Завтра отправляются к вам, дорогой друг, "Сорока-воровка", "Крупов" и несколько рассказов из "Записок охотника", понять которые вам будет не так легко, как остальное, но это неважно; скоро мы сумеем их читать вместе, и я вам все объясню. А пока я ухаживаю за другими больными детьми -- вытираю нос одному, даю лекарство другому. У Таты был этой ночью сильный жар. Все кашляют, Эмма, я -- чудный концерт; Александр расстроен, он удирает в театр, а после его мучает совесть, он корит себя за то, что слишком много развлекается... Когда же будем мы бегать, как дети, на воле? Мне кажется, что все мы сейчас находимся в стадии куколок и должны превратиться в бабочек!

Ваша бабочка in spe[45].

На обороте: Егору Васильевичу.

20. Г. ГЕРВЕГУ

12 мая (30 апреля) 1850 г. Париж.

Le 12 mai.

Ne me fais pas de reproche, cher Georges, sur le laconisme de mes lettres, les matériaux ne manquent pas, ni le désir -- mais il y a beaucoup de choses qui empêchent. Outre le dégoût que je sens d'écrire dans un pays où le secret des lettres n'est pas respecté, j'ai un dégoût profond de tout ce que je vois. Cette agitation stérile dessèche l'âme.

Je quitterai Paris dans quelques jours... eh bien, quel est le résultat acquis de ces 5 mois? Un mépris encore plus profond pour les uns et pour les autres; il faut travailler à se rendre maître même de ce mépris -- j'y parviendrai. Il y a pourtant une chose qui me blesse profondément. La lutte qui se produit à présent est nécessaire, mais la forme dégoûtante, lâche, offensante, crapuleuse

appartient aux lutteurs et non à la lutte. C'est là que je vois la mort, la putréfaction. Prendre part est impossible, mais il est encore moins possible d'être là, voir, sentir et ne pas être indigné, outragé. -- Un peu de repos, un peu de légalité, et on pourrait bien exister au moins. "Mais c'est un temps de guerre". -- Oui, j'ai entendu tout cela cent fois, mais il y a des duels et un pugilat, un duel et un assassinat. Moi je ne peux me battre qu'en duel, c'est le dernier reste d'aristocratisme, je voudrais qu'on ait des égards pour moi en me frappant; j'accepterai un malheur -- mais non un soufflet. Eh bien, voilà ce qui manque complètement aux parties opposées, elles ne sont pas gentlemanlike -- en vérité je regrette quelquefois la vieille noblesse avec ses préjugés stupides, mais avec leur dignité qui craignait tout ce qui est impur; la bourgeoisie a apporté d'autres mœurs basées sur l'addition, eh bien, comme on met de l'eau dans du vin, pour le vendre, c'est ainsi qu'on dénonce, qu'on s'avilit -- pour avoir un avantage. -- Je t'assure que quelquefois je deviens malade en lisant l' Assemblée N < ationale > et confrère -- ce ne sont pas leurs provocations qui me font frémir, non, c'est le cynisme de la bassesse, c'est ce luxe d'ignominie. Eh bien, cela appartient à nos générations; as-tu lu les feuilles d'une histoire de 1814 publiée par la V < oix > du P < euple >? -- admire là ce luxe dont je parle, admire les maréchaux et Cnie, Napoléon, le type d'un bourg couronné, il a su donner une éducation à cette génération -- que nous admirons jusqu'à présent.

Si tu veux savoir ce qui se passe ici, je te conseille entre autres de lire les correspondances de l' Indépendance Belge. Moi je ne vois absolument personne (et ne veux voir personne), j'arrange mes affaires et me prépare au voyage. Dans l' Ind < épendance > donc on racontait qu'en cas d'émeute on s'en ira à Versailles, et si cela prenait un caractère sérieux qu'on bombarderait Paris par les forts. -- Dieu veuille que Louis-Philippe ait encore cette consolation pour ses vieux jours, de voir l'usage de ces forts -- élevés par lui, Thiers et le National. Tu as vu dans la Presse le nombre de soldats -- mais cela ne viendra pas même jusqu'à une émeute, -- au moins sans des provocations directes.