21 (9) декабря 1849 г. Цюрих.

21 décembre 1849. Zürich.

Je n'ai pas écrit hier, parce que la poste part à 41/2 après midi pour Berne, et nous arrivâmes vers les 5. Mon arrivée a été sous les meilleurs auspices du monde, j'ai rencontré toute

la petite famille prête à aller à un examen où Colas devait figurer... et je restai seul avec les voyageurs dans le Obernschöngrünschneebedecktberg, mais dans un quart d'heure la force publique envahit l'appartement, c'était une députation qui a reèu ordre du directeur de m'emmener vif ou mort à l'examen. Vous connaissez mes idées sur la mort, je lui déclare donc que si l'аlternative est telle -- je suis à ses ordres; alors ils me menèrent dans un désert de neige jusqu'au cou, dans un salon très bien éclairé pour les aveugles qui jouaient la flûte et touchaient le cœur et le piano, on leur démontrait la chaleur palpable -- i! faisait au moins 45 degrés de Réaumur. -- Cela n'est pas tout... moi en habit de voyage, paletot vert de grenouille à l'extérieur, Cognac de la Couronne au dedans... on me mène dans un cercle d'aristocrates, dont le plus jeune lisait un compte-rendu qu'il a commencé par ces mots: "Voilà pour la quarantième fois que j'ai l'honneur..." A chaque année il perdait une dent -- cela a beaucoup augmenté à l'agrément.

On me fait asseoir entre ces monarques assemblés, qui vinrent encore une fois s'étonner de leur philantropie et pleurer sur leurs vertus sans exemple. La salle fut bientôt hermétiquement fermée -- la chaleur redoubla, et une retraite à la Xénophon -- il n'y avait pas même à rêver. J'étais désolé de n'avoir pas mangé ce jour une quantité de radis, comme nous le faisions, la nature me refusait des moyens equivalents -- etc., etc., etc.

Colas a été admirable, il m'a touché jusqu'aux larmes, il parlera, il parlera... figurez-vous qu'à présent il connaît déjà les noms de toutes les choses qu'il voit tous les jours.

A présent parlons affaires.

J'ai rencontré plus de résignation chez ma mère que je ne l'avais era. Mais l'affaire reste dans la plénitude de ses ténèbres. Le chargé d'affaires écrit que la lettre de change de Goloch), parce que les affaires de madame sont dans le même état, que celles de son fils. En outre, il parle de la difficulté et du peu de sûreté d'envoyer des documents par la poste. Cette dernière phrase me fait penser à une défense de nous envoyer par la poste de l'argent et autre chose pécun; cela s'est vu -- par ex avec Bakounine.

Voilà ma résolution suprême.

Je pars demain оu après demain pour Berne avec ma mère, je reparlerai de toutes les affaires avec vous, je repartirai un jour après pour Paris. Je tâcherai d'avoir un payement sur le billet et une acceptation d'une lettre de change. -- Je reviendrai dans une huitaine, je m'arrêterai chez Emma, si olle ne me chasse pas. L'affaire sera mise au clair.