PRIÈRES PENDANT LA MESSE.
Ces Prières sont extraites du Manuel de Piété de Fénelon.
La Messe est de toutes les actions du Christianisme la plus glorieuse à Dieu et la plus utile au salut de l'homme. Jésus-Christ y renouvelle le grand mystère de la Rédemption. Il se fait encore dans ce sacrifice réel, quoique non sanglant, notre victime, et vient en personne nous appliquer à chacun en particulier les mérites de ce sang adorable qu'il a répandu pour nous tous sur la croix. Assistez donc à la sainte messe avec modestie, avec attention, avec respect; venez-y avec des dispositions vraiment chrétiennes; prenez-y l'esprit de Jésus-Christ, offrez-vous avec lui et par lui.
AVANT LA MESSE.
Je crois fermement, ô mon Dieu! que la Messe est le sacrifice non sanglant du corps et du sang de Jésus-Christ, votre Fils. Faites que j'y assiste aujourd'hui avec l'attention, le respect et la frayeur que demandent de si redoutables mystères.
Je m'unis au prêtre et à toute votre Église, pour vous offrir ce sacrifice dans les mêmes rues, dans lesquelles Jésus-Christ l'a offert.
Ne permettez pas que j'entre dans la salle du festin des noces de votre Fils, sans avoir la robe nuptiale. Purifiez mon âme; les choses saintes sont pour les saints; il ne m'est pas permis d'approcher si près de vous, que je n'aie ôté auparavant mes souliers de mes pieds, c'est-à-dire l'attachement et l'affection de mon cœur au péché. Je déteste donc tous mes péchés; je vous en demande pardon, j'y renonce à jamais.
PENDANT QUE LE PRÊTRE EST AU BAS DE L'AUTEL.
Le prêtre, étant au pied de l'autel, commence par le signe de la croix, pour faire concevoir la pensée de l'auguste présence de la Sainte Trinité, et invoquer son secours. Le Confiteor se dit pour demander pardon à Dieu de nos péchés par les mérites de Jésus-Christ notre Sauveur, de la sainte Vierge et de tous les Saints.
Mon Dieu! faites que je connaisse et que je sente le nombre et l'énormité de mes péchés; je vous supplie, par les mérites de Jésus-Christ et par l'intercession de la sainte Vierge et de tous les Saints, de m'en accorder le pardon et la rémission.
LORSQUE LE PRÊTRE MONTE À L'AUTEL.
Le prêtre baise l'autel pour marque de l'espérance qu'il a d'être réconcilié avec Dieu. Animons-nous avec lui d'une sainte confiance.
À L'INTROÏT.
Mon Dieu! purifiez par votre grâce mon cœur et mes lèvres, pour me rendre digne de vous offrir avec le prêtre les louanges qu'il vous donne, et d'obtenir la miséricorde qu'il vous demande pour moi et pour tous les fidèles vivants et morts.
AU KYRIE ELEISON.
Ces mots grecs signifient: Seigneur, ayez pitié de nous! Christ, ayez pitié de nous! Chaque invocation se répète trois fois, afin d'exciter l'attention et la ferveur des fidèles, et de nous faire voir que ce n'est qu'à force de prier que nous pouvons obtenir le secours de Dieu dans nos besoins.
Père tout-puissant qui nous avez créés, ayez pitié de nous! Fils éternel qui nous avez rachetés, ayez pitié de nous! Esprit saint, qui seul pouvez nous sanctifier, ayez pitié de nous!
AU GLORIA IN EXCELSIS.
Le Gloria in excelsis est un cantique de joie composé par les anges et par les hommes; l'Église y exprime le respect qu'elle a pour la majesté de Dieu, et l'amour qu'elle porte à son fils Jésus-Christ.
Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Nous vous louons. Nous vous bénissons. Nous vous adorons. Nous vous glorifions. Nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire. Ô Seigneur Dieu! Roi du ciel, Ô Dieu! Père tout-puissant! Seigneur, Fils unique de Dieu, Jésus-Christ. Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père. Vous qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous. Vous qui effacez les péchés du monde, recevez notre prière. Vous qui êtes assis à la droite de Dieu, ayez pitié de nous. Car vous êtes le seul Saint, le seul Seigneur, le seul Très-Haut, ô Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, en la gloire de Dieu le Père. Ainsi soit-il.
Gloria in excelsis Deo, et in terrâ pax hominibus bonæ voluntatis. Laudamus te. Benedicimus te. Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus tibi, propter magnam gloriam tuam. Domine Deus, Rex cœlestis, Deus pater omnipotens. Domine, Fili unigenite, Jesu Christe. Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris. Qui tollis peccata mundi, miserere nobis. Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis. Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altisssimus, Jesu Christe, cum sancto Spiritu, in gloriâ Dei Patris. Amen.
Après le Gloria, le prêtre se tourne vers les fidèles, en disant: Dominus vobiscum, c'est-à-dire, que le Seigneur soit avec vous, pour les avertir qu'il va prier pour lui et pour eux.
Seigneur, répandez votre esprit sur le prêtre et sur nous, afin que nous puissions vous bien prier et être exaucés pour votre gloire et pour notre salut.
PENDANT L'OREMUS.
Par ce mot oremus, qui veut dire prions, le prêtre nous invite à nous unir à lui pour l'accomplissement de nos demandes à Dieu. Il finit l'oraison par les mots de per Dominum nostrum Jesum Christum, etc., c'est-à-dire, Seigneur nous vous demandons ces choses par Jésus-Christ, notre médiateur auprès de vous.
Seigneur, daignez écouter favorablement les prières que le prêtre vous adresse pour nous. Donnez-nous, s'il vous plaît, les grâces et les vertus dont nous avons besoin pour mériter le bonheur éternel. Remplissez notre cœur de reconnaissance pour vos bontés, d'aversion pour nos défauts, de charité pour notre prochain, même pour nos ennemis. Enfin, mon Dieu, faites que nous nous conduisions en tout temps et en toute occasion d'une manière qui vous soit agréable. Nous sommes indignes de toutes ces grâces, mais nous vous les demandons au nom et par les mérites de Jésus-Christ, qui les a méritées pour nous.
DE L'AMEN.
On répond Amen, après les oraisons, c'est-à-dire, ainsi soit-il, pour montrer que nous consentons aux paroles du prêtre, et que nous ratifions toutes les demandes qu'il a faites à Dieu.
À L'ÉPÎTRE.
L'Épître contient les enseignements des Prophètes et des Apôtres; elle nous apprend à connaître, à servir Dieu, et nous prépare à la perfection de la loi qui est renfermée dans l'Évangile.
Seigneur, vos saintes Écritures nous apprennent qu'il faut fuir le péché comme un serpent; qu'il faut nous abstenir de tout ce qui a quelque apparence de mal; qu'il faut nous supporter charitablement les uns les autres, souffrir patiemment les injures et les injustices qu'on nous fera, ne rendre jamais le mal pour le mal, et tâcher de gagner ceux qui nous persécutent en leur faisant du bien. Imprimez, ô mon Dieu! toutes ces vérités dans notre cœur, et faites, par votre grâce, que nous nous y conformions dans toute notre conduite.
À L'ÉVANGILE.
L'Évangile contient la vie de Jésus-Christ et la loi qu'il nous a apportée; ce sont les paroles de la vie éternelle que les fidèles doivent écouter, méditer, pour en nourrir leur âme. On se lève à cet effet, afin de marquer que nous devons tout quitter pour suivre Jésus-Christ, et nous tenir prêts à ce qu'il commande dans son Évangile. Nous faisons une croix sur notre front pour annoncer que nous ne rougirons jamais de l'Évangile; sur notre bouche, pour montrer que nous serons toujours prêts à confesser notre foi; sur notre cœur, pour signifier que notre cœur sera toujours à Dieu seul.
Mon Dieu, vous nous enseignez dans votre Évangile que tous ceux qui disent: Seigneur, Seigneur (c'est-à-dire qui se contentent de faire des prières sans avoir une volonté sincère de garder votre loi), n'entreront pas dans le royaume du ciel; mais que ceux-là y entreront qui auront fait la volonté de Dieu en pratiquant ses commandements, et en s'acquittant fidèlement des devoirs de leur état; vous nous enseignez aussi qu'il faut être doux et humble de cœur, aimer nos ennemis, renoncer à nous-mêmes, combattre sans cesse nos mauvaises inclinations, porter notre croix tous les jours et mener une vie mortifiée et pénitente. Faites-nous la grâce d'aimer ces vérités, puisque ce ne sera qu'en les aimant que nous les observerons comme nous le devons.
AU CREDO.
Le Credo est une profession de foi par laquelle le prêtre et les fidèles déclarent publiquement qu'ils croient toutes les vérités de la religion enseignées par l'Église.
Je crois en un seul Dieu, Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, et né du Père avant tous les siècles; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu; qui n'a pas été fait, mais engendré, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait; qui est descendu des cieux pour nous autres hommes et pour notre salut; qui s'est incarné en prenant un corps dans le sein de la Vierge Marie, par l'opération du Saint-Esprit; qui S'EST FAIT HOMME; qui a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate; qui a souffert, et qui a été mis an tombeau; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures; qui est monté au ciel, où il est assis à la droite du Père; qui viendra de nouveau plein de gloire pour juger les vivants et les morts, et dont le règne n'aura point de fin. Je crois au Saint-Esprit, qui est aussi Seigneur, et qui donne la vie; qui procède du Père et du Fils; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Église, qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse un Baptême pour la rémission des péchés. J'attends la Résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Ainsi soit-il.
Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem cœli et terræ, visibilium omnium et invisibilium. Et in unum Dominum Jesum Christum Filium Dei unigenitum: Et ex Patre natum ante omnia secula: Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero: Genitum non factum, consubstantialem Patri, per quem omnia facta sunt: Qui propter nos homines, et propter nostram salutem descendit de Cœlis: Et incarnatus est de Spiritu sancto, ex Mariâ Virgine: Et HOMO FACTUS EST. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato; passus et sepultus est. Et resurrexit tertiâ die secundùm Scripturas. Et ascendit in Cœlum, sedet ad dexteram Patris. Et iterùm venturus est cum gloriâ judicare vivos et mortuos; cujus regni non erit finis. Et in Spiritum sanctum Dominum, et vivificantem; qui ex Patre Filioque procedit; qui cum Patre et Filio simul adoratur et conglorificatur; qui locutus est per Prophetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam, et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et expecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi seculi. Amen.
À L'OFFERTOIRE.
Le prêtre ayant découvert le calice, prend le pain et le vin qui vont être changés en corps et sang de Jésus-Christ; il les élève un peu, les offre à Dieu comme préparés à devenir par la consécration une hostie sainte et sans tache, le suppliant de la recevoir pour l'expiation de ses péchés, de ceux des assistants et de tous les fidèles vivants et morts. Nous devons donc nous unir au prêtre dans cette action si utile à notre salut.
Père éternel, recevez le pain et le vin qui vous sont offerts, et qui seront bientôt changés au corps et au sang de Jésus-Christ votre Fils, qui veut nous servir de victime, s'offrir lui-même pour nous, et nous offrir avec lui. Tout indignes que nous sommes, ô mon Dieu! nous vous offrons ce divin Fils pour vous rendre par lui toute la gloire qui vous est due, pour vous remercier de tous vos bienfaits, et pour obtenir par ses mérites la rémission de nos péchés, et toutes les grâces qui nous sont nécessaires pour parvenir à la vie éternelle.
AU LAVABO.
Le prêtre ayant lavé ses mains avant de commencer la messe, lave ici ses doigts, pour montrer que ce n'est pas assez pour célébrer les saints mystères de n'être point souillé d'actions criminelles, mais qu'il faut se purifier des moindres taches du péché.
Mon Dieu, daignez laver mon âme et la purifier de toutes les souillures du péché, détruisez en moi jusqu'aux moindres imperfections, et rendez par votre sainte grâce mon âme aussi pure qu'elle l'était après le baptême.
À L'ORATE FRATRES.
Le prêtre se tourne vers les assistants en leur disant: Priez, mes frères, pour les avertir de se joindre à lui par leurs prières, et rendre ainsi agréable à Dieu l'oblation qu'il va lui faire du sacrifice pour lui et pour eux.
Seigneur, exaucez les prières de tous vos fidèles qui sont unis pour vous offrir ce grand sacrifice, que nous vous supplions de recevoir pour la gloire de votre nom, pour notre utilité particulière et pour le bien de toute votre Église. Daignez mettre dans notre cœur les dispositions nécessaires pour assister utilement et avec fruit à cette grande action de notre religion: sanctifiez le prêtre qui célèbre vos divins mystères, et purifiez ses mains et son cœur, afin qu'il soit en état d'attirer vos grâces sur lui et sur nous.
À LA PRÉFACE ET AU SANCTUS.
Les apprêts du sacrifice sont terminés: le mystère de foi va s'accomplir. À ces paroles que le prêtre vous adresse, le cœur en haut, élevez vos sentiments et vos pensées jusqu'à ces esprits immortels qui, à la vue des merveilles de miséricorde et d'amour, prêtes à se renouveler sur l'autel, font éclater leurs transports par les plus doux cantiques, et dites avec eux:
Qu'il est juste, qu'il est raisonnable, Père tout-puissant, Dieu éternel, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, puisque vous ne cessez jamais de faire du bien aux hommes! Mais comment vos pauvres créatures pourront-elles célébrer dignement vos grandeurs? Ce sera par votre Fils adorable, Jésus-Christ. Nous vous adresserons les louanges qu'il nous a enseignées, ou plutôt nous vous offrirons celles qu'il vous adressera lui-même, ce sacrifice de ses lèvres, qu'il portait jusqu'à votre trône, pendant les jours de sa vie mortelle. C'est par lui que les Anges glorifient votre Majesté, que les Dominations, que les Puissances vous révèrent en tremblant. Souffrez, ô Père saint, qu'unissant nos faibles voix à leurs chœurs glorieux, nous répétions avec eux cet hymne, qui retentira éternellement dans la sainte Sion:
Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées. Le ciel et la terre sont remplis de sa gloire et de sa puissance; gloire à Dieu au plus haut des cieux.
AU MEMENTO DES VIVANTS.
Le prêtre fait ce Memento, parce qu'il offre le sacrifice pour lui, pour tous les assistants et pour toute l'Église, c'est-à-dire, pour la société des fidèles, et particulièrement pour ceux qu'il recommande à Dieu. Imitons l'exemple du prêtre, et joignons nos prières aux siennes.
Seigneur, nous vous offrons ce grand sacrifice pour tous nos besoins, et principalement pour ceux de nos âmes; nous vous l'offrons aussi pour toute l'Église, pour le Pape, pour les évêques, pour les princes et autres supérieurs qui nous gouvernent, et pour tous les fidèles qui sont répandus par toute la terre. Nous vous l'offrons en particulier pour nos parents, pour nos bienfaiteurs, pour nos amis, et aussi pour nos ennemis. Nous vous supplions par les mérites de Jésus-Christ, et par l'intercession de la sainte Vierge et de tous les Saints, de nous donner la paix durant cette vie, de nous sauver de la damnation éternelle, et de nous mettre au nombre de vos élus, afin que nous puissions vous aimer et vous louer avec les Anges et les Saints pendant toute l'éternité.
À LA CONSÉCRATION.
À ce moment redoutable nous devons redoubler d'attention et de ferveur, en adressant à Dieu toutes sortes de remercîments de ce qu'il va nous donner de nouveau son Fils Jésus-Christ pour rédempteur.
Mon Sauveur Jésus-Christ, je crois que vous faites sur l'autel, par le ministère du prêtre, ce que vous avez fait la veille de votre mort, en changeant le pain et le vin en votre corps et en votre sang: daignez aussi changer mon cœur par la puissance de votre grâce; donnez-moi un cœur qui soit selon le vôtre.
À L'ÉLÉVATION.
C'est pour rendre à Dieu un hommage infini, que le prêtre élève en sa présence le corps et le sang de Jésus-Christ. On doit alors se recueillir profondément prosterné et en silence, pour adorer Dieu du fond de son cœur; on pourra dire ensuite la prière suivante:
Je vous adore, mon aimable Sauveur, qui avez bien voulu être attaché pour moi sur la croix. Ô bon Jésus! qui avez été le prix de mon âme, soyez mon salut et ma vie. Je vous adore présent sur l'autel, je m'anéantis devant vous et avec vous, Seigneur, augmentez ma foi, mon respect et ma reconnaissance pour vous.
APRÈS L'ÉLÉVATION.
Ô Père de miséricorde! nous vous offrons cette hostie sainte qui est sur l'autel, pour vous rendre nos hommages et nos adorations, pour vous remercier de tous vos bienfaits, pour obtenir le pardon de nos péchés, et pour vous demander toutes les grâces dont nous avons besoin pour mener une vie chrétienne, exempte de péchés et remplie de bonnes œuvres.
AU MEMENTO DES MORTS.
Le prêtre prie Dieu de se souvenir de ceux qui, étant morts dans la foi et dans la grâce, n'ont cependant pas été trouvés assez purs pour entrer dans le ciel aussitôt après leur mort, et qui souffrent les peines du purgatoire.
Nous vous supplions aussi, ô mon Dieu! de vous souvenir des fidèles qui sont morts dans votre grâce, particulièrement de nos parents, amis et bienfaiteurs; daignez leur pardonner les restes de leurs péchés, et leur accorder le repos éternel et la joie de votre paradis. Comme rien n'est bon, rien ne vous plaît qu'en Jésus-Christ votre Fils, et que vous ne nous aimez qu'à cause que nous sommes ses membres; c'est par lui que vous nous donnez les grâces; recevez par lui nos remercîments, soyez béni et glorifié en lui, par lui et avec lui, ô Dieu! Père tout-puissant, en l'unité du Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles.
AU NOBIS QUOQUE PECCATORIBUS.
On se frappe alors la poitrine, pour faire voir qu'on est pécheur, qu'on a besoin de la miséricorde de Dieu; et pour l'obtenir, nous fondons notre espérance sur sa bonté divine, et sur les mérites du sacrifice de Jésus-Christ renouvelé sur l'autel par les mains du prêtre.
AU PATER.
Le prêtre dit cette prière, parce qu'elle fut enseignée par Jésus-Christ lui même, et qu'elle est la plus sainte et la plus efficace que l'on puisse faire, renfermant tout ce que nous devons demander à Dieu. Nous devons donc aussi la réciter avec ferveur et confiance.
Mon Dieu, délivrez-moi des péchés que j'ai commis pendant ma vie passée et dont je suis comptable à votre justice; délivrez-moi de mes mauvaises habitudes, et de ma concupiscence toujours présente, qui me sollicite au mal. Enfin, mon Dieu, délivrez-moi des tentations du démon, de la chair et du monde, et de la mort éternelle.
À L'AGNUS DEI.
Le prêtre, avant la communion, priant pour tout le peuple, fait cette invocation à Jésus-Christ, pour reconnaître le besoin que nous avons toujours de sa miséricorde.
Mon Sauveur Jésus-Christ, vous êtes le véritable agneau de Dieu immolé pour effacer nos péchés; faites par votre grâce qu'ayant reçu le pardon de nos péchés, nous menions une vie nouvelle, et accordez-nous la charité et la paix avec notre prochain, que vous avez tant recommandées, et qui est si nécessaire pour avoir part aux effets et aux grâces de la sainte communion.
AU DOMINE NON SUM DIGNUS.
Lorsque le prêtre va communier, il dit trois fois avec un profond sentiment de son indignité: Domine, non sum dignus, c'est-à-dire, Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi; mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie. Quand nous ne communions pas réellement, nous devons toujours communier spirituellement, en demandant à Jésus-Christ de nous donner son esprit par la participation de sa grâce.
Seigneur, quoique je sois très-indigne par mes péchés et mes infidélités de m'approcher de votre autel, et de vous recevoir par la communion, j'ose vous supplier de me donner quelque part à vos miséricordes. Daignez m'accorder la grâce de participer à la vertu de votre sacrifice; éclairez mon esprit, fortifiez ma volonté et purifiez mon cœur pour ne penser qu'à vous, pour ne vouloir et n'aimer que vous, et pour l'amour de vous; faites par votre grâce que je désire de ne vivre, de ne souffrir et de ne mourir que pour vous.
AUX DERNIÈRES ORAISONS.
Le prêtre demande les fruits de l'excellent sacrifice qui vient d'être offert à Dieu; ce sont la rémission des péchés, la grâce d'une sainte vie, et le mérite de la vie éternelle.
Mon Dieu, accordez-nous, en vertu du sacrifice que nous venons de vous offrir, la rémission de nos péchés et toutes les grâces qui nous sont nécessaires pour nous sauver. Donnez-nous surtout un amour ardent pour vous, une grande crainte de vous déplaire, un grand désir et un grand soin de vous plaire, l'application à nos devoirs, la patience dans les afflictions, la douceur et la charité pour bien vivre avec tout le monde, l'humanité, la pureté, la tempérance, la mortification de nos sens, un grand détachement des biens, des plaisirs et des honneurs de ce monde, un grand dégoût et une sainte horreur des folles joies du siècle; un véritable esprit de pénitence, qui nous inspire une vive douleur des péchés de notre vie passée, un désir sincère de les expier, et une ferme résolution de n'y plus retomber et d'en éviter toutes les occasions. Enfin, mon Dieu, donnez-nous toutes les grâces nécessaires pour mener une vie chrétienne, suivie d'une sainte mort et d'une heureuse éternité.
À L'ITE MISSA EST.
Le prêtre, se tournant vers le peuple, l'avertit par ces mots que le sacrifice de la messe est achevé. Il donne ensuite la bénédiction au nom de la sainte Trinité.
QUAND LE PRÊTRE DONNE LA BÉNÉDICTION.
Dieu tout-puissant et tout miséricordieux, Père, Fils et Saint-Esprit, bénissez-nous par Jésus-Christ, et que cette bénédiction nous soit un gage de la bénédiction que vous donnerez un jour à vos élus.
AU DERNIER ÉVANGILE.
Avant de quitter le saint autel, le prêtre dit l'Évangile de saint Jean, qui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde qui l'a porté à prendre notre chair et à habiter parmi nous. Demandons d'être du nombre de ceux qui le reçoivent et deviennent ses enfants.
Seigneur, gravez par votre grâce votre Évangile dans nos esprits et dans nos cœurs, afin que nous ne suivions plus l'égarement de nos pensées, la fougue de nos passions ni le déréglement de notre cœur; mais que nous nous soumettions entièrement à tout ce que vous demandez de nous, et que nous réglions toutes nos démarches sur les maximes de votre saint Évangile, et non sur les maximes et sur les coutumes corrompues du monde.
PRIÈRE APRÈS LA MESSE.
Mon Dieu, je vous remercie des grâces et des bonnes résolutions que vous m'avez inspirées pendant le saint sacrifice de la messe; donnez-moi la grâce de les mettre toutes en pratique. Faites que je montre par ma conduite le reste de la journée, que ce n'est pas en vain que j'ai offert avec le prêtre ce saint sacrifice; faites-moi souvenir que je viens de vous présenter, par Jésus-Christ, mon âme, mon corps, ma vie, mon travail, mon occupation, mes biens, tout ce que je suis et tout ce que j'ai. C'est pourquoi je dois avoir grand soin de les employer à votre service, par l'intercession de la sainte Vierge et de tous les Saints. Ainsi soit-il.