D 3 Märs 1850, Paris.
Ich danke Ihnen tausendmal für Ihren vortrefflichen Brief, lieber Herr Hess, jetzt erwarten Sie keine Antwort, nur einige subjektive Betrachtungen will ich Ihnen mitteilen fürs erste.
Sie haben ganz recht, indem Sie sagen, daß die römische Philosophen außerhalb der Aktualität waren, der Apostel Paul oder Julian der Konservative waren viel mehr in der Wirklichkeit als Sextus Empiricus, Lukian etc. -- aber hatten sie die Wahl, war es nicht historische Aktualität, die sie außerhalb der Geschichte jagte, war es ihre Schuld, daß sie nüchterner sahen als die Christen?
Le lien qui nous rattache au passé et à notre milieu n'est pas toujours si fragile. C'est un symptôme de la décadence, de l'approche d'un cataclysme. Les Anglais par ex, si nous en exceptonsquelques individualités excentriques comme Byron, Shelly, se tiennent au niveau de leur actualité. Ils continuent, ils ont une tradition, une œuvre à accomplir, une conduite tracée. Nous sommes dans un autre cas, cette lésion de continuité qui se fait sentir, ce Bruch ne se fait pas avec intention, c'est le milieu qui nous pousse an doute, au dégoût;après beaucoup d'efforts, de souffrances, de déceptions vous succombez, ou votre nature titanique s'insurge, devient sceptique, et sent une démangeaison de s'attaquer à tout. Les circonstances -- le 24 Février ex grat -- peuvent donner le change, peuvent entraîner, mais elles peuvent aussi bien vous planter au beau milieu de l'entraînement.
La brochure dont vous parlez n'est pas même un ouvrage de propagande l'élément lyrique, pour ainsi dire et tout à fait subjectif у prédomine. Si elle vous a interessé, c'est parce qu'elle est vraie; on sent la rage et les larmes au-dessous du doute, je m'émancipai de mes sentiments douloureux en l'écrivant. Kapp a fait publier la traduction de mes lettres sur la révolution italienne en 47 etc (chez Hoffmann et Campe); dans les premières lettres vous me trouverez tout à fait lancé, entraîné (quoiqu'elles soient écrites aprés le premier article "Vor dem Gewitter").
Mais ce n'est pas tout. Vous oubliez peut- etre que ma position de spectateur -- est ma nationalité: j'appartiens physiologiquement à un autre monde; j'ai plus d'indifférence en constatant le cancer terrible qui engloutit l'Europe occidental. En Russie nous souffrons seulement de l'enfance, et d'une gêne matérielle, mais nous avons l'avenir pour nous. Le monde slave n'a pas existé dans la plénitude de ses forces, à présent il s'est
préparé instinctivement une аrènе immense -- la Russie. Sous сe rapport nous autres nous avons une position tout à fait différente des philosophes romains, -- eux ils n'avaient que leur pensée sombre et fière (quoique, je vous avoue, j'aie un faible pour ces hommes; cette indépendance, cette émancipation individuelle qui enfin ne veut rien des hommes, fait tressaillir mon cœur) et ils prévoyaient le temps où Justinien allait fermer leurs écoles, оù un autre empereur allait brûler la bibliothèque de Byzance pour en finir avec leur science. Tout au contraire nous n'attendons que le moment d'apparaître.
Je ne continue pas aujourd'hui. Je serais vraiment honoré si vous voudriez écrire in extenso votre lettre et l'imprimer dans votre brochure. Je m'engage à vous répondre -- au lieu de mon nom, employez mon pseudonyme -- Iscander. C'est ainsi que j'ai signé tout ce qui a été imprime en Russie, et puisque Kapp l'a employé -- va pour Iscander. Ordonnez à Campe de m'envoyer de suite un exemplaire et prenez chez Herwegh un de la brochure. -- Je vous enverrai aussi les Lettres, dites votre adresse. Оù allez-vous? -- En Angleterre, -- peut-être je viendrai à Londres dans 20 jours. N'oubliez pas de me donner votre adresse, vous pouvez m'écrire en adressant aux soins de Mrs les frères de Rotschild à Paris.
Avez-vous lu en Suisse le discours de Donato Cortès? -- je lui ai écrit une réponse, et je me propose à présent d'écrire un petit article contre la confusion рrêchéе par Em. Girardin par rapport à la majorité et la minorité.
Au reste tout va tristement -- je m'enfonce de plus en plus dans mon pessimisme.