VIII

THE CAPITULATION OF BAYLEN

1. ORGANIZATION OF THE ARMY OF CASTAÑOS

N.B.—* marks an old regiment of the regular army; † a militia regiment; ‡ a regiment of new levies.

Commander-in-chief, Lieut.-General Francisco Xavier Castaños.
Chief of the Staff, Major-General Tomas Moreno.

Men.
1st Division, General Teodoro Reding:
*Walloon Guards (3rd batt.), 852; *Reina, 795; *Corona, 824; *Jaen, 922; *Irlanda, 1,824; *3rd Swiss, 1,100; *Barbastro (half batt.), 331; †Jaen, 500; ‡1st of Granada, 526; ‡Cazadores of Antequera, 343; ‡Tejas, 436.
Total8,453
Cavalry attached to the 1st Division:
*Montesa, 120; *Farnesio, 213; *Dragones de la Reina, 213; *Numancia, 100; *Olivenza, 140; ‡Lancers of Utrera and Jerez, 114.
Total900
One horse-battery (six guns), one field-battery (four guns)200
Two companies of sappers166
Total of the Division9,719
2nd Division, Major-General Marquis Coupigny:
*Ceuta, 1,208; *Ordenes Militares, 1,909; †Granada, 400; †Truxillo, 290; †Bujalance, 403; †Cuenca, 501; †Ciudad Real, 420; ‡2nd of Granada, 450; ‡3rd of Granada, 470; ‡Volunteers of Catalonia, 1,178.
Total7,229
Cavalry attached to the 2nd Division:
*Borbon, 401; *España, 120.
Total521
One horse-battery (six guns)100
One company of sappers100
Total of the Division7,950
3rd Division, Major-General Felix Jones:
*Cordova, 1,106; *Light Infantry of Valencia (half batt.), 359; *ditto of Campo-Mayor, 800; †Burgos, 415; †Alcazar, 400; †Plasencia, 410; †Guadix, 459; †Lorca, 490; †Seville, 267.
Total4,706
Cavalry attached to 3rd Division:
*Calatrava, 222; *Santiago, 86; *Sagunto, 101; *Principe, 300.
Total709
Total of the Division5,415
4th Division (Reserve), Lieut.-General Manuel la Peña:
*Africa, 525; *Burgos, 2,089; *Saragossa (3rd batt.), 822; *Murcia (3rd batt.), 420; *2nd Swiss, 243; *Marines, 50; †Provincial Grenadiers of Andalusia, 912; †Siguenza, 502.
Total5,563
Cavalry attached to 4th Division:
*Pavia, 541541
Artillery, two horse-batteries (twelve guns)(?) 302
Sappers, one company100
Total of the Division6,506

Total of the army, 29,590: viz. infantry, 25,951; cavalry, 2,671; artillery, 602; sappers, 366, with twenty-eight guns.

N.B.—The force of the two flying columns of Col. Cruz-Murgeon and the Conde de Valdecañas is not ascertainable. They were both composed of new levies: Arteche puts the former at 2,000 foot, and the latter at 1,800 foot and 400 horse. Other authorities give Cruz-Murgeon 3,000 men.

It should be noted that Castaños’ field-army does not comprise the whole number of men under arms in Andalusia. Most of the regular regiments had left behind their third battalion, which was being completed with recruits, and was not fit to take the field. Of all the regiments only Burgos, Irlanda, and Ordenes Militares seem to have gone forward three battalions strong.

2. CORRESPONDENCE OF THE FRENCH GENERALS.

(a.) GENERAL DUPONT TO GENERAL VEDEL.

Je vous prie, mon cher général, de vous porter le plus rapidement possible sur Baylen, pour y faire votre jonction avec le corps qui a combattu aujourd’hui à Mengibar et qui s’est replié sur cette ville. Le sixième régiment provisoire et deux escadrons, l’un de dragons et l’autre de chasseurs, sont réunis à votre division.

J’espère que l’ennemi sera rejeté demain sur Mengibar, au delà du fleuve, et que les postes de Guarraman et de la Caroline resteront en sûreté; ils sont d’une grande importance.

Lorsque vous aurez obtenu ce succès, je désire que vous réunissiez à Andujar une partie de vos forces, afin de combattre l’ennemi qui se trouve devant nous. Vous ne laisserez à Baylen que ce qui sera nécessaire pour sa défense.

Si l’ennemi occupe Baëza, il faut l’en chasser.

Recevez mes assurances d’amitié.

Le général Dupont.

Andujar, le 16 juillet 1808.

(b.) GENERAL VEDEL TO GENERAL DUPONT.

Mon général,

Il est huit heures et demie. J’arrive à Baylen, où je n’ai trouvé personne. Le général Dufour en est parti à minuit et a marché sur Guarraman. Comme il n’a laissé personne pour m’instruire des motifs de cette démarche, je ne puis rien dire de positif à cet égard; mais le bruit commun étant que les troupes ennemies, qui out attaqué hier le général Belair, se sont dirigées avec celles qui étaient à Ubeda, vers les gorges, par Linharès et Sainte-Hélène, on doit penser que le général Dufour s’est mis à leur poursuite, afin de les combattre.

Comme les instructions de Votre Excellence portent que je dois faire ma jonction avec le corps qui s’était replié sur Baylen, quoique harassé et fatigué, je partirai d’ici pour me rendre encore aujourd’hui à Guarraman, afin de regagner la journée que l’ennemi a sur moi, l’atteindre, le battre, et déjouer ainsi ses projets sur les gorges.

Je vais écrire au général Dufour, pour l’informer de mon mouvement, savoir quelque chose de positif sur sa marche et sur les données qu’il peut avoir de celle de l’ennemi.

· · · · · · · · ·

Le général de division,

Vedel.

Baylen, le 17 juillet 1808.

(c.) GENERAL DUPONT TO GENERAL VEDEL.

J’ai reçu votre lettre de Baylen; d’après le mouvement de l’ennemi, le général Dufour a très-bien fait de le gagner de vitesse sur la Caroline et sur Sainte-Hélène, pour occuper la tête des gorges; je vois avec plaisir que vous vous hâtez de vous réunir à lui, afin de combattre avec avantage, si l’ennemi se présente. Mais, au lieu de se rendre à Sainte-Hélène, l’ennemi peut suivre la vieille route, qui de Baëza va à Guëmada, et qui est parallèle à la grande route; s’il prend ce parti, il faut le gagner encore de vitesse au débouché de cette route, afin de l’empêcher de pénétrer dans la Manche. D’après ce que vous me dites, ce corps ne serait que d’environ dix mille hommes, et vous êtes en mesure de la battre complétement; s’il est plus considérable, manœuvrez pour suspendre sa marche, ou pour le contenir dans les gorges, en attendant que j’arrive à votre appui.

· · · · · · · · ·

Si vous trouvez l’ennemi à la Caroline, ou sur tout autre point de la grande route, tâchez de le battre, pour me venir rejoindre et repousser ce qui est devant Andujar.

· · · · · · · · ·

Mille amitiés.

Le général Dupont.

Andujar, le 17 juillet 1808.

N.B.—It will be seen that by letter (a) Dupont deliberately divides his army into two halves. By letter (b) Vedel shows that he made no reconnaissances, but acted merely on ‘le bruit commun.’ By letter (c) Dupont accepts Vedel’s erroneous views without suspicion, and authorizes him to go off on the wild-goose chase which he was projecting.

3. CAPITULATION.

Leurs Excellences MM. le comte de Casa Tilly et le général don Francisco Xavier Castaños, commandant en chef l’armée d’Espagne en Andalousie, voulant donner une preuve de leur haute estime à Son Excellence M. le général comte Dupont, grand aigle de la Légion d’honneur, commandant en chef le corps d’observation de la Gironde, ainsi qu’à l’armée sous ses ordres, pour la belle et glorieuse défense qu’ils out faite contre une armée infiniment supérieure en nombre, et qui les enveloppait de toutes parts; sur la demande de M. le général de brigade Chabert, commandant de la Légion d’honneur, et chargé des pleins pouvoirs de Son Excellence le général en chef de l’armée française, en présence de Son Excellence M. le général comte Marescot, grand aigle de la Légion d’honneur et premier inspecteur du génie, ont arrêté les conventions suivantes:

Art. 1er. Les troupes françaises sous les ordres de Son Excellence M. le général Dupont sont prisonnières de guerre, la division Vedel et les autres troupes françaises en Andalousie exceptées.

2. La division de M. le général Vedel, et généralement toutes les troupes françaises en Andalousie, qui ne sont pas dans la position de celles comprises dans l’article 1er, évacueront l’Andalousie.

3. Les troupes comprises dans l’article 2 conserveront généralement tous leurs bagages, et, pour éviter tout sujet de trouble pendant la marche, elles remettront leur artillerie, train et autres armes, à l’armée espagnole, qui s’engage à les leur rendre au moment de leur embarquement.

4. Les troupes comprises dans l’article 1er du traité sortiront de leur camp avec les honneurs de la guerre; chaque bataillon ayant deux canons en tête; les soldats armés de leurs fusils, qui seront déposés à quatre cents toises du camp.

5. Les troupes de M. le général Vedel et autres, ne devant pas déposer les armes, les placeront en faisceaux sur le front de bandière; elles y laisseront aussi leur artillerie et leur train. Il en sera dressé procès-verbal par des officiers des deux armées, et le tout leur sera remis ainsi qu’il est convenu dans l’article 3.

6. Toutes les troupes françaises en Andalousie se rendront à San-Lucar et à Rota, par journées d’étape, qui ne pourront excéder quatre lieues de poste, avec les séjours nécessaires, pour y être embarquées sur des vaisseaux ayant équipage espagnol, et transportées en France au port de Rochefort.

7. Les troupes françaises seront embarquées aussitôt après leur arrivée. L’armée espagnole assure leur traversée contre toute agression hostile.

8. MM. les officiers généraux, supérieurs et autres, conserveront leurs armes, et les soldats leurs sacs.

9. Les logements, vivres et fourrages, pendant la marche et la traversée, seront fournis à MM. les officiers généraux et autres y ayant droit, ainsi qu’à la troupe, dans la proportion de leur grade, et sur le pied des troupes espagnoles en temps de guerre.

10. Les chevaux de MM. les officiers généraux, supérieurs et d’état-major, dans la proportion de leur grade, seront transportés en France, et nourris sur le pied de guerre.

11. MM. les officiers généraux conserveront chacun une voiture et un fourgon; MM. les officiers supérieurs et d’état-major, une voiture seulement, sans être soumis à aucun examen, mais sans contrevenir aux ordonnances et aux lois du royaume.

12. Sont exceptées de l’article précédent les voitures prises en Andalousie, dont l’examen sera fait par M. le général Chabert.

13. Pour éviter la difficulté d’embarquer les chevaux des corps de cavalerie et d’artillerie, compris dans l’article 2, lesdits chevaux seront laissés en Espagne, et seront payés, d’après l’estimation de deux commissaires français et espagnol, et acquittés par le gouvernement espagnol.

14. Les blessés et malades de l’armée française, laissés dans les hôpitaux, seront traités avec le plus grand soin, et seront transportés en France sous bonne et sûre escorte, aussitôt après leur guérison.

15. Comme, en diverses rencontres et particulièrement à la prise de Cordoue, plusieurs soldats, au mépris des ordres des généraux et malgré les efforts des officiers, se sont portés à des excès qui sont inévitables dans les villes qui opposent encore de la résistance au moment d’être prises, MM. les généraux et autres officiers prendront les mesures nécessaires pour retrouver les vases sacrés qu’on pourrait avoir enlevés, et les restituer, s’ils existent.

16. Tous les employés civils, attachés à l’armée française, ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre; ils jouiront cependant, pour leur transport en France, de tous les avantages de la troupe, dans la proportion de leur emploi.

17. Les troupes françaises commenceront à évacuer l’Andalousie le 23 juillet, à quatre heures du matin. Pour éviter la grande chaleur, la marche des troupes s’effectuera de nuit, et se conformera aux journées d’étape qui seront réglées par MM. les officiers d’état-major français et espagnols, en évitant le passage des villes de Cordoue et de Séville.

18. Les troupes françaises, pendant leur marche, seront escortées par la troupe de ligne espagnole, à raison de trois cents hommes d’escorte par colonne de trois mille hommes, et MM. les officiers généraux seront escortés par des détachements de cavalerie et d’infanterie de ligne.

19. Les troupes, dans leur marche, seront toujours précédées par des commissaires français et espagnols, qui devront assurer les logements et les vivres nécessaires, d’après les états qui leur seront remis.

20. La présente capitulation sera portée de suite à Son Excellence M. le duc de Rovigo, commandant en chef les troupes françaises en Espagne, par un officier français qui devra être escorté par des troupes de ligne espagnoles.

21. Il est convenu par les deux armées qu’il sera ajouté, comme articles supplémentaires, à la capitulation, ce qui peut avoir été omis et ce qui pourrait encore augmenter le bien-être des troupes françaises pendant leur séjour en Espagne, et pendant la traversée.

Signé,

Xavier Castaños.
Marescot, Général de Division.
Conde de Tilly.
Chabert, Général de Brigade.
Ventura Escalante, Capitan-General de Granada.

SUPPLEMENTARY ARTICLES OF AUGUST 6.

Art. 1er. On a déjà sollicité du roi d’Angleterre et de l’amirauté anglaise des passe-ports pour la sûreté du passage des troupes françaises.

2. L’embarquement s’effectuera sur des vaisseaux de l’escadre espagnole, ou sur tous autres bâtiments de transport qui seront nécessaires pour conduire le total des troupes françaises, au moins par division, à commencer par celle du général Dupont, et immédiatement après, celle du général Vedel.

3. Le débarquement s’effectuera sur les côtes du Languedoc ou de Provence, ou bien au port de Lorient, selon que le voyage sera jugé plus commode et plus court.

4. On embarquera des vivres pour un mois et plus, afin de prévenir tous les accidents de la navigation.

5. Dans le cas qu’on n’obtînt pas de l’Angleterre les passe-ports de sûreté qu’on a demandés, alors on traitera des moyens les plus propres pour le passage par terre.

6. Chaque division des troupes françaises sera cantonnée sur différents points, dans un rayon de huit à dix lieues, en attendant que le susdit embarquement ait son effet.

Ainsi fait à Séville, le 6 août 1808.

Signé,

Xavier Castaños.

LETTER OF THE CAPTAIN-GENERAL OF ANDALUSIA, REPUDIATING THE CAPITULATION.

Monsieur le général Dupont,

Je n’ai jamais eu ni de mauvaise foi, ni de fausse dissimulation: de là vient ce que j’écrivis à V. E., sous la date du 8, dicté, d’après mon caractère, par la plus grande candeur, et je suis fâché de me voir obligé, par votre réponse en date d’hier, de répéter en abrégé ce que j’eus l’honneur de dire alors à V. E., et ce qui certainement ne peut manquer de se vérifier.

Ni la capitulation, ni l’approbation de la junte, ni un ordre exprès de notre souverain chéri, ne peuvent rendre possible ce qui ne l’est pas; il n’y a point de bâtiments, ni de moyens de s’en procurer pour le transport de votre armée. Quelle plus grande preuve que celle de retenir ici très-dispendieusement les prisonniers de votre corps, pour n’avoir point de quoi les transporter sur d’autres points hors du continent?

Lorsque le général Castaños promit d’obtenir des Anglais des passe-ports pour le passage de votre armée, il ne put s’obliger à autre chose qu’à les demander avec instance, et c’est ce qu’il a fait. Mais comment V. E. put-elle croire que la nation britannique accéderait à la laisser passer, certaine qu’elle allait lui faire la guerre sur un autre point, ou peut-être sur le même?

Je me persuade que ni le général Castaños, ni V. E. ne crurent que ladite capitulation pût être exécutée: le but du premier fut de sortir d’embarras, et celui de V. E. d’obtenir des conditions qui, quoique impossibles, honorassent sa reddition indispensable. Chacun de vous obtint ce qu’il désirait, et maintenant il est nécessaire que la loi impérieuse de la nécessité commande.

Le caractère national ne permet d’en user avec les Français que d’après cette loi, et non d’après celle des représailles; V. E. m’oblige de lui exprimer des vérités qui doivent lui être amères. Quel droit a-t-elle d’exiger l’exécution impossible d’une capitulation avec une armée qui est entrée en Espagne sous le voile de l’alliance intime et de l’union, qui a emprisonné notre roi et sa famille royale, saccagé ses palais, assassiné et volé ses sujets, détruit ses campagnes et arraché sa couronne? Si V. E. ne veut s’attirer de plus en plus la juste indignation des peuples, que je travaille tant à réprimer, qu’elle cesse de semblables et d’aussi intolérables réclamations, et qu’elle cherche, par sa conduite et sa résignation, à affaiblir la vive sensation des horreurs qu’elle a commises récemment à Cordoue. V. E. croit bien assurément que mon but, en lui faisant cet avertissement, n’a d’autre objet que son propre bien: le vulgaire irréfléchi ne pense qu’à payer le mal par le mal, sans apprécier les circonstances, et je ne peux m’empêcher de rendre V. E. responsable des résultats funestes que peut entraîner sa répugnance à ce qui ne peut manquer d’être.

Les dispositions que j’ai données à D. Juan Creagh, et qui ont été communiquées à V. E., sont les mêmes que celles de la junte suprême, et sont, en outre, indispensables dans les circonstances actuelles: le retard de leur exécution alarme les peuples et attire des inconvénients: déjà ledit Creagh m’a fait part d’un accident qui me donne les plus grandes craintes. Quel stimulant pour la populace, de savoir qu’un seul soldat était porteur de 2,180 livres tournois!

C’est tout ce que j’ai à répondre à la dépêche de V. E., et j’espère que celle-ci sera la dernière réponse relative à ces objets, demeurant, sur toute autre chose, dans le désir de lui être agréable, étant son affectionné et sincère serviteur,

Morla.