127. Ж. МИШЛЕ

7 ноября (26 октября) 1851 г. Ницца.

Monsieur,

Votre lettre m'a fait un bien immense; j'en étais profondément touché. Permettez-moi de serrer votre main, avec reconnaissance, avec vénération, avec amitié.

J'ai encore foi en 1852, et si j'ai parlé de notre perte à la fin de ma lettre, je n'ai pensé qu'à nous autres Russes. Nous sommes à l'avant-garde de l'arrière-garde, pour nous, comme Russes, il n'y a rien, que de servir d'exemple comme Pestel, Mouravioff, Bakounine.

Voilà les détails biographiques sur notre ami malheureux, après demain je vous enverrai ceux concernant Pétrachevsky. Et je prendrai la liberté de vous adresser encore 3 exempl de ma lettre, craignant que Franck ne pourrait la recevoir que dans une semaine.

On critique ici ma langue franèaise. J'avoue mon ignorance. Un Polonais de mes amis, M. Chojecki, a bien voulu corriger mon manuscrit; mais avec tout cela il y a des fautes; je n'ai qu'à demander votre indulgence. Lorsque j'écris le russe, je suis complètement libre, je me sens là dans mon élément, je me laisse entraîner, sans penser à l'arrangement des mots.

J'attends vos observations, elles me seront précieuses. Je vous dois beaucoup, car j'étais dans une apathie maladive les derniers temps. Vous m'avez réveillé et, plus encore, votre dernière lettre, si sympathique, m'a réchauffé le cœur, grâce vous soit rendue.

Je vous salue de tout mon cœur.

A. Herzen.