AUGUSTE VACQUERIE[46]

[Note 46: Futura, 1 vol. in-8°.]

Long, maigre, les traits grands, la barbe rude, il rappelle ces bustes des philosophes de l'antiquité, ces Antisthène, ces Aristide, ces Xénocrate dont les curieux du XVIIe siècle ornaient leur galerie et leur bibliothèque. Il a comme eux l'air méditatif, volontaire et doux, et l'on devine, à le voir, que sa parole aura naturellement, comme celle d'un Diogène ou d'un Ménippe, le mordant et le symétrique des maximes bien frappées. Il ressemble aussi par une expression de bonhomie narquoise, aux ermites qu'on voit dans les vignettes d'Eisen et de Gravelot. Mieux encore: c'est le devin du village; il en a la finesse rustique. Enfin, je l'ai rencontré un jour dans un parc, à l'ombre d'une charmille, sous les traits d'un vieux Faune qui, souriant dans sa gaine de pierre moussue, jouait de la flûte. Philosophe, solitaire et demi-dieu rustique, Auguste Vacquerie est un peu tout cela. Je voudrais vous le montrer causant avec ses amis, le soir. Il parle sans un mouvement, sans un geste. Il semble étranger à ce qu'il dit. Son grand visage, que creuse un sourire ascétique, n'a pas l'air d'entendre: l'oeil, vif et noir, est seul animé. La lenteur normande pèse sur sa langue. Sa voix est traînante et monotone. Mais sa parole éveille dans son cours des images étranges et colorées, se répand en combinaisons à la fois bizarres et régulières, abonde en ces fantaisies géométriques qui sont une des originalités de cet esprit de poète exact. Il est l'homme le plus simple du monde, et qui aime le moins à paraître. Et je ne sais quoi dans sa tranquille personne révèle l'amateur de jardins et de tableaux, le connaisseur, l'ami discret des belles choses.

Robuste et laborieux, il a cette idée que le travail rend la vie parfois heureuse et toujours supportable. Depuis plus de quarante ans il fait le métier de journaliste avec une admirable exactitude. Il a débuté, sous la monarchie de Juillet, dans le Globe et dans la Presse de Girardin. En 1848, il dirigeait l'Événement qui, supprimé par la République, devint l'Avènement du peuple. Au 2 Décembre, le journal périt de mort violente. M. Auguste Vacquerie et ses cinq collaborateurs étaient en prison. Après vingt ans d'exil volontaire et de silence forcé, en 1869, M. Vacquerie fonda le Rappel avec M. Paul Meurice, son condisciple, son collaborateur et son ami. Depuis lors, tous les jours de sa vie, il s'est enfermé, de deux heures de l'après-midi à une heure du matin, dans son cabinet de la rue de Valois, respirant cette odeur de papier mouillé et d'encre grasse si douce aux humanistes de la Renaissance et qu'Érasme préférait au parfum des jasmins et des roses. Il l'aime; il aime les ballots de papier, la casse du compositeur, les rouleaux d'encre et les presses qui font trembler, en roulant, les murs des vieilles maisons. Car il croit fermement avec Rabelais que l'imprimerie a été inventée «par suggestion divine» et pour le bonheur des hommes. Au Rappel, il est le maître aux cent yeux. Il voit tout, et la main qui vient d'écrire l'article de tête ne dédaigne pas de corriger un fait divers. M. Auguste Vacquerie, qui se donne tout entier à toutes ses entreprises, a su communiquer à ses innombrables articles l'accent, le tour, la marque de son esprit. Ce sont des morceaux d'un fini précieux et brillant; le style en est précis, exact et symétrique. Je ne parle pas ici de la doctrine sur laquelle il y a beaucoup à dire. Je veux laisser de côté toute question politique, et ne considérer que la philosophie: M. Vacquerie en a. Il a surtout de la logique. Comme le diable, il est grand logicien et c'est quand il n'a pas raison qu'il raisonne le mieux. Les caractères d'imprimerie, auxquels il attribue, dans son nouveau poème, des vertus merveilleuses, sont pour lui des petits soldats de plomb qu'il fait manoeuvrer aussi exactement que l'Empereur faisait manoeuvrer ses grenadiers. Ses lignes de copie ont la précision martiale des silhouettes de Caran d'Ache. On ne gagne pas de batailles sans user de stratagèmes. M. Auguste Vacquerie est rompu, à toutes les ruses de guerre auxquelles il est possible de recourir dans les combats d'esprit. Il sait que le bon ordre des arguments supplée au nombre et à la qualité. C'est un très grand stratège des phrases. À l'exemple de Napoléon et de Franconi, il ne craint pas de donner le change sur le nombre de ses effectifs, en faisant défiler plusieurs fois les mêmes troupes. Mais, hâtons-nous de le dire, ce n'est pas par son astuce, après tout innocente, ce n'est pas par sa subtilité singulière que M. Auguste Vacquerie s'est élevé et soutenu au premier rang des journalistes.

Si M. Vacquerie est ergoteur et chicanier, c'est comme son compatriote le vieux Corneille, avec noblesse et fierté, par l'entêtement d'une âme haute et forte qui ne veut démordre de rien, ni jamais lâcher prise.

Le rédacteur en chef du Rappel n'a pas usurpé l'estime que lui accordent à l'envi ses amis et ses adversaires. Il a le coeur grand, animé du zèle du beau et du bien; il est sincère, il est courtois, et il faut respecter même ses haines, parce qu'il est de ceux chez qui la haine n'est que l'envers de l'amour. Enfin, il a la qualité la plus précieuse, la plus nécessaire à un homme qui écrit dans un journal, c'est-à-dire qui se donne chaque jour. Il est humain. Ce mot dit tout. Sans une large humanité, on ne saurait avoir d'action sur les hommes. Un grand journaliste est tout à tous: il faut qu'il ait le coeur largement ouvert. Après cela on lui passera quelques défauts. On voudra bien qu'il ne soit qu'un homme, s'il est vraiment un homme.

Auguste Vacquerie commença par la critique littéraire cette carrière de journaliste qu'il devait fournir amplement avec honneur. Il est toujours resté ce qu'il était au début. C'est un trait de son caractère de ne rien abandonner. Il a la douceur des hommes qui ne cèdent pas; l'obstination est le fond de son talent comme de sa nature. Il signe encore aujourd'hui des articles de bibliographie, et il suit le mouvement littéraire avec autant d'intérêt qu'il le suivait il y a quarante ans. Mais, pour indiquer, même sommairement, ses idées en poésie et en art, il faut rappeler ses débuts dans le monde des lettres. Il voua, au sortir du collège, au grand poète des Rayons et des Ombres une admiration et une amitié qu'une force terrible, cinquante ans de vie humaine, ne parvint pas à ébranler. Admis dans le cénacle il y retrouva un camarade de collège, Paul Meurice, à qui il adressait, il y a peu d'années, ces vers en souvenir des belles heures de la place Royale:

Ce fut ma bienvenue et mon bouquet de fête
De te trouver logé dans le même poète.
Notre amitié naquit de l'admiration.
Et nous vécûmes-là, d'art et d'affection,
Habitants du granit hautain, deux hirondelles,
Et nous nous en allions dans l'espace, fidèles
Et libres, comprenant, dès notre premier pas,
Qu'on n'imitait Hugo qu'en ne l'imitant pas.

Et il est vrai que Meurice et Vacquerie ont gardé près du maître l'indépendance de leur talent et de leur esprit. Un lien étroit resserra bientôt l'amitié du poète illustre et du poète naissant. On sait que Charles Vacquerie, frère d'Auguste, épousa Léopoldine, fille de Victor Hugo; on sait aussi comment Charles Vacquerie périt tragiquement avec sa jeune femme à Villequier, près de Caudebec. Victor Hugo et Auguste Vacquerie restèrent unis dans ce double deuil. De fortes sympathies les attachaient l'un à l'autre. Auguste Vacquerie exprima dans ses articles, avec conviction, ce qu'on pourrait nommer l'esthétique de la place Royale. Il y mit sa force, sa finesse et sa géométrie. Le malheur est que c'est là une doctrine de combat, admirablement appropriée à la lutte par sa violence et sa partialité, mais à laquelle manque absolument la sérénité qui sied après la victoire. L'esthétique de la place Royale n'était, au fond, que de la polémique. C'est pourquoi elle plut infiniment au vieux Granier de Cassagnac et à M. Auguste Vacquerie qui, chacun dans son camp, avaient l'amour du combat. Le vieux Granier, qui était jeune alors, appelait Racine «vieille savate». M. Vacquerie l'appela «un pieu», ce qui, peut-être, est plus sévère encore:

Shakespeare est un chêne,
Racine est un pieu.

J'entends bien que cela veut dire au fond que les drames de Victor Hugo ont des mérites que les tragédies de François Ponsard n'ont point: et rien n'est plus vrai. Mais ce tour de pensées nous surprend, nous qui n'avons vu que le triomphe du romantisme et la pacification un peu morne de l'empire des lettres. Nous aurions mauvaise grâce à l'imiter. Nous n'avons pas le droit d'être injustes: nous sommes sans passions. Notre perpétuelle froideur nous oblige à une perpétuelle sagesse, et il faut convenir que c'est une obligation rigoureuse. Et, puisque nous sommes condamnés à la raison à perpétuité, sachons excuser les fautes de nos pères: ils étaient plus jeunes que nous. Pour ma part, moi qui garde à Jean Racine une admiration fidèle et tendre, moi qui l'aime de mon coeur et de mon âme, peut-être même de ma chair et de mon sang, comme sa Josabeth s'accusait d'aimer l'enfant roi, moi qui, le sachant par coeur et le relisant encore, lui demande presque chaque jour le secret des justes pensées et des paroles limpides, moi qui le tiens pour divin, j'ai envie de féliciter M. Auguste Vacquerie de l'avoir appelé un pieu; j'ai envie de dire aux vieux critiques de la vieille place Royale: «Vous avez bien fait. Vous vous battiez, et comme tous ceux qui se battent, vous étiez persuadés de la bonté de votre cause. Et puis, en combattant Racine, vous aviez plus d'esprit, de sens poétique, de style et de génie que ceux qui le défendaient en ce temps-là. Vous vous trompiez, je n'en doute pas; mais vous vous trompiez en bon lettré que vous êtes et vos erreurs étaient aimables; votre folie était superbe. Vous avez toutes les Muses avec vous. Votre juste ennemi, le bonhomme Ponsard, qui était un brave homme, ne vous écrivait-il pas alors: «C'est de votre côté, et seulement de votre côté, qu'est la vie, avec la passion, la colère, la générosité, l'amour de l'art, en un mot tout ce qui s'appelle la vie.» Enfin, le Racine que vous traitiez de pieu, c'était un Racine que vous aviez imaginé, fabriqué tout exprès pour taper dessus; une tête de turc à perruque.

Ce n'était pas le vrai Racine, ce n'était pas le premier des peintres de l'âme, ce n'était pas le moderne qui, avant Jean-Jacques et votre grande amie George Sand, révéla au monde la poésie des passions, le romantisme des sentiments. Non, ce n'était pas le vrai Racine, ce n'était pas mon Jean Racine. Et qu'importe alors si le vôtre était un pieu? Il en était un. Je le veux. Embrassons-nous.»

Et si vous me répondez, vieux maître blanchi sous le harnois de l'écrivain, si vous me répondez que Racine tel que je le conçois, tel que je le vois, tel que je l'aime, est un «pieu» encore, je vous dirai que je veux garder sur vous ce précieux avantage de goûter son art et le vôtre, et de vous réconcilier du moins dans mon âme.

Il n'est pas si difficile que vous croyez, vieux lion, de faire ses délices à la fois des Plaideurs et de Tragaldabas. Il suffit pour cela d'être né au lendemain de vos grandes batailles.

Ce Tragaldabas est la perle des comédies picaresques, la fleur de la fantaisie dramatique, le rayon de poésie gaie; c'est l'esprit, c'est la joie, c'est la chose rare entre toutes: la grâce dans l'éclat de rire. Au reste, l'auteur des Funérailles de l'honneur, de Jean Baudry et de Formosa est un des maîtres du théâtre. Le journaliste que je vous montrais tout à l'heure enfermé dans un bureau de rédaction, le critique de Profils et Grimaces, le disciple bien-aimé, le fils du tonnerre, est un dramaturge cornélien, d'une originalité précise et d'une sublimité sévère. Il est enfin un poète lyrique et les connaisseurs estiment son vers âpre et roide.

Le poème qu'il nous donne aujourd'hui, Futura, était promis, attendu depuis plus de vingt ans. On parlait à la fin de l'empire dans les cercles littéraires du Faust de Vacquerie. Il y travaillait pendant l'exil à Jersey; il en envoyait des fragments aux amis de Paris. «Vous irez dans la patrie mes vers, et vous irez sans moi.» Michelet qui en reçut le morceau, je crois, qui se termine par ce vers:

Et je serai sujet de Choléra premier.

Michelet répondit:

«Je n'ai jamais rien lu qui m'ait autant touché, élevé le coeur. Le crescendo en est sublime.»

Mais M. Auguste Vacquerie a toujours mis une prodigieuse lenteur à publier ses ouvrages: Tragaldabas, ce merveilleux Tragaldabas, resta trente ans illustre et inédit; il me souvient que le bon Glatigny, qui était comédien errant et poète lyrique, désespérant de posséder jamais cet ouvrage en volume, l'apprit par coeur dans je ne sais quel vieux journal introuvable qu'on lui avait prêté pour quelques heures. Il récitait le poème à ses amis assis en cercle, et il fut de la sorte le dernier barde.

Enfin, le Faust tant attendu vient de paraître sous le titre de Futura. C'est un grand poème symbolique, dont les personnages, Faust, Futura, le Soldat, l'Empereur, l'Archiprêtre, expriment des idées générales. On avait déjà remarqué que, dans le théâtre de M. Vacquerie, volontiers, par la bouche des personnages, don Jorge, Jean Baudry, Louis Berteau, ce sont des Idées qui parlent. En somme, le moraliste domine en M. Vacquerie et fait l'unité de son oeuvre.

Futura est un poème largement, pleinement, abondamment optimiste et qui conclut au triomphe prochain et définitif du bien, au règne de Dieu sur la terre.

C'est le Pater paraphrasé par un républicain de 1848.

L'an passé, à propos d'un roman de M. Paul Meurice, nous faisions remarquer combien les hommes de cette génération avaient une foi robuste dans leur idéal. Futura nous ramène à cette époque dont J.-J. Weiss a récemment résumé les croyances en une page magnifique: «En ce temps-là, a-t-il dit, l'âme française et l'esprit français étaient faits d'enthousiasme, de foi, de tendresse et d'amour. Un rêve de justice et de liberté s'était emparé de la nation; on avait devant soi les longs espoirs et les vastes pensées; on nageait dans l'idéal et dans l'idéologie; on affirmait pour tous et pour chacun le droit au bonheur.» Heureux, bien heureux, M. Auguste Vacquerie! il est resté fidèle au culte de sa jeunesse. Il a gardé toutes ses espérances. Comme aux jours évanouis des Louis Blanc, des Pierre Leroux, des Proudhon et des Lamennais, il attend d'un coeur ferme l'avènement de la justice et l'heure où les hommes seront frères. Son Faust a rompu tout pacte avec le diable, à moins que le diable ne soit l'ami des hommes, le nouveau Prométhée, l'inspirateur de toute vérité, le génie des arts, le Satan enfin, que Proudhon, dans sa brûlante éloquence, appelait le bien-aimé de son coeur.

Comme l'ancien, le nouveau Faust épouse Hélène, l'Argienne aux bras blancs, Hélène «âme sereine comme le calme des mers», Hélène la beauté. Mais elle ne lui donne pas Euphorion, l'enfant qui scelle la réconciliation de la beauté antique et de l'idéal moderne. C'est une invention que M. Auguste Vacquerie laisse à Goethe; et en effet Euphorion n'a plus rien à faire en ce monde; sa tâche est accomplie. Non! l'union du nouveau Faust et d'Hélène donne naissance à la vierge Futura.

C'est d'elle que viendra le salut du monde: elle est la justice et elle est la pitié. Elle dit en naissant:

La pitié fait ma chair et mon sang de tous ceux
Qui sont désespérés sous la splendeur des cieux.
J'ai dans l'âme un écho douloureux qui répète
Le cri du matelot brisé par la tempête,
L'adieu de l'exilé, le râle du mourant,
Tous les gémissements de ce monde souffrant.

Et qu'est donc ce Faust nouveau pour avoir donné le jour à cette vierge messie, à la rédemptrice de l'humanité? Ne le devinez-vous point? Il est la Pensée libre. Par une identification très légitime et dont Maximilien de Klinger avait donné l'exemple dans un récit aussi désespéré que le poème de Futura est consolant, M. Vacquerie mêle en une seule personne le docteur Faust et l'orfèvre Jean Fust, qui, associé à Gutenberg, publia en 1457 le Psautier de Mayence. Pour M. Vacquerie la puissance surnaturelle dont Faust est armé, sa vertu, ses charmes invincibles, sa magie, c'est la lettre d'imprimerie. Le caractère mobile est le signe sous lequel nous vaincrons le mal.

Je veux l'espérer. Que ferions-nous dans notre métier si nous étions sûrs du contraire? De quel coeur alignerais-je de vaines lignes, si je ne pensais pas qu'obscurément cet effort peut produire en définitive quelque bien?

Nous l'avons retrouvé dans Futura, ce Christ de 1848, qu'Ary Scheffer a peint avec si peu de couleur et tant de sentiment, ce Christ humanitaire qu'on voit dans l'Agonie d'un saint, de M. Leconte de Lisle, et dans le Pilori du vieux Glaize. Et nous avons songé que Futura ne venait pas trop tard, et que peut-être M. Vacquerie n'avait pas perdu pour attendre. On dit que la jeunesse contemporaine comme les Athéniens du temps de saint Paul est religieuse, mais qu'elle ne sait ce qu'il faut adorer. M. André Maurel l'affirme dans la Revue bleue. Qui sait si elle ne parviendrait pas à faire un dieu à sa convenance en combinant le Christ un peu trop philosophe de M. Auguste Vacquerie avec le Christ un peu trop mystique de M. Édouard Haraucourt? Il faut rendre cette justice à M. Auguste Vacquerie que sa tolérance est large et qu'il ne demande la mort de personne pour fonder le bonheur de l'humanité. C'est quelque chose de nouveau, qu'un réformateur qui ne commence pas par supprimer une génération d'hommes pour donner du coeur aux autres.

Un souffle de bonté passe sur ce grand poème de Futura. Je plaindrais ceux qui ne seraient pas touchés de la douce majesté de cette scène finale où se dresse en plein air une table à laquelle s'assied la foule des malheureux, une table servie dont on ne voit pas les bouts. Si cette image semble le rêve d'un autre âge, j'en suis fâché pour le nôtre.