EXÉCUTÉES PAR L'AUTEUR
POUR LA REPRÉSENTATION[D]
[1].—PAGE 51.
GRÉMIO, seul, un trousseau de clefs à la main.
Je crois que j'ai dormi cette nuit un peu plus longtemps que de coutume... Non: l'aurore commence à peine à paraître. Tout repose dans cette maison; il n'est pas encore temps d'ouvrir les portes. Était-ce un rêve que je faisais? Il m'a semblé, en vérité, que j'entendais marcher dans la cour, etc.
CORDIANI, sur le balcon, s'adressant à [une personne qu'on ne voit pas.
Dans une heure! par la porte du jardin.
Descendant.
Dans une heure et à toujours!
GRÉMIO.
Qu'ai-je entendu? arrête... etc.
[2].—PAGE 55.
CORDIANI.
Dans une heure, je n'y serai plus.
DAMIEN.
Que veux-tu dire?
CORDIANI.
Rien, rien, tu le sauras bientôt.
DAMIEN.
Explique-toi; tu parles comme en délire! que veux-tu faire? à quoi penses-tu?
[3].—PAGE 58.
DAMIEN.
Sophisme! sophisme d'un cœur qui s'aveugle.
[4].—PAGE 59.
CÉSARIO, chantant.
DEUXIÈME COUPLET.
Lorsque, pour chanter au lutrin, Nous manquions de courage, Le bon gros père Célestin, Tintaine, tintin. Il buvait pour nous mettre en train, C'était là son usage.
TROISIÈME COUPLET.
Quand il mourra, le verre en main, Un jour, dans son grand âge, Le bon gros père Célestin, Tintaine, tintin, Quand il mourra, le verre en main, Ce sera grand dommage.
LIONEL.
Le maître est-il levé?
CÉSARIO.
Comme le pape à l'église, toujours le dernier qui arrive, et le premier quand il y est.
LIONEL.
Que d'écoliers autrefois dans cette académie! etc.
[5].—PAGE 64.
MATHURIN.
Monseigneur, un homme est là qui vous demande.—C'est un homme en longue robe avec des cheveux gris; vous l'avez, dit-il, fait appeler hier.
ANDRÉ.
J'y vais.
À Damien.
Mais il n'a rien de grave.
GRÉMIO, entrant.
Les chevaux sont prêts, monseigneur.
ANDRÉ.
Dans un instant; attends-moi, Grémio.
À Damien.
Et nous le verrons demain, etc.
[6].—PAGE 70.
ANDRÉ.
Chassé par moi!... Il s'est enfui, dis-tu, dans le jardin? Était-il seul cet homme?
GRÉMIO.
Seul? Oui, dans le jardin, mais pas à la fenêtre.
ANDRÉ.
Comment? Achève de t'expliquer.
GRÉMIO.
Mais, monseigneur...
ANDRÉ.
Je te l'ordonne.
GRÉMIO.
Eh bien! monseigneur, quand l'homme est sorti, quelqu'un était avec lui sur le balcon et j'ai entendu quelques mots.
ANDRÉ.
Qu'as-tu entendu?
GRÉMIO.
L'homme a fait un signe d'adieu, et il a dit: «Dans une heure et à toujours.»
ANDRÉ.
Dans une heure!
À part.
On savait ici que je devais aller à la ferme;—c'est donc de mon absence qu'on voulait profiter.
Haut.
Tu n'en as pas entendu davantage?
GRÉMIO.
J'oubliais!... on a ajouté: «Venez par la porte du jardin,» mais je ne crois pas qu'on voulût parler de celle-ci; c'est plutôt l'autre, je suppose, la petite porte qui donne sur le derrière de la maison.
ANDRÉ.
Écoute, Grémio, va dire à Mathurin qu'il ramène les chevaux et que je ne sortirai pas; après quoi, tu iras à cette petite porte, et tu y resteras; mais caché..., etc., je serai là; qui que ce soit, arrête-le.
GRÉMIO.
Qui que ce soit, monseigneur? Il pourrait arriver...
ANDRÉ.
Qui que ce soit. J'irais bien moi-même, mais il faut qu'on me croie sorti, et j'en chargerais bien un autre que toi, mais, etc.
[7].—PAGE 72.
GRÉMIO.
Oh! très sûr.
ANDRÉ.
Oui, à Cordiani. Dis que je suis sorti seul, n'oublie pas cela, va, mon ami.—C'est bien étrange.
Il sort.
GRÉMIO, seul.
Oui, c'est étrange; et je savais bien que mon maître m'écouterait. Cet argent de M. Damien ne me semble ni clair ni bien gagné. Patience! Voici madame Lucrèce, je vais à mon poste.