AU LECTEUR ENCORES.

Ly et puis juge: ne juge toutesfoys devant, que d'avoir veu mon Orateur Françoys, qui (possible est) te satisfaira, quant aux doubtes, ou tu pourras encourir lisant ce Livre.

Dixain, de Saincte Marthe.

Pourquoy es tu d'aultruy admirateur,
Vilipendant le tien propre langage?
Est ce (Françoys) que tu n'as instructeur,
Qui d'icelluy te demonstre l'usage?
Maintenant as en ce grand advantage,
Si vers ta langue as quelcque affection:
Dolet t'y donne une introduction
Si bonne en tout, qu'il n'y a que redire:
Car il t'enseigne (ô noble invention)
D'escrire bien, bien tourner, & bien dire.

ESTIENNE DOLET A MONSEIGNEUR DE LANGEI
humble salut, & recognoissance de sa liberalité envers luy.

Je n'ignore pas (Seigneur par gloire immortel) que plusieurs ne s'esbaissent grandement de veoir sortir de moy ce present Oeuvre: attendu que par le passé j'ay faict, & fais encores maintenant profession totalle de la langue Latine. Mais à cecy je donne deux raisons. L'une que mon affection est telle envers l'honneur de mon païs, que je veulx trouver tout moyen de l'illustrer. Et ne le puis myeulx faire que de celebrer sa langue, comme ont faict Grecs, & Romains la leur. L'aultre raison est, que non sans exemple de plusieurs je m'addonne à ceste exercitation.