AU LECTEUR, S.

Tu as cy devant (Lecteur) le discours de Loys Meigret Lyonnoys, touchant nostre escripture Françoyse. Qui est un œuvre, ou il l'ha si nayfvement debatuë, qu'il me contrainct (ou guieres ne s'en fault) de tenir son party: voyre l'ensuyvre de brief en sa forme d'escrire, fondée en raisons vifves & pleines de verité: encores que Mos, ce tyran, vicieux & resveur, ne fasse aultre chose que luy recalcitrer. Apres lequel traicté il m'ha semblé bon d'adjoindre, La maniere de bien traduire d'une langue en aultre: la punctuation de la langue Françoyse: & les accentz d'icelle, mis en lumiere par Estienne Dolet, natif d'Orleans. Et ce ay je faict (meu envers toy de bon vouloir) si non à ton utilité, au moins pour te resjouyr l'esprit en la tradition de ces deux advis ensemble (Pourquoy n'oseray-je point dire Institutions?) proffitables aux professeurs de nostre langue. Mais si tu trouve l'orthographie de Meigret, dissemblable à celle de Dolet: sçache que l'un le veult ainsi, & l'aultre pareillement. Doncques (amy) ne dy point que j'escry en diverses manieres, comme confuz, & ne sçachant de quel boys faire flesches, quand tu auras leu ce, que je te presente: ains reçoy le tout d'aussi joyeuse face, comme je te le livre. Et à Dieu.