VII
CE QU'ON APPREND EN VOYAGEANT
Pontis faisait à son sauveur de sincères protestations, lorsque
Crillon rappela près de lui Espérance.
Au coup d'oeil bienveillant et attendri que le colonel des gardes attacha sur lui, le fils de la Vénitienne sentit que les méditations lui avaient été favorables.
—Eh bien! monsieur, dit-il en s'approchant avec son air engageant et poli, avez-vous découvert qu'il soit nécessaire de me faire pendre comme maître la Ramée tout à l'heure?
—Oh! si l'on cherchait un peu, répliqua Crillon en souriant, on trouverait bien certaines peccadilles.
Et il passa son bras sous celui du jeune homme, heureux et surpris de cette douce familiarité.
—Mais, continua Crillon, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Vous courez les aventures, mon jeune maître, et fort imprudemment, ce me semble. Comment, en temps de guerre, un cavalier de votre mine et de votre qualité se risque-t-il à arpenter le grand chemin, seul, avec un cheval et un portemanteau, qui tenteraient tant de gens désoeuvrés?
—C'est que, monsieur, répliqua Espérance, pour aller où je vais, je ne puis prendre de valet ni d'escorte. Il ne manquerait plus que d'emmener des trompettes, et de faire sonner fanfares.
Crillon l'interrompit.
—Vous ne prendrez point mal mes questions, dit-il. On vous a recommandé à moi, et je me crois autorisé, vous sachant orphelin, seul, à vous offrir mes conseils, sinon ma protection.
—Monsieur, c'est trop de bontés, et soyez assuré que conseils et protection me sont bien précieux de votre part.
—A la bonne heure. Je continue donc: nous avons un rendez-vous et nous y allons?
—Oui, monsieur.
—Vers Saint-Denis, près d'Ormesson.
—A Ormesson même.
—Et cela ne peut se remettre?
—Oh! monsieur, jamais….
Crillon se retournant vers son quartier:
—Un cheval, dit-il.
Puis à Espérance:
—Je veux vous accompagner un bout de chemin; justement j'ai affaire de ce côté. Est-ce que je vous gêne?
—Le pouvez-vous croire, monsieur? Mais quoi! m'accompagner, vous, un si grand personnage?
—Vous craignez que je ne traîne avec moi tout un cortège. Non, rassurez-vous, nous voyagerons côte à côte, comme deux reîtres.
—Mais, monsieur, c'est moi qui, à mon tour, ne vous laisserai pas seul par les chemins. S'il vous arrivait malheur…
—Il y a trêve; et puis, pour ceux, qui ne me connaîtront point, je vaux mon homme. Pour les autres, mon nom vaut une troupe! D'ailleurs, je n'irai pas absolument seul. Holà, cadet!
Il appelait Pontis, qui se hâta d'accourir,
—As-tu un cheval? dit-il.
—Moi, monsieur! si j'en avais un, je l'eusse déjà mangé.
—C'est vrai; fais t'en donner un à mon écurie, tu m'accompagnes.
—Merci, mon colonel.
—Et j'accompagne M. Espérance.
—Sambioux! quelle joie! s'écria le Dauphinois transporté, qui courut à l'écurie comme s'il y devait trouver une fortune.
Dix minutes après tout était préparé. Espérance voulut tenir l'étrier à Crillon, mais celui-ci avant de monter fut arrêté par une réflexion.
—Nous oublions quelque chose, dit-il.
Et, faisant signe au jeune homme de le suivre, il alla trouver Rosny qui continuait sa promenade au bord de la rivière.
Le seigneur huguenot travaillait, comme toujours, faisant des plans ou prenant des notes.
Il vit du coin de l'oeil Crillon descendre de son côté, mais il feignit de ne pas le voir. Il avait encore sur le coeur la rebuffade du matin.
Mais Crillon allait droit au but; il lui barra la route, et, la bouche souriante, l'oeil sincèrement affectueux:
—Monsieur de Rosny, dit-il en lui prenant la main, je m'en vais faire un tour du côté de Saint-Germain, où j'ai reçu avis d'aller trouver le roi notre maître pour quelque affaire de conséquence, confidentiellement, ceci. J'emmène avec moi ce jeune voyageur et le Dauphinois, vous savez, l'échappé de la corde. Je vous prie, monsieur de Rosny, de donner ici votre coup d'oeil incomparable, de traiter les choses en maître, et de me regarder comme votre serviteur.
Rosny ne tint pas devant cette généreuse expansion; il embrassa cordialement Crillon qui, profitant de la bonne veine, fit signe à Espérance d'approcher, le prit par la main et ajouta:
—J'ai voulu vous présenter moi-même ce jeune homme, qui m'est recommandé par sa famille. C'est un aimable compagnon, n'est-ce pas, monsieur? et vous me rendrez sensiblement votre obligé en lui accordant vos bonnes grâces.
Rosny allait répondre.
Crillon s'adressant à Espérance:
—Et vous, notre ami, dit-il, regardez bien ce seigneur qui sera fort grand parmi nous, car il s'y prend jeune.
Rosny rougit de plaisir.
—J'aurai beau faire, répliqua-t-il, je ne vous égalerai jamais.
—Il y a plus d'une gloire, monsieur de Rosny; notre roi est le seul qui les ait toutes. Ainsi je compte pour Espérance, que voici, sur vos bonnes grâces.
—Que veut-il? demanda Rosny.
—Rien, monsieur, que votre estime, dit le jeune homme.
—Gagnez-la, répondit le huguenot en homme de Plutarque.
—J'y tâcherai, monsieur.
—Soit; mais pour qu'on vous y aide, que voulez-vous?
Crillon, avec un rire joyeux:
—C'est plutôt lui, dit-il, qui nous offrirait quelque chose. Savez-vous que le compagnon est seigneur comme Zamet, non pas de dix-sept cent mille écus, mais de vingt-quatre mille par chaque année!
—Vingt-quatre mille écus de rente! s'écria Rosny d'un ton qui annonçait le commencement de cette estime réclamée l'instant d'avant par Espérance.
—Tout autant.
—Si le roi les avait! soupira Rosny.
—Monsieur, dit vivement le jeune homme, je suis tout à la disposition de Sa Majesté.
—A la bonne heure, à la bonne heure, vous êtes un brave cavalier, s'écria Rosny en serrant la main d'Espérance.
—Voilà qu'il l'estime tout a fait, pensa Crillon avec un sourire plein de finesse.
Ils prirent congé, et quand ils furent un peu éloignés:
—Vous auriez là une bonne connaissance si je venais à vous manquer, dit Crillon d'une voix pénétrée, dont Espérance ne put comprendre tout le sentiment et la portée. Mais à cheval et en route.
Le colonel partit entouré de ses gardes qui, l'adorant comme un père, le suivirent pendant quelques cent pas avec des protestations et des voeux pour son prompt retour.
Pontis, fier d'avoir été choisi, se prélassait sur le grand cheval du colonel. Il laissa prendre l'avance à ses compagnons, et les suivit au petit pas hors de la portée de la voix, comme un discret et délicat serviteur.
Le temps était magnifique, et la campagne, protégée par la trêve, épanouissait de jaunes moissons sur lesquelles se jouait le soleil. Les chevaux hennissaient de plaisir à chaque souffle de la brise tiède qui leur apportait l'arôme des foins frais et des pailles odorantes.
Lorsque Crillon eut respiré quelque temps en silence ce bon air de la paix, si doux aux braves soldats, il se rapprocha d'Espérance et lui dit:
—Encore une fois, je vous trouve imprudent de voyager seul et sans cuirasse ni salade quand vous êtes porteur de deux mille écus pour le moins.
—Moi? monsieur, deux mille écus! je n'ai pas cent vingt pistoles.
—Alors, vous n'avez donc pas reçu votre pension ce mois-ci?
—Ce mois-ci et tous les autres, mais….
—Ah! vous dissipez tant d'argent!
—Ce n'est pas pour moi, au moins, n'allez pas le croire, dit vivement
Espérance.
—Pour qui donc, alors?
Espérance ouvrit son justaucorps et en tira une petite boîte de cuir, d'une forme plate et longue.
—Un écrin!…
Espérance desserra les crochets pour faire voir le contenu à Crillon.
—Des pendants d'oreille … Oh! oh! les beaux diamants!
—Mes oreilles n'en seraient pas dignes, n'est-ce pas? dit le jeune homme.
—Il faut de bien jolies oreilles pour mériter de pareils diamants, murmura Crillon. Ah! mon pauvre ami, si Rosny vous voyait avec cette boîte, son estime baisserait singulièrement!
—A défaut de son estime, je me contenterai, pour cette fois, d'une autre….
Crillon secoua la tête.
—Oh! ne la dépréciez pas, monsieur, dit Espérance avec enjouement, elle vaut son prix.
—Vous en savez plus que moi à cet égard, probablement; mais, à ne considérer que les pendants d'oreille, je trouve la conquête d'un prix considérable. Vous avez payé cela au moins deux cents pistoles.
—Quatre mille livres.
—A un juif?
—De Rouen. Je n'avais pas le choix. En guerre, les diamants se cachent.
—Et il vous en fallait absolument.
—A tout prix.
—Peste! votre inestimable est bien exigeante.
—Ce n'est pas elle précisément.
—Qui donc, alors?
—Elle a une mère, monsieur.
Crillon, avec un mouvement qui fit rire Espérance:
—Une honnête mère, s'écria-t-il, qui prie mademoiselle sa fille d'avoir besoin de quatre cents pistoles de diamants. Harnibieu!… la jolie drôlesse de mère. Vous êtes dans la nasse.
—Là, là, monsieur, dit Espérance avec le même enjouement, comme vous arrangez cela! vous avez l'imagination trop vive. Eh non, ce n'est pas la mère qui exige les diamants.
—Vous venez de le dire.
—J'ai dit: elle a une mère. Cela signifie que la mère est une si grande dame….
—Que pour ne pas l'humilier dans la personne de sa fille, vous donnez à celle-ci des pendants de quatre cents pistoles.
—C'est un peu cela.
—Voilà d'impudentes pécores, et vous êtes un grand niais, mon cher protégé.
—Vous changeriez de langage si vous connaissiez Henriette.
—Elle n'est pas fille d'empereur, harnibieu!
—Elle pourrait être fille de roi!
—Plaît-il?
—J'ai dit de roi, et si elle ne l'est pas, son frère a cet honneur.
—Ah çà, quels contes me faites-vous: est-ce que nous avons des fils de roi autres que notre roi?
—Mais oui, monsieur, dit Espérance avec une douce opiniâtreté.
—Harnibieu! s'écria Crillon en se frappant le front d'un coup si brusque que le cheval en fit un écart. Ah! malheureux que nous sommes … oui… c'est cela!…
—Vous auriez deviné?
—Plaise à Dieu que non. En fait de lignée royale, vous n'entendez pas me citer le comte d'Auvergne, par hasard?
—N'est-il pas fils de Charles IX et de….
—Quoi! c'est bien de lui que vous voulez parler?
—Mais oui, monsieur.
—Et, alors, cette mère, cette grande dame, cette merveille à diamants, c'est Marie Touchet….
—Eh bien?…
—Maintenant dame de Balzac d'Entragues.
—Sans doute.
—Et de sa fille, mademoiselle Henriette.
—Un chef-d'oeuvre de beauté.
—Pauvre garçon!
Crillon après cette exclamation laissa choir sa tête sur sa poitrine.
—Mon Dieu, dit Espérance, vous m'épouvantez. Je vous vois consterné comme si j'étais tombé dans les griffes d'une goule.
Crillon ne répondit pas.
—S'il y a là quelque cbose qui intéresse l'honneur, dit Espérance, soyez assez bon pour m'en instruire. Tout amoureux que je sois, je saurai prendre des mesures.
—Comment vous dire ma pensée sans calomnier des femmes, répondit lentement Crillon, ou du moins sans avoir l'air de calomnier. Or, c'est un métier révoltant pour moi, j'aime mieux me taire.
—Mais enfin, monsieur, dit Espérance, madame Touchet a pu être aimée de Charles IX, sans qu'un déshonneur infranchissable la sépare à jamais des honnêtes gens. Monsieur le comte d'Auvergne, fils du roi Charles IX, n'est sans doute pas un prince légitime, mais il est né prince, quoique bâtard, et je ne sais pas trop si j'aurais bonne grâce à faire le dégoûté en pareille circonstance. Il y a au bas de la lettre de ma mère certain espace blanc, certain anonyme qui me dispose très-fort à l'indulgence chrétienne envers les enfants illégitimes.
Crillon rougit, et sa conscience acheva de donner raison au jeune homme. Espérance reprit:
—Pour en revenir à monsieur le comte d'Auvergne, qui m'est parfaitement inconnu, du reste, sa part est encore très-honorable. Il a été élevé dans le cabinet même du feu roi Henri III, et n'est pas mal traité du roi actuel. D'ailleurs, je ne le fréquente pas, moi. C'est à la fille que j'adresse ma cour et non à la mère.
Crillon continua à secouer la tête.
—Le poing y a passé, dit-il; le bras entier, puis tout le corps y passeront. Ces Entragues ne sont pas des gens comme les autres; ce qu'ils tiennent, ils le tiennent bien. Et voyez, vous en êtes déjà aux présents de noces … Harnibieu! vous épouseriez une Entragues, vous!…
—Pourquoi non? dit Espérance, frappé du ton de volonté presque colère avec lequel Crillon, un étranger, venait de lui parler de ses affaires de coeur.
—Voici mes raisons, mon ami: d'abord vous avez annoncé quelques bonnes dispositions pour le parti du roi, qui est le mien, cela vous est recommandé, je crois, par madame votre mère….
—Oui, monsieur, et je ne pense pas y contrevenir.
—Plus que vous ne croyez. La maison d'Entragues est ligueuse, ligueuse enragée. Pour faire votre cour à la fille, comme vous dites, il est impossible que vous demeuriez bon serviteur du roi; impossible que vous ne complotiez pas un peu avec ses ennemis.
—Jamais cela n'est arrivé; l'occasion même ne s'en est pas offerte. Henriette m'a bien parlé quelquefois d'un petit hobereau de leurs amis qui est un ligueur fanatique, ce la Ramée, vous savez, à qui vous offriez une corde tantôt. Mais les confidences qu'elle m'a faites sur ce drôle m'ont aidé à servir le roi, puisqu'en rappelant à ce la Ramée ses prouesses derrières les haies, prouesses qu'il ne croyait pas plus connues que lui-même, je l'ai forcé à lâcher le pauvre Pontis, dont il demandait la punition. Il est donc bon à quelque chose d'avoir sa maîtresse dans le camp ennemi, et pour achever de vous rassurer, mon noble protecteur, je vous proteste qu'Henriette et moi, quand nous sommes seuls, nous ne parlons jamais politique.
—Cela viendra. Si vous épousez la fille, il vous faudra bien entendre politiquer la mère. Or, la dame, la noble dame, comme vous dites, n'admet pas d'autre roi en France que Charles IX. Il a beau être mort: pour elle il n'en est pas moins le roi, attendu qu'il a été son roi. Tout au plus consentira-t-elle à couronner monsieur son fils, et encore! Je ne vous parle pas du père Entragues; oh! celui-là est un type tellement curieux d'ambition, d'avarice, de vile admiration pour sa femme, que je conçois, par amour de l'art, que vous vous rapprochiez de la fille pour mieux étudier le père. Rapprochez-vous donc: mais, harnibieu! n'épousez pas!
Espérance se mit à rire.
—Je ne le connais pas plus que sa femme, dit-il; tous ces gens-là, de si près qu'ils touchent à ma maîtresse, je ne les ai jamais vus.
—Comment est-ce possible?
—Voici … Vous savez que j'habitais un petit domaine loué par le seigneur Spaletta, mon gouverneur. Environ à une lieue est la maison d'une vieille tante des Entragues, fort avare. Quelquefois, en chassant, je forçais un lièvre ou je volais une pie sur la lisière de ses terres. Si la pièce tuée me paraissait d'une provenance équivoque, je l'envoyais à la vieille dame. Un jour, il y a sept mois environ, j'avais porté des perdrix rouges chez elle, quand je vis à table une jeune fille d'une éblouissante beauté. C'était sa nièce Henriette de Balzac d'Entragues, que ses parents envoyaient là pour lui épargner les dangers de l'assaut qu'alors le roi préparait à la ville de Paris.
—Eh! interrompit Crillon avec colère, c'est absurde; il n'y avait pas de dangers à courir si nous eussions pris Paris. Le roi force les villes, mais non les filles!
—Enfin, on le disait, continua Espérance, et, je l'avoue, en voyant cette admirable fraîcheur, cette fleur si vivante, si vigoureuse, je me pris à approuver M. d'Entragues de ne point l'exposer au feu d'un siège et aux admirations flétrissantes des officiers ou des lansquenets.
—Oui, vous avez approuvé Entragues d'envoyer sa fille à point nommé pour vous distraire. Eh bien, tenez, dit encore Crillon à qui démangeait la langue, la belle Henriette était envoyée là pour surveiller l'héritage de la tante et l'empêcher de tomber trop mûr en des mains prêtes à le cueillir.
—Je ne dis pas non, car, la tante morte, et l'héritage cueilli, comme vous dites, Henriette a été rappelée sur-le-champ par ses parents.
—Vous voyez bien! continuez.
—Le fait est que, comme je vous l'ai dit, je ne puis me décider jamais à chercher le côté honteux des faits et gestes de l'humanité. Donc, je vis Henriette, elle rougit en me voyant, elle admira mes perdrix comme si elles eussent été des faisans, et quelque chose m'avertit dès cette entrevue que le temps allait passer pour nous plus agréablement et plus vite.
Crillon frisa désespérément sa moustache.
—D'abord, reprit Espérance, nous nous vîmes à la chapelle, puis, de ma fenêtre à la sienne.
—Vous me disiez que vous habitiez à une lieue.
—Sans doute…
—Et vous vous voyiez d'une lieue?… ô jeunesse!
—Elle a de fiers yeux noirs, allez!…
—Et vous de fiers yeux bleus! dit Crillon avec une tendre complaisance. Après?
—Après … c'était en automne, vers la fin, il faisait bon pour la promenade, et elle sortait sur un petit cheval, et courait tout à travers les bois jaunissants…
—Surtout les jours où vous chassiez?
—Mon Dieu, oui.
—Eh bien, que faisait le gouverneur, et que disait la tante?
—Spaletta avait souvent la goutte, et la tante n'était plus d'âge à courir à cheval. Cependant Spaletta grondait bien plus que la tante.
—Brave tante! comme elle est bien de la famille, hein? Donc, Spaletta gagnait un peu l'argent de votre mère; il vous gênait?
—Oui, mais à partir du jour où vint la lettre que je vous ai montrée,
Spaletta disparut, vous savez
—Harnibieu!… je me rappelle … il disparut, et alors vous ne fûtes plus gêné.
—Plus du tout, dit naïvement Espérance.
Crillon s'arracha une poignée de barbe, et poussa un soupir bien plus éloquent que dix harnibieu.
Le silence régna quelques moments entre les deux interlocuteurs.