III

COMMENT LA RAMÉE FIT CONNAISSANCE AVEC ESPÉRANCE.

La Ramée avait déjà inspecté une bonne partie des gardes sans rien signaler, lorsqu'il s'arrêta tout à coup, comme Rosny venait de le dire au capitaine.

Il s'approcha du garde suspect, observa un moment, et se redressant vers Rosny, s'écria:

—En voici un!

C'était Vernetel qu'il désignait ainsi, en le touchant du doigt à la poitrine.

Presque au même instant il étendit son bras vers Castillon, en disant:

—Voici le deuxième!

Les deux inculpés se récrièrent; une menace sourde grondait dans tous les rangs.

—A quoi reconnaissez-vous ces messieurs, que vous dites n'avoir vus que par derrière? demanda simplement Rosny.

La Ramée, sans répondre, montra sur le buffle de Vernetel une gouttelette de sang à peine visible, à laquelle adhéraient quelques poils d'un gris fauve.

Quant à Castillon, il avait sur l'épaule droite une faible trace de ce sable humide des celliers sur lequel reposent les bouteilles.

En effet, Vernetel avait rapporté le lapin et Castillon la dame-Jeanne.

Ces preuves suffisaient à des esprits déjà trop convaincus. Nul ne fit une observation, pas même les accusés.

Mais la Ramée n'était pas au bout. Il s'arrêta devant plusieurs gardes qu'il inspecta minutieusement jusqu'à ce que, avisant Pontis qui l'attendait de pied ferme, quoique un peu pâle, il lui prit la main.

Pontis le repoussa en disant:

—Ne touchez pas, sinon plus de trêve!

—Voici le troisième, dit la Ramée, et c'est le plus coupable. C'est celui-là qui a pris les tisons au feu; regardez ses mains, elles sentent la fumée.

—Vous ne supposez pas, interrompit le capitaine, que vos preuves nous satisfassent?

—Qu'on amène ces hommes au château alors, et qu'on les confronte avec mes gens.

—Inutile, s'écria Pontis, inutile, en vérité, c'est humiliant de rougir ou de pâlir devant un pareil accusateur. Depuis dix minutes tout le corps des gardes se laisse insulter par ce drôle, pour quelques volailles et un râble de lapin; c'est humiliant.

—Qu'est-ce à dire? demanda Rosny, et que concluez-vous?

—Je conclus que c'est moi qui suis allé au château, puisque château il y a, une vraie bicoque. Je croyais avoir affaire à de bons serviteurs du roi, et demander place à la table, ce qui se fait partout, entre bons gentilshommes qui voyagent. Je dis plus, en Dauphiné, chez moi, un châtelain court au-devant des hôtes et les amène de force à son foyer. Mais puisqu'ici nous sommes en présence d'un mauvais Français, d'un Espagnol, d'un ladre, sambioux! et que la trêve nous lie les mains, supportons-en les conséquences. C'est donc moi qui, refusé par les gens de monsieur, ai cru devoir me procurer des vivres.

—Acheter, s'écria Vernetel, acheter!

—Oui, acheter, dit Castillon, nous avons acheté.

—Vous mentez! répliqua la Ramée d'une voix courroucée.

—J'ai jeté une pièce d'argent dans la cuisine, balbutia Castillon.

—Vous mentez! continua l'insolent accusateur.

—Eh! oui, dit Pontis avec douceur à Castillon et à Vernetel en leur prenant affectueusement les mains. Oui, monsieur a raison, vous mentez, mes pauvres chers amis, nous n'avons pas acheté; est-ce qu'il y a de l'argent, chez nous? Jamais! mais il y a de l'honneur, et je vais le prouver à ce soi-disant gentilhomme. C'est moi, Pontis, moi seul qui ai conçu le projet de la maraude; moi qui ai entraîné mes deux amis, sans leur dire mes desseins; moi qui les ai faits mes complices malgré eux. C'est moi qui ai lancé les tisons par la chambre, sans croire, hélas! qu'ils provoqueraient un incendie; mais enfin, je les ai lancés, il n'y a que moi de coupable. Je me livre, me voici.

—Monsieur, s'écrièrent Castillon et Vernetel, ne le croyez pas, nous en sommes!

—Pardieu! dit la Ramée.

—Ah! répliqua Rosny, révolté par l'esprit de vengeance qui animait si furieusement ce jeune homme, ah! il vous faudrait trois victimes!

—Une par volaille, ajouta Pontis.

—Vous les réclamez, n'est-ce pas? dit le capitaine.

—Je réclame justice.

—Posez vos conclusions.

—Elles sont toutes simples, la trêve a été violée, l'avouez-vous?

—C'est vrai, dit Rosny.

—Mais c'est convenu, s'écria Pontis, nous tournons dans les mêmes redites. Monsieur veut-il un morceau de ma peau équivalant à celle de ses canards?

—Il est écrit, articula la Ramée d'une voix brève et tranchante comme un coup de hache, que les infractions à la trêve, c'est-à-dire les rapines, les violences et l'incendie, seront punis de mort. Votre roi a-t-il signé cela, oui ou non?

—La mort! murmura Pontis, stupéfait de la féroce insistance de ce jeune homme.

—C'est écrit, vous deviez le savoir, répéta la Ramée.

—Pour deux canards, ce serait fort! s'écria Vernetel exaspéré.

—Il s'agira de voir, dit la Ramée d'une voix étranglée par la passion, si un serment est un serment, et, au cas où les articles d'une trêve auraient si peu de valeur qu'on les pût violer impunément, tout le pays saura que ce n'est plus avec des paroles qu'on doit accueillir les soldats royalistes quand ils se présenteront dans nos maisons, mais avec de bons mousquets dont nous ne manquons pas, Dieu merci! Et alors, on appellera guerre la bataille rangée, et paix, tous les massacres qui se feront dans les campagnes. Et alors, aussi, continua-t-il, entraîné par son éloquente fureur, tout sera bon pour détruire ces parjures. On les laissera voler les vivres, mais ces vivres seront empoisonnés. Voilà ce que produit l'injustice, messieurs; contre tout abus, l'excès. Venez nous piller, comme font les rats; nous vous donnerons, comme à eux, de l'arsenic. Encore, s'ils rongent, au moins, n'incendient-ils pas!

Rosny, qui avait tenu la tête constamment baissée pendant cette harangue, sortit de sa méditation.

—Monsieur, dit-il, puisque vous persistez à demander l'exécution des articles, il sera fait selon votre désir. C'est peu chrétien, mais vous êtes dans votre droit.

La Ramée s'inclina, et son visage calmé parut alors ce qu'il était, magnifiquement noble et beau de hardiesse et d'orgueil.

—Je suis contraint, ajouta Rosny, en se tournant vers Pontis, de vous livrer au prévôt, qui vous retiendra prisonnier jusqu'à ce que la justice ait prononcé sur votre sort.

Pontis fit un geste d'assentiment. Sa résignation n'ébranla point la
Ramée.

—Quant aux autres, dit-il comme si c'était lui qui dût être à la fois le juge et l'exécuteur, je n'ai point de compte à leur demander. Quelques jours de prison me suffiront.

—Les autres, interrompit Rosny rouge de colère, j'en dispose, et non pas vous, monsieur! Les autres, je les décharge de toute responsabilité, ils sont libres, leur camarade aura payé pour tous. Ainsi, vous pouvez vous retirer, monsieur de la Ramée, et publier partout que le roi de France fait bonne justice, même à ses ennemis.

En disant ces mots, Rosny indiquait à la Ramée sa route; il le congédiait. Celui-ci, sans s'émouvoir:

—Un moment, je vous prie, dit-il, je crois que nous ne nous entendons pas.

—Plaît-il? demanda Rosny, fatigué dans sa fierté légitime de l'obsession d'un pareil adversaire.

Et il lança un regard de travers, précurseur de tempête. Ce mauvais regard de Rosny était très-connu et très-redouté. Mais la Ramée ne s'effrayait pas pour un coup d'oeil.

—Non, monsieur, répliqua-t-il, nous ne nous entendons pas. Moi, je sais par coeur les articles de la trêve, et vous les oubliez perpétuellement. Ainsi, il n'est pas convenu que le délinquant sera remis au prévôt de son parti, pour être jugé par les juges de son parti, non; il est établi, au contraire, qu'il sera livré a ceux qu'il aura offensés ou lésés, pour justice en être faite; voilà la teneur. Ainsi, monsieur, on devrait me remettre le coupable pour qu'il fût jugé par un bailli du lieu. Mais ce n'est point de jugement qu'il s'agit ici, le crime est constant, prouvé, avoué. La peine est écrite; passons à l'exécution.

Un cri de fureur et de dégoût retentit dans tous les rangs. Cet homme eût été déchiré s'il ne se fût trouvé des chefs énergiques et respectés pour contenir les gardes.

—Ah! coquin, murmura Pontis en montrant le poing à la Ramée, tu as raison de chercher à me faire arquebuser, car si j'étais libre, ou si la chance veut que j'en réchappe…

—Faites-moi le plaisir de tirer à l'écart, dit Rosny à la Ramée, je ne réponds pas sans cela de votre salut. M. de Crillon va venir tout à l'heure et certainement faire exécuter la loi. Il est le maître absolu de ses gardes; attendez son retour, et en attendant soyez prudent, car il pourrait arriver ceci: ou que M. de Pontis, qui n'a plus grand chose à risquer, vous passât son épée au travers du corps, on n'est arquebusé qu'une fois, ou qu'un de ses camarades vous cherchât une de ces querelles… Vous m'entendez; il y a des Allemands parmi ces messieurs.

—Je vous remercie de vos prudents conseils, monsieur, repartit la Ramée avec son aigre sourire; mais je ne crains ni celui-ci, ni celui-là, dans votre cantonnement. M. de Rosny ne laissera jamais assassiner un homme qui se plaint à bon droit.

En disant ces mots, il salua l'illustre baron huguenot, sans même essayer de réprimer l'insolente ironie de son accent et de son regard.

Soudain il sentit une main s'appuyer sur son épaule, et se retourna.

C'était la main d'Espérance qui, après des efforts prodigieux pour se vaincre pendant les débats révoltants dont il avait été témoin, venait de céder à la tentation d'entrer en scène et de jouer un rôle à son tour.

Il avait donc quitté sa place toute sillonnée des trépignements d'impatience dont il l'avait labourée depuis dix minutes, et traversant les gardes irrités, vint suppléer Rosny dans ce fâcheux dialogue.

Il appuya, disons-nous, sa charmante main musculeuse et blanche sur l'épaule de la Ramée, qui se retourna de l'air fâché d'un chat qu'on interrompt lorsqu'il savoure une arête.

—Deux mots, monsieur, s'il vous plaît, dit Espérance avec un aimable sourire.

Ces deux visages se trouvèrent en présence. Beaux tous deux, l'un de sa pâleur nacrée sous laquelle couvait la colère; l'autre d'un frais vermillon qui dénotait cette heureuse santé du corps et de l'esprit, sans laquelle il n'est pas de véritable bonté ni de véritable force.

Aux premiers accents d'Espérance, la Ramée tressaillit, son instinct lui révélait un rude adversaire.

—Que voulez-vous? répliqua-t-il sèchement.

—Vous fournir un moyen de terminer votre affaire, monsieur. Dans les circonstances embarrassantes, on est souvent heureux de rencontrer la solution qu'on cherchait.

Espérance avait haussé la voix de telle façon, que Rosny d'abord, puis un certain nombre de gardes entendirent et se rapprochèrent, curieux de juger par eux-mêmes le mérite de la solution dont on parlait.

Espérance, du coin de l'oeil, avait vu Pontis entouré par les archers du prévôt. Ce spectacle douloureux l'animait à obtenir un prompt résultat de sa conférence.

La Ramée, au contraire, blessé de ce retour offensif sur une question qu'il jugeait épuisée, voulait éconduire au plus tôt le conciliateur importun dont l'exorde venait de susciter autour d'eux une galerie nouvelle de curieux et de malintentionnés.

—Si vous teniez à me faire plaisir, dit-il à Espérance, vous vous occuperiez de vos affaires, non des miennes.

—Monsieur, répondit le beau jeune homme, tout ce que je viens d'entendre ne m'a pas disposé le moins du monde à vous faire plaisir. Mais je vous crois fort embarrassé par vos débuts en cette affaire. Vous avez tellement crié, vous avez tellement gémi, que vous vous serez exagéré à vous-même votre offense et votre souffrance. Cela se voit souvent. Et puis, vous craigniez la partialité de ceux à qui vous faisiez vos plaintes. Donc, vous avez demandé le plus possible pour obtenir quelque chose. J'explique cela ainsi.

—Et moi, monsieur, interrompit la Ramée insolemment, je n'ai aucun besoin de vos explications, et vous en dispense.

Aussitôt il lui tourna le dos. Mais Espérance, sans se déconcerter, tourna comme lui et se remit en face avec une fermeté si calme et un tour de pirouette si élégamment équilibré, que l'admiration succéda à l'attention parmi les spectateurs.

—Je disais, reprit-il du même ton, que si vous eussiez été dans votre sang-froid, vous vous fussiez aperçu que des poules volées et de la paille brûlée ne suffisent pas pour qu'on fasse tuer un homme. C'est écrit dans la trêve, je le veux bien, mais au fond de votre esprit, au fond de votre coeur, vous trouvez l'article barbare et digne des anthropophages. Cette pensée vous honore, je la lis dans vos yeux.

La Ramée, pâle comme un spectre, s'aperçut que son interlocuteur le raillait. Un éclair effrayant jaillit de ses prunelles rougies.

—Je viens donc vous aider, continua Espérance, à revenir sur les conclusions farouches que vous dictait d'abord la colère, et c'est ici que se présente naturellement ma solution. Pour tout le monde, il est clair qu'un dommage a été causé, dommage qu'il convient de réparer.

—Ah çà! seriez-vous un avocat ou un prêcheur? s'écria la Ramée tremblant de colère sous le souffle ardent de la popularité qui caressait chaque parole de son adversaire.

—Ni l'un ni l'autre, monsieur, mais on s'accorde à trouver que je parle facilement. J'ai eu un excellent précepteur, un Vénitien à la fois théologien et légiste. C'est de lui que je tiens cet axiome latin, que je vous traduis en français pour ne paraître pas un pédant: Le dommage d'argent se paye en argent; or, que vaut un canard, que valent cinq cents bottes de paille? Très cher, assurément, lorsqu'on les pille ou brûle en temps de trêve. Mais, entre nous, en temps ordinaire, cette affaire-là s'arrangerait pour deux pistoles. Vous vous récriez; c'est vrai, j'oubliais qu'avec la paille on a brûlé la grange. Peste! c'est plus grave. Il y en a pour vingt écus au moins!

Un formidable éclat de rire des assistants écrasa la Ramée, qui serra les poings et chercha du regard à son côté le couteau qu'on lui avait pris.

—Ne riez pas, messieurs, dit gravement Espérance, car vous feriez oublier à monsieur qu'il s'agit de la vie d'un homme!

—Je trouve honteux, balbutia la Ramée dans le délire de sa rage, je trouve déshonorant de chercher ainsi deux cents auxiliaires contre un seul ennemi.

—Moi, votre ennemi? je suis votre meilleur ami, au contraire. Je veux vous épargner un remords éternel.

L'affreux sourire qui plissa les lèvres de l'autre fit comprendre à
Espérance que ce mot remords n'a pas de sens pour tout le monde. La
Ramée l'accompagna d'un geste méprisant, et rompit l'entretien par
cette phrase:

—Nous nous reverrons.

Et il s'éloignait encore une fois; mais, pour le coup, Espérance perdit patience. Il allongea le bras, saisit la Ramée par la ceinture, et, tout grand qu'il fût, le retourna vers lui comme si cette créature de chair et d'os eût été un mannequin d'osier bourré de plume.

La Ramée étourdi chancela, et une imprécation, un blasphème qu'il proféra, fut étouffé par les applaudissements de la foule.

—Maintenant, dit Espérance, j'ai épuisé avec vous les prières et les discussions courtoises. Venons au fait. Vous voulez que ce jeune homme meure?

Il désignait Pontis.

—Moi, je ne le veux pas. Vous dites que l'on a incendié votre propriété; c'est faux, la grange qui a brûlé tout à l'heure n'est pas à vous, elle est une dépendance de la métairie appartenant à M. de Balzac d'Entragues dont votre père est l'ami, presque l'intendant, je le sais, mais enfin, la grange n'est pas à vous. Ah! cela vous étonne que je sache si bien vos affaires, moi, un voyageur qui passe; attendez, je vous en dirai plus encore: Vous êtes un orgueilleux, un de ces vertueux catholiques qui ont sucé, au lieu de lait, le fiel et le vinaigre de sainte mère la Ligue; votre père est encore malade des suites d'une blessure qu'il a reçue en combattant contre le roi, pour les Espagnols… un Français!… vous ne seriez pas fâché, vous, de faire pendre quelques soldats du Béarnais, depuis que vous ne pouvez plus les tuer à l'affût derrière des buissons, comme cela s'est fait l'an dernier, pas plus tard, aux environs d'Aumale… Ah! ah! comme je vous étonne! Eh bien, mon maître, moi qui sais tant de belles choses sur votre compte, moi qui ne suis ni garde de Sa Majesté, ni sujet à la trêve, moi qui, si vous y tenez, vais vous dire encore toutes sortes de petits secrets devant ces messieurs, je vous répète mes conclusions: Pour les canards volés chez vous, pour la violation de votre domicile, j'évalue qu'il peut vous revenir vingt pistoles; mais comme il s'agit de sauver un de nos semblables, cela vaut quatre-vingts pistoles de plus. Certainement, c'est peu priser un galant homme que de l'estimer quatre-vingts pistoles, mais enfin, je n'ai que cela dans ma bourse; voici les cent pistoles, signez-moi votre désistement.

En disant ces mots, Espérance tira sa bourse bien brodée qu'il étala aux yeux de la Ramée.

Celui-ci était resté comme abruti par la surprise et la terreur. Cet inconnu qui le connaissait, et, après l'avoir convaincu de mensonge, dénonçait ainsi jusqu'à ses plus secrètes pensées; cette vigueur, cette beauté, cette assurance, le cri terrible de la conscience et cette universelle réprobation lui ôtaient la faculté de penser, de parler, de se mouvoir.

Quant à Espérance, ses paroles chevaleresques, son esprit, sa hardiesse, et par-dessus tout la magique bourse gonflée d'or, l'avaient transformé aux yeux des gardes, non pas en dieu, mais en idole. C'était à qui se jetterait dans ses bras, et Pontis, tenu à distance par le respect et la modestie, aussi bien que par les archers, essuyait une larme ou du moins une vapeur au bord de sa paupière.

La Ramée en était encore à se répéter avec la ténacité d'un fou:

—Mais, par qui sait-il tout cela, et quel est cet homme?