NOTES

I. [Note 1: On trouve presque invariablement dans les chants populaires, cette épithète de menu (sitni) appliquée aux caractères d'écriture: ce qui n'a guère besoin d'explication.]

II. [Note 2: Lazare Gréblianovitch est tantôt appelé tzar, tantôt knèze. Il prenait ordinairement ce dernier titre, par humilité, dit-on, bien qu'il eût été sacré tzar en 1376.]

III. [Note 3: Le mot de pobratime, dérivé de brat frère, marque une liaison d'amitié qui peut exister entre personnes des deux sexes et a un caractère sacré et religieux, car il forme empêchement au mariage. Jadis elle était souvent bénie par le prêtre, et il y a même dans les anciens livres de liturgie serbe des prières applicables à cette cérémonie; mais c'est surtout par un appel de secours prononcé en cas de danger, ou de maladie, voire dans un rêve, qu'elle se contracte. La formule employée ordinairement—et que l'on place même dans la bouche des Turcs et des Vilas,—est celle-ci: Bogom braté (ou sestra) i svelim Iovanom, «mon frère (ou ma sœur) en Dieu et en saint Jean.» Au mot de pobratime (qui en bulgare, n'a plus que le sens d'ami), correspond celui de poçestrima, sœur ainsi choisie.]

III. [Note 4: Ces expressions, qui ont quelque chose de l'hyperbole orientale, se retrouvent dans plusieurs chants, entre autres dans le plus moderne de la présente collection, le départ de Karageorge.]

III. [Note 5: Litt.: «non né, mais comme né.»]

IV. [Note 6: La slava (proprement, gloire) est une coutume fort ancienne, particulière aux Serbes, et encore aujourd'hui en très-grand honneur dans la principauté. Chaque famille (la gens des Romains), indépendamment des patrons particuliers de ses membres, a un patron commun, saint Dmitri, saint Nicolas ou tout autre, qu'elle fête avec de certaines cérémonies. C'est ce qu'on appelle slaviti slavou ou kèrsno imé, célébrer la gloire ou le nom du patron commun. Le peuple raconte—tradition qui prouve combien cette coutume lui est chère—que Marko Kraliévitch vient chaque année, le cinq mai, dans une église de Prilip, fêter ainsi saint Georges. La principale cérémonie usitée lors de la slava, et qui sert d'introduction à d'interminables compotations, est un toast qui a un caractère religieux. Les toasts (zdravitza) en effet, pour le dire en passant, sont un genre de récréation plus cher encore aux Serbes peut-être qu'aux Anglais; c'est un talent que d'en savoir débiter ou même improviser, et il en est de fort amusants.]

IV. [Note 7: Tous les personnages qui figurent ici sont historiques, et se trouvent dans les pesmas qui se rapportent à la bataille de Koçovo.—Ioug-Bogdan (Ioug signifie le sud), était le beau-père de Lazare, et gouverneur de l'Acarnanie et de la Macédoine.—Iougovitch veut dire fils de Ioug.]

IV [Note 8: Vouk Brankovitch était un des gendres de Lazare. C'est, à ce qu'on raconte, d'une querelle entre sa femme et celle de Miloch Obilitch (motif qui forme aussi le nœud du poème des Niebelungen) que naquit entre ces deux hommes une haine violente qui conduisit l'un à la défection, l'autre à donner la mort au sultan Murad. (Voir TALVI, Serbische Volkslieder, deuxième édition, page 34 ) L'usage fait de son nom dans le passage suivant, prouve bien sa popularité. «A dater d'aujourd'hui, s'il se trouvait un Montenégrin, un village, etc. qui trahit la patrie, nous le vouons unanimement à l'éternelle malédiction, ainsi que Judas, qui a trahi le seigneur Dieu, et l'infâme Vouk Brankovitch, qui trahit les Serbes à Koçovo et s'attira ainsi la malédiction des peuples et se priva de la miséricorde divine» (Code du Montenégro, décrété le 15 août 1803).]

IV [Note 9: Miloch Obilitch est un personnage encore fort célèbre chez les Serbes, au point que son nom a été donné à un ordre de chevalerie institué, il y a quelques années, au Montenégro; et qu'en 1840, un Serbe, aumônier militaire en Autriche, publiait un petit livre sous ce titre Pregled bitke Kosovo-polske i kounatchkog diela Oblitcheva, etc., ou examen de la bataille de Koçovo et de l'action héroïque de Miloch Obilitch, au point de vue du droit public, de l'éthique, de la psychologie, et des idées alors régnantes.]

IV [Note 10: Il y a au texte: c'est demain le beau Vidovdon. C'est le nom que les Serbes donnent à la journée du 15/27 juin, mais je n'ai pu découvrir ni l'origine, ni le sens de cette appellation.]

V [Note 11: Cette expression marque toute la force de la tendresse fraternelle chez les Serbes, pour qui, paraît-il, la formule la plus solennelle de serment est par le frère ou par la sœur. On peut voir entre autres dans la pièce intitulée Prédrag et Nénad, un haïdouk, réputé fils unique, éprouver un sentiment de honte à ne pouvoir jurer, comme tel, que par ses armes et son cheval. On remarque aussi dans plusieurs pièces domestiques, un sentiment de doute et une certaine ironie envers l'affection de l'épouse, comparée à celle de la sœur.]

V. [Note 12: Le mot koula (sans doute dérivé de l'arabe-turc kalé, forteresse) signifie proprement une tour, mais par extension dans la poésie toute maison de pierre, ou en général une habitation un peu considérable. Je le rends tantôt par tour, maison, ou même palais, suivant les circonstances.]

V. [Note 13: Ces corbeaux, porteurs de mauvaises nouvelles, figurent fréquemment dans la poésie héroïque serbe.]

V. [Note 14: Il existe sur Strahima Banovitch un long poème de huit cent dix vers, mais dénué d'intérêt.]