На обороте: Егору Федоровичу.

18. Г. ГЕРВЕГУ

4 -- 5 мая (22--23 апреля) 1850 г. Париж.

4 mai.

Il у a bien longtemps que je n'ai pas écrit, et la cause en est que par coquetterie je ne me montre à mes amis que lorsque je suis aimable, spirituel, intéressant... eh bien, ces trois jours je n'étais ni l'un ni l'autre. La maladie de Natalie m'a attristé. Les horreurs que je vois tous les jours m'irritent d'une manière stérile. Tu sais qu'Edmond est expulsé et qu'il reste ici pour quelque temps à condition de ne rien faire. Tu sais la chasse aux porteurs de journaux qui chaque jour se renouvelle -- et se termine par une victoire complète des Carlovingiens... Corpo di Bacco, lorsqu'on sait qu'il n'y a pas de ville plus civilisée que Paris, pas de peuple meilleur, -- lorsqu'on pense que partout ailleurs cela va plus mal encore, on devient stupéfait, crétin, idiot... idiot jusqu'au point d'aller voir Alexis le magnétisé...

L'affaire du départ reste comme elle était -- si je ne parviens pas à avoir un visa pour Nice, j'irai par Genève.

Il y a de bonnes nouvelles concernant l'affaire, elles consistent dans un mémoire de la banque tout en faveur du remboursement.

J'ai reèu une lettre de Bamberger, c'est un homme de beaucoup d'énergie spirituelle, sa lettre est charmante; entre autres il me cite ce texte: " Tristitia est animi imperfectio " -- et m'engage de me moquer de tout; je n'avais pas besoin d'une invitation pour cela, et j'ai écrit un petit article Omnia mea mecum porto qui

te plaira, j'en suis certain. -- Edmond veut aller en Egypte. Je tâche de sauver tanto poco du cautionnement.

J'ai un mal de tête féroce. -- Adieu, caro mio, au revoir, le temps approche où enfin nous nous reposerons ensemble. Je t'embrasse.