—Je sais que vous étiez merveilleuse, hier au soir... que tout était merveilleux, hier au soir... Moi non plus je nʼai pas fermé lʼœil, Madame. A six heures jʼétais debout.

—Pour quoi faire?

—Pour voir les journaux, diable!

—Ah, les journaux!... Sont–ils polis? Font–ils du tapage, Linette?

—Du tapage?... Mon Dieu! Cʼest de lʼapothéose! Il y en a qui vous disent des choses pour lesquelles je voudrais les embrasser!

—Tu es une altruiste, Linette. Moi, je mʼen passe volontiers. Pourvu quʼils ne viennent pas me faire des visites, avec leurs gants qui ressemblent à leurs articles! Nʼas–tu jamais remarqué les gants des journalistes? Il nʼy a quʼeux et les cabotins pour en avoir de pareils. Je voudrais bien savoir où diable ils les achètent. Dieu!... que je dois avoir une vilaine figure!

—Du tout, Madame. Un peu de fatigue. Je vous masserai tout à lʼheure et ça passera.

—Est–ce que jʼai faim?... Il me semble que oui et que non. Je lʼignore. En tout cas je vais prendre mon café au lait avec les brioches. Revoilà cette horreur de sonnette! Flûte! Arrache le timbre! détruis les piles! Et puis quʼil sonne, ce chameau dʼen bas, quʼil sonne!...

—On vous envoie des fleurs, des billets, des lettres... Jʼen ai déjà un plateau qui déborde.

—Nous lirons demain, ou après demain, cette littérature...