Terminarei fazendo votos pela prosperidade desse instituto: para que haja de contribuir poderosamente para o progresso do espirito humano e para a gloria litteraria e scientifica da terra em que nasci. O que não sei é se isto vos será possivel n'uma epocha e n'uma situação em que por caminhos tenebrosos se ferem os adversarios leaes, não no corpo, mas na alma; em que se calcula de antemão que a honestidade e o pundonor da propria victima a ageitarão á ferida; em que para punir as opiniões se mutilam ou atrophiam as intelligencias. É a grande differença que vai da decadencia das sociedades antigas á decadencia das sociedades actuaes. Os Sejanos de Tiberio, servidos pelo ferro e pelo veneno, accordes com o cesar n'uma só vontade, eram materialistas e grosseiros na satisfação dos seus odios. Hoje a falta de um Tiberio não incommoda os Sejanos modernos: ser-lhes-hia inutil o velho de Caprea. Tem horror ao sangue: são tolerantes, espiritualistas, delicados, subtis. Ou corrompem, ou assassinam o espirito. Não vai mais longe a sua tyrannia. Depois, os Sejanos d'outrora acompanhavam com rir feroz os gemidos dos martyres: os de hoje respondem ao grito que nos arranca a dor da angustia moral, com espremer duas lagrymas sobre as faces, e com murmurar queixumes, em voz sentida e flebil, contra os que calumniam as suas intenções mais innocentes e puras.

MOUSINHO DA SILVEIRA OU LA RÉVOLUTION PORTUGAISE

1856

La Providence, qui fait aux nations des origines et des destinées diverses, ouvre aussi à la justice et à la liberté plus d'une voie pour entrer dans les gouvernements.

Guizot, Hist. des Origin. du Gouvern. Représ., Préface

I

Vous me demandez, mon cher F…, quelques notes sur Mousinho da Silveira, sur ce personnage, qui n'a été ni agioteur, ni baron, ni noble, ni général, ni académicien, ni journaliste, et que, cependant vous avez entendu vanter comme l'un des hommes les plus remarquables de notre époque, comme le plus remarquable, peut-être, de notre pays. Si je vous envoyais les notes réclamées, je ne pourrait vous dire que ce qu'il vous est loisible lire dans sa biographie, écrite, si je ne me trompe, par M. D'Almeida-Garrett. Je ne connais, en effet, d'autres particularités sur sa vie, que celles qui sont consignées, dans cet écrit. Mais ce que je puis, c'est essayer de vous faire comprendre, d'une manière peut-être plus claire et plus prècise, pourquoi ceux qui voient les choses d'une certaine hauteur regardent Mousinho da Silveira comme un homme supérieur, je dirai plus, un génie. La raison en est que Mousinho fut un verbe, une idée faite chair: il a été la personnification d'un grand fait social, d'une révolution qui est sortie de sa tête, et qui, bouleversant la société portugaise de fond en comble, a tué notre passé et créé notre avenir. Il a pris au sérieux la liberté du pays, et, en l'asseyant sur des bases inébranlables, il a rendu impossible le rétablissement du despotisme, ou tout du moins d'un despotisme durable. Sur un petit théâtre, il a fait plus que Robert Peel en Angleterre; car la révolution de Mousinho ne fut pas seulement économique; elle fut aussi politique et sociale. Lui et D. Pedro, voilà, pendant la première moitié de ce siècle, les deux hommes publics du Portugal, qui ont laissé sur cette terre une empreinte à jamais ineffaçable.

L'un était la pensée, l'autre le coeur et le bras.

Avant l'époque où le duc de Bragance prit en main les rênes d'un pouvoir contesté et choisit Mousinho pour ministre, les essais de gouvernement représentatif, chez nous, n'avaient abouti à rien, car les moyens qu'on employait pour l'obtenir étaient impuissans ou plutôt ridicules. Avant ces deux hommes, les institutions libérales en Portugal ressemblaient à ces arcs de triompbe qu'ont bâtit, les jours de fête, avec des branches d'arbres touffues, qui tombent fanées au bout d'une semaine. Les deux robustes pionniers firent autrement. Sur un sol imbibé de sang ils passèrent la charrue et, retournant les racines des bruyères parasites, deposèrent au fond des sillons les germes d'institutions durables.

Entre nous soit dit, mon cher F…, avant et après les évenements de 1831 à 1834, l'histoire du libéralisme en Portugal n'est qu'une comédie de mauvais goût, qui s'élève ou descend quelque-fois (je ne sais trop quel est le mot propre) au ton du mélodrame. Du Shakespeare de bon aloi, on n'en trouve qu'à cette époque, et, dans notre drame shakespearien, n'apparaissent que deux grandes et nobles figures: Mousinho et le fils de Jean VI. Le reste, et je le dis en toute humilité de coeur, ne vaut pas la peine qu'on en parle. Ce sont des financiers, des barons, des vicomtes, des comtes, des marquis de fraîche et mème d'ancienne date, des commandeurs, des grands cordons, des conseillers, qui glapissent, qui se ruent, qui se pressent, qui se culbutent, qui se renversent et se relèvent, qui rongent cette maigre proie qu'on appelle le budget, ou qui crient au voleur quand ils ne peuvent pas prendre part à la curée.