CXVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

du XXVe jour d'aoust 1572.—

Continuation de la sédition.—Découverte d'une conspiration tramée par les protestans contre le roi, ses frères et la reine-mère.—Recommandation faite à l'ambassadeur de garder le silence sur ces évènemens jusqu'à nouvelles informations.—Attente de plus grands éclaircissemens.—Ordre donné de retenir les dépêches envoyées pour Mr Du Croc en Écosse.

Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous feis hyer une despesche de l'émotion qui advint, dès le matin, qui continua hyer, et qui véritablement, à mon très grand regret, n'est encore apaysée; mais, pour ce que l'on a commencé à descouvrir la conspiration que ceux de la religion prétandue réformée avoient faicte contre moy mesmes, ma mère et mes frères, vous ne parlerez poinct des particullaritez de la dicte émotion et de l'occasion, jusques à ce que vous ayez plus amplement et certainement de mes nouvelles; car j'espère, dedans aujourdhuy au soir ou demain matin, avoir esclaircy le tout; et vous en manderay aussitost la vérité, ayant advisé vous despescher ce courrier en toute dilligence, priant Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avoir en sa saincte garde.

Escript à Paris, le lundy, XXVe jour d'aoust 1572.

N'envoyez pas au Sr Du Croc les dernières lettres que je luy escripvois de la dicte émotion, et que je vous mandois luy faire tenir pour ce que je luy en fairai demain, comme à vous, une bien ample.

CHARLES. PINART.