— Mais… j’en prendrai avec plaisir[470] — скромно отвечал маститый старец, но скромность эта была так полна чувства собственного достоинства, что мы сразу поняли, что не мы почтили старца, но старец почтил нас.

Когда бокалы были осушены, встал Фарр и вынул из бокового кармана лист разграфленной бумаги. Этот лист он показал всем делегатам и объяснил, что такова форма для производства народной переписи, доставшаяся VIII международному конгрессу в наследие от такового ж, имевшего свое местопребывание в Гааге*. Но в форме этой он, Фарр, замечает, однако ж, один очень важный недостаток, заключающийся в том, что, при исчислении народонаселения по занятиям и ремеслам, в ней опущен довольно многочисленный класс людей, известный под именем «шпионов».

Я взглянул на Прокопа: он совершенно посоловел и дико озирался. К счастию, половые куда-то разошлись, так что он скоро оправился и довольно спокойно произнес:

— С своей стороны, я полагал бы этот неприятный разговор оставить. Неужто, господа, у вас за границей и разговоров других нет!

И он уже предложил приступить к следующему, по порядку, предмету суждений, как встал Левассёр и, по существу, решил дело в пользу Прокопа.*

— Messieurs, — сказал он, — l’espionnage* a été reconnu de tous temps comme l’un des plus vifs stimulants de la vie politique. Déjà l’antique Jéroboam promettait des scorpions à ses peuples*, ce qui, traduit en langue vulgaire, ne saurait signifier autre chose qu’es pions. Ensuite, nous trouvons dans Aristophane des preuves irrécusables que les Grecs ne connaissaient que trop ce moyen gouvernemental et qu’ils donnèrent aux espions le surnom sonore des sycophantes*. Mais c’est aux césars de l’antique Rome que la science de l’espionnage est redevable de son plus grand développement. Au dire de Tacite, du temps de Néron, de Caligula et autres il n’y avait presque pas un seul homme dans tout l’Empire qui ne fût espion ou ne désirât de l’être*. Ces majestueux romains, qui ne commençaient pas autrement leurs blagues qu’en disant: «civis Romanus sum», se sont fait au métier de l’espionnage comme s’ils étaient les plus majestueux des chenapans. Enfin, notre belle France est là pour attester que l’espionnage n’est jamais de trop dans un pays dont la vie politique est à son apogée. Chez nous, messieurs, presque tout le monde s’entreespionne, ce qui n’empêche pas la vie sociale d’aller son train. La solidarité de l’espionnage fait qu’on n’en ressent presque pas l’inconvénient. Voici l’historique de ce phénomène social qui porte le nom malsonnant de l’espionnage. Mais si nous constatons ici les résultats pratiques du métier, nous devons en même temps constater que jamais ces résultats ne pour raient être ni si grands, ni si accomplis, si les espions s’avisaient d’agir ouvertement… là, le coeur sur la main! Oui, messieurs, c’est une occupation qui ne saurait être pratiquée que sous le voile du plus grand mystère! Otez le mystère — et adieu l’espionnage. Il n’est plus — et avec lui tombe tout le prestige de la vie politique. Point d’espionnage — point d’accusations, point de proces, point de proscriptions! La vie politique reste, pour ainsi dire, en suspens. Tout passe, tout tombe, tout s’évanouit. Voilà pourquoi je ne partage pas l’opinion, exprimée par mon honorable collègue, M-r Farr. Je comprends três bien sa pensée: il est par trop champion de la statistique pour ne pas gémir en voyant que cette science conserve encore des points inexpliqués et obscurs. Mais Dieu, dans sa divine sagesse, en a jugé autrement. Il a voulu que la statistique conserve à jamais quelques points inachevés pour que nous autres, humbles travailleurs de la science, ayons toujours quelque chose à eclaircir ou à achever. Aussi je conclus, en disant: messieurs! nous avons toute une rubrique, où se classent les chenapans et autres gens sans foi ni loi! Cette rubrique n’est-elle pas assez large pour que les espions y trouvent leur place naturelle? Oh, messieurs, classons les y hardiment, et puis disons leurs: allez, gens sans aveu et faites votre vil métier! la statistique ne veut pas vous connaitre![471]

Речь эта произвела эффект необычайный. Крики: bravo! vive la France![472] (Прокоп, по обыкновению, ошибся и крикнул: vive Henri IV!*[473] ) неслись со всех сторон. Сейчас же все побежали к закусочному столу и буквально осадили его.

— Je crois que ça s’appelle lassassine*? Lassassine et paras-seune — il faut que je me souvienne de ça![474] — сказал Левассёр, держа на вилке кусок маринованной лососины.

— Oh, mangez, messieurs![475] — упрашивал какой-то делегат (кажется, ветлужский), — человек! лососины принесите! пожалуйста, mangez!

Заседание кончилось; начался обед.