II.

(Ohne Datum.)

Monsieur.

Je ne sais si Vous Vous souvenez de moi, mais moi je n’ai pu oublier les jours que j’ai passé à Dresde il y a quelques années et Dresde pour moi c’est votre maison, je crois m’aquiter un peu envers Vous en Vous addressant M. le comte de Montalembert, l’un des hommes les plus distingués de notre jeune generation; grand et digne admirateur de Vous Monsieur et de Vos illustres amis F. Schlegel et Novalis. La poésie de l’allemagne du Moyen age est un des principaux objets du plan d’étude qu’il se propose d’entreprendre en allemagne. Cette poésie des „Minne-Singer“ vit en Vous, Monsieur! Permettez à un etranger de rendre ce temoignage à son dernier representant. J’envie beaucoup à Monsieur de Montalembert d’aller la puiser près de Vous. Je ne puix me consoler de son voyage que par l’esperance de l’imiter.

Daignez, Monsieur, faire agreer à tout ce qui Vous entoure, l’hommage des sentiments respectueux que je Vous ai voués avec la plus vive admiration.

J. J. Ampère.