleil de la tourmente africaine, et cʼest là–bas que mon cœur a péri.
«Nʼimporte quand, nʼimporte où que je meure, vous me ferez dormir au seuil de cette Ville que jʼaime, et je veux quʼon mʼenterre en danseuse, au joli cimetière de Boulogne, dans un petit jardin.
«Depuis lʼEglise jusquʼau cimetière, un tzigane,—peut–être Limka—suivra mon cercueil en jouant le My Blu.
«Au printemps les bluets vont fleurir la douce terre qui me couvre...
«Il nʼy aura de grave sur ma pierre quʼun simple nom: celui dont je signe, toute heureuse...
Mimi Bluette»