Nota E.

Deixo ao cura os seus assados. pag. [264].

Este pequeno poema foi-me enviado de Stockolmo pelo illustre litterato o Sr. Zetterquist, com as traducções poeticas e litteraes que publíco junctamente com o texto, e que me serviram para fazer a traducção portugueza que com tanta instancia me pediram. Veio tudo acompanhado da seguinte explicação em Francez, que aqui ponho textualmente tambem para melhor esclarecimento do assumpto:

REMARQUES DIVERSES SUR CETTE RUNA FINOISE[74]

Ce petit poème, que l’on peut appeler une réminiscence de l’état d’innocence primitive des peuples et des langues, fut composé il y a peut-être quelques siècles, par une jeune paysanne finoise. Comme le chant l’indique, elle parait avoir eu un amant auquel elle avait donné son cœur et son premier amour, mais qui, plus tard, pour une cause quelconque, l’abandonna, malgré les promesses de mariage qu’il avait jurées à sa fiancée. Une circonstance pareille n’a jamais été et ne sera jamais rien d’extraordinaire: c’est, nonobstant, le thème de ce chant si simple. Simple, il est vrai; mais il ne manque pas pour cela d’originalité, ni même de poésie, pareil en cela, du reste, à tous les vieux et sublimes chants nationaux du Nord. Je pourrais même à cet égard soutenir sans exagération que celui qui nos occupe est l’un des plus beaux produits de la poésie populaire. Où trouver, par exemple, une pensée plus sublime que celle de la seconde stance, où cette Sapho, quoique n’étant pourtant pas de Lesbos, donne sous l’inspiration du moment, l’essor aux brûlants sentiments de son cœur: “Oh! si le vent était douè de raison, et la fraîche haleine du printemps, si elle savait une langue: ils porteraient alors un mot d’amour et le rapporteraient entre deux amants.” Mais que l’on n’oublie pas non plus que c’est l’amour, chez cette poète toute d’inspiration naturelle, née et grandie dans un pays de forêts couvertes de neiges et de glaces, qui lui a mis sur les lèvres ces paroles d’une si douce poésie. Quant à la 3ème ou dernière stance, il me semble aussi nécessaire d’y fixer l’attention plus spéciale du lecteur. On pourrait, par aventure, regarder comme une espèce d’étrangeté les expressions suivantes: “Plutôt je me passerais des mets les plus délicats, j’oublierais plutôt le rôti sur la table du pasteur, que je n’abandonne le chéri de mon cœur.” Pour celui qui ne connaît pas les particularités caractéristiques des paysans findandais, et leur appréciation des choses, une image ou un objet concret pareil au rôti sur la table du pasteur, pourrait paraître quelque chose d’étonnant en poésie: mais cette pensée ou cette image ne présente par contre rien d’étonnant, lorsque l’on est initié à la vie nationale de la Finlande, et surtout, si l’on sait quelle profonde vénération les paysans finois avaient jadis pour leur prêtre, pour leur instituteur religieux; mais outre cette saint vénération, qui touchait presque à une adoration mystique, ils donnaient à ses biens matériels une valeur et leur montraient un respect non moins grands. La jeune fille, inspirée par le dieu de l’amour, n’aurait donc voulu pour les friandises les plus recherchées au monde, pas même pour les mets les plus délicats que la table du pasteur pût offrir, se départir de l’objet aimé. Cette strophe renferme aussi, en conséquence, une pensée tout aussi raisonnable que belle.—Et quoique ce petit morceau lyrique soit un modèle de style simple et naturel, il ne se fait, on vient de le voir, pas moins remarquer par un sentiment ardent, par sa force, et surtout par de ces images hardies comme des poètes plus exercés et plus instruits en cherchent en vain.

J’ose dans tous les cas espérer qu’on ne m’imputera raisonnablement pas à blâme, d’avoir, comme base de mon entreprise choisi de préférence ce simple chant antique, au lieu de prendre un morceau moderne d’une autre tendance. Un original de caractère religieux, n’aurait, par exemple, indubitablement pas convenu; d’autant plus que comme il s’agit ici d’obtenir le plus grand nombre possible de traductions, non seulement en langues écrites mais encore en idiomes provinciaux, le morceau que j’ai choisi me paraît plus que tout autre propre a conduire à ce résultat.

Si j’en viens maintenant au but même de mon travail, je crois pouvoir déclarer à ce sujet, qu’à tous égards, une collection polyglotte semblable doit indubitablement être fort intéressante pour les personnes possédant des connaissances philologiques plus ou moins grandes, et surtout pour celles qui s’occupent de linguistique comparée, Un résultat pareil dépend naturellement de la fidélité, de l’exactitude qui sera apportée à chaque traduction. L’on ne doit, en conséquence, pas considérer cette entreprise comme une affaire de curiosité, ni comme un simple amusement, mais comme un travail utile, autant que possible, pour l’histoire générale des langues.

Sous le point de vue de la réunion d’un si grand nombre de traductions, tant en dialectes qu’en langues écrites mortes et vivantes, elles seront rangées en ordre systématique basé sur leurs origines et leurs affinités. Le nombre d’idiomes dont cette carte philologique se composera, dépendra naturellement de la quantité de traductions que j’obtiendrai. Cependant, me fondant sur la bienveillance dont j’ai déjà été l’objet pendant le cours de quelques années, j’ose espérer que la collection se composera d’environ 200 ou 300 idiomes, dont je possède déjà un nombre assez considérable. Cet ouvrage sera encore augmenté de quelques appendices de musique, et d’une introduction philologico-historique. Ensuite, les traductions seront autant que possible imprimées avec les caractères particuliers à chaque langue.

Enfin, que l’on me permette d’ajouter au sujet de cette Runa finoise, qu’avant moi déjà, diverses personnes l’ont remarquée avec intérêt; je dois nommer entr’autres le Conseiller d’État suédois S. E. Mr. A. F. de Skjöldebrand, lequel publia en 1810 à Stockholm une magnifique collection de gravures sur la Suède, la Finlande et la Laponie, suivie d’une description en langue française, et portant le titre de: “Voyage pittoresque au Cap Nord.” La Runa que j’ai choisie se trouve dans cet ouvrage, tant en original, qu’en traduction française en prose. L’auteur y annonce qu’elle lui fut communiquée par Fr. Mich. Franzén (alors professeur à l’Academie d’Abo) comme un des meilleurs échantillons de la poésie runique finoise, et l’un des plus propres à montrer à quel riche degré la nation finoise possède l’inspiration poétique. Mais la langue finoise est aussi sous le point de vue grammatical singulièrement flexible, elle est surtout fort mélodieuse, ce que lui donne une certaine ressemblance avec le Grec antique.

A peu près vers le même temps que l’ouvrage de Mr. de Skjöldebrand, apparut en Anglais, d’un certain Joseph Arcebi, une description de Voyage en Suède, en en Finlande et en Laponie, dans laquelle se trouve aussi la même Runa, en traduction anglaise, faite toutefois assez librement. Cette description de Voyage, fort intéressante, a été traduite en Français et en Allemand. Mais ces deux auteurs ne son pas les seuls: le célèbre poète allemand Göethe a fait aussi de ce chant une traduction imprimée dans ses: «Poetische und Prosaische Werke