Апрель — май 1835 г. В Петербурге.

(Вторая черновая редакция)

En demandant la permission d’être l’éditeur d’une gazette littéraire et politique je sentais moi-même tous les inconvénients de cette entreprise. Je m’y voyais forcé par de tristes circonstances. Ni moi, ni ma femme nous n’avons encore notre fortune; celle de mon père est si dérangée que j’ai été obligé d’en prendre la direction pour assurer un avenir au reste de ma famille. Je ne voulais devenir journaliste que pour ne pas me reprocher d’avoir négligé un moyen qui me donnant 40 000 de revenu me mettait hors d’embarras. Mon projet n’ayant pas eu l’agrément de Sa Majesté, j’avoue que me voilà soulagé d’un grand poids. Mais aussi je me vois obligé d’avoir recours aux bontés de l’empereur qui maintenant est mon seul espoir. Je vous demande la permission, M-r le Comte, de vous exposer ma situation et de remettre ma requête en votre protection.

Pour payer toutes mes dettes et pouvoir vivre, arranger les affaires de ma famille et être enfin libre de me livrer sans tracas à mes travaux historiques et à mes occupations, il me suffit de trouver à faire un emprunt de 100 000. Mais en Russie c’est impossible.

L’empereur, qui jusqu’à présent ne s’est pas lassé de me combler de grâce, mais qu’il m’est pénible…. en daignant me prendre à son service m’a fait la grâce de me fixer 5000 d’appointements. Cette somme représente les intérêts d’un capital de 125 000. Si, au lieu de mes appointements, Sa Majesté me faisait la grâce de m’en donner le capital en emprunt pour 10 ans et sans intérêts — je serais parfaitement heureux et tranquille.{148}

649. А. Х. БЕНКЕНДОРФУ

1 июня 1835 г. В Петербурге.

Monsieur le Comte,

Je suis honteux d’importuner toujours Votre Excellence, mais l’indulgence et l’intérêt que Vous avez toujours daigné me témoigner seront l’excuse de mon indiscrétion.

Je n’ai pas de fortune; ni moi, ni ma femme, n’avons encore la part qui doit nous revenir. Jusqu’à présent je n’ai vécu que des fruits de mon travail. Mon revenu fixe, ce sont les appointements que l’empereur a daigné m’accorder. Travailler pour vivre n’a pour moi, certes, rien d’humiliant; mais accoutumé à l’indépendance, il m’est tout-à-fait impossible d’écrire pour de l’argent; et l’idée seule suffit pour me réduire à l’inaction. La vie de Pétersbourg est horriblement chère. Jusqu’à présent j’ai envisagé avec assez d’indifférence les dépenses que j’ai été obligé de faire, un journal politique et littéraire, entreprise purement mercantile, me donnant tout de suite les moyens d’avoir 30 à 40 milles de revenu. Cependant cette besogne me répugnait tellement, que je n’ai songé à y avoir recours qu’à la dernière extrémité.