No. XII.

Duke of Feltre to the king of Spain.

Paris, le 12 Fevrier, (No. 2.) 1813.

Sire,

Par ma lettre de ce jour No. 1, j’ai eu l’honneur de faire connaître à V. M. les intentions de l’empereur sur les opérations à suivre en Espagne. La présente aura pour bût de répondre plus particulièrement à la lettre dont V. M. m’a honoré en date du 8 Janvier et que j’ai eu soin de mettre sous les yeux de l’empereur. Les plaintes qu’elle contient sur la conduite du maréchal duc de Dalmatie et du général Caffarelli deviennent aujourd’hui sans objet par l’éloignement de ces deux généraux en chef. Je dois cependant prévenir V. M. qu’ayant fait connaître au général Caffarelli qu’on se plaignait à Madrid de ne point recevoir de comptes de l’armée du nord, ce général me répond sous la date du 27 Janvier qu’il a eu l’honneur de rendre à V. M. des comptes extrêmement frequens, qu’il lui a envoyé la situation de l’armée et des doubles des rapports qui me sont adressés. La général Caffarelli ajoute qu’il avait demandé à V. M. d’ordonner que deux divisions de l’armée de Portugal vinssent appuyer les opérations de l’armée du nord, et il pense que ces lettres se seront croisées avec les dépêches de Madrid parceque les courriers out éprouvé beaucoup de retard, mais il y a lieu de présumer que tout ce qui a été adressé de l’armée du nord a du parvenir à Madrid avant la fin de Janvier. V. M. réitère dans sa lettre du 8 Janvier ses demandes relativement aux besoins de l’armée. Toutes ont été mises sous les yeux de l’empereur. S. M. I. m’ordonne de répondre au sujet des fonds dont la demande se retrouve dans plusieurs dépêches précédentes que l’argent nécessaire aux armées d’Espagne se serait trouvé dans ces riches et fertiles provinces dévastées par les bandes et par les juntes insurrectionelles, qu’en s’occupant avec l’activité et la vigueur convenables pour rétablir l’ordre et la tranquillité, on y gagnera toutes les ressources qu’elles peuvent encore offrir, et que le tems ramènera dans toute leur étendue. C’est donc un motif de plus pour V. M. d’employer tous les moyens dont elle dispose pour mettre fin à cette guerre interne qui trouble le repos des habitans paisibles, ruine le pays, fatigue nos armées et les prive de tous les avantages qu’elles trouveraient dans l’occupation tranquille de ces belles contrées. L’Arragon et la Navarre aujourd’hui sous les loix de Mina alimentent de leurs productions et de leur revenus cette lutte désastreuse, il est tems de mettre un terme à cet état de choses et de faire rentrer dans les mains du gouvernement légitime les ressources d’un pays florissant lorsqu’il est paisible, mais qui ne servent aujourd’hui qu’à son détriment.

Je suis avec respect, Sire, de votre majesté, le très humble et très obéïssant serviteur,

Le ministre de la guerre,
Duc de Feltre.