Mes deux petites sont à Paris, chez cette dame russe que vous avez rencontrée une fois chez moi. Moi, j'erre avec mon fils dans les montagnes de la Suisse; je resterai quelque temps à Lucerne, ville qui me plaît, parce je ne connais âme qui vive.
Permettez-moi, maintenant, de vous communiquer une chose qui pourrait vous intéresser et vous faire oublier un peu mon triste récit. Vous connaissez qu'on organise à Genève une académie; les genevois ont déjà engagé des hommes illustres de la science, entre autres -- mon ami C. Vogt. Je pense qu'ils seraient enchantés de vous posséder au moins pour six mois, j'ajoute même, d'après les assurances des personnages compétents qu'on irait volontiers à plus de 3000, entre 3 et 4000 frs à vous offrir. Le semestre commence au 1 novembre. Je serai tout heureux si vous voudriez me permettre d'entrer en rapport sur ce sujet avec mes amis de Genève.
Excusez amicalement la longueur de ma lettre. Moi-même, je suis fatigué, c'est très douloureux de rouvrir ces plaies saignantes. -- Je vous laisse en serrant votre main et en répétant que c'est un don bien maudit que la vie.
Votre ami tout dévoué.
A. H.
P. S. Je recommanderai ma lettre, par crainte de la poste franèaise, qui ne se borne pas à lire les lettres, mais qui croit prudent de les retenir -- ce qui ne se fait en aucun pays.
Vous faites mention d'un ouvrage sur la Russie, je n'en ai aucune connaissance. Je voudrais bien en connaître le titre.
Mon adresse: Lucerne, poste restante.
Перевод
25 июля 1852.