И у Кати бант кузнечиком,
А у Нины мотыльком.
147. Е. М. Мухиной
Великий Устюг, 22.02.1907
Le 22 Février 1907
В. Устюг
Je viens de recevoir votre lettre, ma douce amie, la veille de mon départ (possible!). C'était un alinéa charmant -- tout poésie
et violette -- à mon épopée d'Устюг le fastidieux, où, du reste, je crois avoir mis le point résolu.
Vous me parlez de Lohengrin. Savez-vous que j'ai pensé à ce personnage mystique (plutôt que mystérieux), et peut-être au moment même que Vous l'applaudissiez. Pour toute ressource j'ai emporté avec moi de Царское un volume de Зелинский "Troisième livre des idées". La partie concluante en est consacrée à Merlin l'enchanteur d'Immermann. Зелинский me donne l'impression d'en raffoler. D'après son analyse -- et par esprit de contradiction peut-être -- je ne le goûte que médiocrement, ce monde de cygnes et de blondes charnues aux yeux couleur de mousse de bière. Pour Wag-nérien, je le suis, je l'étais toujours, et je me réjouis d'avance de la perspective de contempler le Ring en entier, d'autant plus que je puis compter sur votre commentaire... une parcelle de vous: vous qui l'aimez bien, n'est-ce pas, ce monde d'Allemagne légendaire?
Vous ne me dites rien, si Vous allez toujours bien et si Vous avez de bonnes nouvelles de ce pauvre Max. Que Dieu vous le garde, chérie! Vous qui êtes la bonté et la compassion même, Vous le soleil de tous ceux qui Vous entourent et qui vous adorent même pour la faible lueur qui leur parvient de vous.