Il y'a quatre jours de cela, m-r le consul de la Russie est venu chez moi et m'a transmis l'ordre impérial de retourner immédiatement. J'ai refusé. C'est plus que probable qu'à présent Nesselrode insistera sur mon éloignement du Piémont (je ne crois pas qu'il ose aller jusqu'à demander l'extradition d'un homme qui n'est coupable que d'un crime géographique, qui ne veut pas vivre sous le 59 degré de lat boréale). C'est pour cela qu'il m'est absolument nécessaire de savoir si je puis rester tranquille après une note de la Russie. Mais ne voulant par m'afficher
avant que cela soit nécessaire, j'ai inventé un autre moyen. Je désire acheter une propriété à Nice ou dans les environs, j'ai placé une partie de mon bien dans les fonds sardes, mais avant de m'établir je veux un permis de séjour ou une garantie quelconque contre les éventualités d'une expulsion. Quelles sont les lois sous ce rapport? -- Ne dois-je pas exposer l'affaire au ministre de l'Intérieur? Enfin, que me conseillez-vous, cher monsieur Pinto? Si on me garantit ma position, je transporterai toute ma fortune en Piémont. Sinon, je me proposerai d'aller à Londres -- qui me dégoûte, ou en Suisse que je déteste, ou en Amérique -- qui m'ennuie.
La note dont je parle ne peut venir avant un mois (j'expédie ma réponse écrite aujourd'hui). Auriez-vous assez d'amitié pour charger quelqu'un de savoir le contenu?
Peut-être même le gouvernement russe s'abstiendra, car les relations diplomatiques ne sont pas tout à fait rétablies.
En tout cas j'attendrai une réponse, écrivez-moi, poste restante ou maison Sue, et ne vous fâchez pas que je prenne au sérieux les offres obligeantes de mes amis.
Ma femme vous salue.
Tout à vous A. Herzen.
P. S. Je voudrais prévenir la note, -- c'est pour cela que j'écris à présent.
Перевод
23 сентября. Ницца.