Après une semaine passée sur une palette de torture -- un moment lucide. Ma femme t'a déjà écrit qu'enfin nous savons quelque chose sur la célèbre histoire d'Ogareff. Ils sont libres -- de Natalie on n'écrit rien. Le gouvernement s'est fait excuser. Selivanoff a été aussi arrêté et mené à Pétersb dans la forteresse -- et aussi mis en liberté. Gran qui nous écrit cela dit qu'il ne peut concevoir pourquoi Seliv a été arrêté -- moi je crois que c'est parce qu'il ne se lave jamais, donc on l'a puni au nom des ablutions du corps et de la pureté charnelle.
Beaucoup plus tard.
Enfin, mon ami, je succombe aussi, c'est vraiment affreux, la santé de Tata va de mal en pis. Elise est couchée avec une hémorragie. Ta femme doit partir -- personne, personne. Et tout le monde à commencer par Reichel et finir par Schomb me dit: "Partez, partez". Partir, laissant les autres dans cette position! -- Ma femme enceinte et malade, Tata, et même sans bonne. Diable, est-ce le commencement de la fin?
-- Eh bien, le fatum, la fatalité -- mot qui n'a pas de sens, mais qui tue au besoin.
Adieu, cher ami, je ne sais rien ce que je ferai, on dit qu'on veut proclamer l'état de siège... je ne demande que 4 jours de tranquillité et de paix, je ne peux donc quitter toute ma famille. Et ensuite, sacré nom de Dieu, que me fait donc toute la politique de la France? Quand, où, en quoi ai-je pris part? -- Eh bien, si ces cannibales veulent exterminer tous les hommes indépendants -- quel moyen alors de se faire passer pour un esclave? Oui, je resterai ce que je suis, homme indépendant, indépendant même de partir...
Tout cela est bête. Mais je savais bien que le criterium du désir subjectif est insuffisant pour régler la vie avec cette souveraineté qui plaît a l'homme.
Emma aussi ne voulait pas partir encore. Et toute mon éloquence ne suffisait point à la décider (c'est toujours la pensée souveraine et adolescente de subordonner les faits aux sentiments), elle voulait attendre des lettres de toi, de l'argent de Berlin... Eh bien, elle part à présent bien prosaïquement d'après une injonction. C'est bien que l'affaire est terminée...
Adieu. Je suis profondément triste, -- plus de malheurs ensemble ne sévirent jamais sur ma tête.
...Погоди немного --
Отдохнешь и ты.