EDOUARD ROD nella Revue Hebdomadaire:

.... M.me Sibilla Aleramo, dont le premier livre, Une femme, a eu la fortune très meritée de solliciter l'attention et de soulever des discussions ardentes. C'est de fait un ouvrage hors cadre, une «tranche de vie» plutôt qu'un roman soumis aux usages de la narration. Il vaut par l'intensité du sentiment qu'il exprime et des souffrances qu'il révèle, par une sincerité presque terrible, par une sorte d'«éloquence intérieure» si l'on peut dire, qui atteint souvent à la puissance sans jamais tomber dans la rhétorique.

CHARLES GÉNIAUX che la intervistò, scriveva nel Paris Journal:

Sibilla Aleramo nous présente le type parfait, au physique et au moral, de la nouvelle génération italienne. Décidée et un peu garçonnière d'allure, elle rappellerait une Américaine; mais la douceur de la voix, la grâce du sourire lumineux, la vivacité et le feu de ses ripostes affirment en elle sa nationalité. L'invasion des cosmopolites à Rome influe sur l'extérieur des êtres et des choses, mais l'auteur d'Une femme reste une Latine passionnée pour la beauté et la verité.

RENÉE D'ULMÈS nel Petit Parisien pubblicando un'intervista con l'autrice di «Una donna» ricostruisce sull'armonia della sua figura l'armonia della sua anima e dell'opera sua:

Visage régulier, au teint blanc, au front un peu bombé, encadré de souples cheveux blonds, noués en torsade sur la nuque, yeux veloutés et noirs, aux longs cils, un peu recourbés, regard enveloppé des ombres d'un passé douloureux, contrastant avec la bouche si jeune, entr'ouverte sur de petites dents blanches. Svelte, harmonieuse, en son très simple costume d'intérieur, une longue blouse d'un bleu éteint, tombant en plis droits, ouverte en carré, découvrant le cou rond et blanc, les jolis bras. Et c'était une image bien des fois rencontrée dans les musées, comme si, par exemple, la Sainte Cécile de Raphaël était miraculeusement animée.

Mais au lieu de la sérénité de la sainte, M.me Sybilla Aleramo gardait sur ses traits purs l'empreinte des rêves, des espoirs et des désespoirs, et le teint pâle s'animait, et le beau regard expressif décelait l'âme fière et vibrante à l'excès.

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M.me Aleramo parlait peu d'elle-même; mais, dans ses jugements, sur les livres, sur les œuvres d'art, elle révélait une instruction solide, un esprit remarquablement compréhensif, une âme haute, mûrie par la souffrance, et une sensibilité délicieuse.

Il Mercure de France: