Mon Aide de Camp a répliqué:
“Mais puisque votre intention n'était pas de passer l'Adige, pourquoi marcheriez vous en avant? peut-être le prince consentirait-il à conclure un armistice qui nous laisserait vous et nous dans le statu quo, pour un temps quelconque, pendant lequel il est probable que la paix serait signée.„
L'officier autrichien a repris:
“Oh cela n'est pas possible. Le Duc de Bellegarde se croirait bien autorisé à conclure un armistice avec le vice-roi aux conditions qui lui ont déjà été proposées; mais il ne l'est pas et ne le serait certainement pas aux conditions dont vouz parlez.„
La conférence a fini là. Je me suis fait devoir d'en informer l'Empereur. Je n'ai pas besoin de vous dire que pour mon compte je ne sortirai jamais de la ligne qui m'est tracée par mes devoirs et par mes serments.
Il faut donc que nous nous abandonnions aux évenéments et que nous reportions nos espérances sur les négociations de Bâle. D'ici là, je ferai certainement tout ce qui sera en mon pouvoir pour garantir d'une invasion toute la partie du Royaume qui n'a pas encore été touchée, et je ne désespère pas d'y réussir.
Les dernières nouvelles que j'ai reçu de Naples m'autorisent à croire que le Roi pourra bien être entraîné à signer un traité avec l'ennemi, mais qu'il persiste dans le réfus de porter ses armes contre le troupes de l'Empereur. D'un autre côté, les lettres les plus récentes de l'Allemagne et de la Suisse confirment les espérances de paix. — Sur ce, Mons. le Duc de Lodi, je vous renouvelle les assurances de mon estime particulière, et je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
Écrit à notre quartier général de Verone, le 18 janvier 1814.
Eugène Napoléon.
Monsieur le duc de Lodi,