XIX
PARADE ET RIPOSTE
Nous avons laissé Marie Touchet et sa fille dans une situation difficile. Peut-être ne serait-il pas inutile de retourner vers elles pour voir comment leur industrie essaya d'en sortir.
D'abord elles ne virent aucune ressource. La Ramée les avait enfermées dans l'alternative infranchissable d'un silence qui les livrait à lui, ou d'une révélation qui les déshonorait sans retour et terminait à jamais les rêves d'ambition de la famille.
Sortir de ce cercle était la première condition. Mais ni la mère ni la fille, l'une avec la rage du désespoir, l'autre avec le flegme de sa vindicative réflexion n'y put parvenir.
Elles virent qu'en effet la maison était gardée, que la fuite était impossible, que d'ailleurs eussent-elles fui, leur persécuteur les retrouverait tôt ou tard et que ce serait à recommencer.
Un éclat, une révélation, qui eût averti le roi et appelé l'attention sur la conduite d'Henriette, elles n'en supportèrent pas l'idée un seul moment. Marie Touchet, au bout d'une heure de lutte et de tâtonnements douloureux dans cet obscur labyrinthe avoua, humiliée, à sa fille qu'elle n'avait rien trouvé; que la position n'avait pas d'issue et que le seul moyen, non pas de parer les coups de l'agresseur mais de les amortir, c'était de tout avouer à MM. d'Entragues et d'Auvergne, lorsqu'ils reviendraient de chez Zamet et du Louvre.
Nouvelle source de désespoir pour Henriette. Mais dans les circonstances extrêmes la douleur extrême devient acceptable. Tout, dans les plus débiles organisations, s'élève alors à une puissance jusque-là inconnue. La fière Henriette courba la tête devant cette nécessité.
Et quand son père et son frère reparurent, le sacrifice était résolu. Marie Touchet prit la parole, et dans les plus ingénieuses subtilités de son éloquence, avec les plus adroites circonlocutions de l'euphémisme, elle raconta aux deux gentilshommes stupéfaits la demande en mariage de la Ramée et les causes de cette hardiesse inouïe.
Pendant ce récit, qui fut sommaire, on le conçoit, et qui n'attribua que deux légèretés de jeune fille à Henriette, celle-ci, la tête ensevelie dans ses mains, sanglotait et essayait d'émouvoir les auditeurs par cette pantomime du suppliant que Cicéron recommande à l'orateur comme un des plus efficaces arguments d'un plaidoyer.
Tandis que Marie Touchet parlait du page huguenot et de l'inconnu de Normandie, M. d'Entragues, en deuil de ses illusions sur l'innocence de sa fille, arpentait la chambre en se rongeant les ongles avec colère. M. d'Auvergne, le sourcil froncé, regardait les boucles noires et brillantes des petits cheveux frisés qui paraient le col si blanc et si rond d'Henriette. Et il se disait qu'il avait là une petite soeur gaillardement lancée dans la carrière des aventures.
Marie Touchet finit son discours. Un silence plus cruel que la colère en couronna la péroraison. Henriette qui comprit ce silence, redoubla de soupirs et de larmes, cachant de plus en plus son visage.
—Il résulte, dit enfin le comte d'Auvergne, que ce la Ramée veut profiter de la mauvaise position de mademoiselle.
—Oui, mon fils.
—Il sait donc tout, ce la Ramée? Vous avez donc confié ou laissé voir à ce drôle….
—Nous y avons été contraintes, dit solennellement Marie Touchet.
—Contraintes! répéta le comte en haussant les épaules, comme si jamais on était contraint à faire une sottise.
Le mot était aussi peu filial que fraternel. Mais, dans les grandes occasions, qu'est-ce qu'un sentiment?
—Ce n'était pas une sottise, dit Marie Touchet, puisqu'il s'agissait d'une vengeance.
—C'est différent, reprit le comte. Eh bien, que fera-t-il, voyons, ce la
Ramée?
—Je le crains déjà moins depuis que j'ai eu le courage de tout vous avouer, s'écria habilement Marie Touchet, car mon principal chagrin venait de l'ignorance où vous étiez sur ce qui concerne Henriette.
—J'eusse aimé mieux l'ignorer toujours, murmura le père Entragues d'une voix sombre.
—Eh! monsieur, par grâce! n'accablez pas une coupable qui se repent, lui répondit la mère avec un coup d'oeil suppliant à son fils.
—C'est vrai, reprit le comte; sortons d'embarras ces pauvres femmes. Vous craignez, n'est-ce pas, que, si vous refusez ce coquin, il n'aille tout dire au roi, et que le roi ne se dégoûte?
—Voilà tout.
—Eh! alors le moyen est facile! s'écria le père Entragues. Il faut faire prendre ce misérable, et on le tuera comme un chien, n'est-ce pas, monsieur?
—Mon Dieu, je ne vois que cela, répondit M. d'Auvergne. Une fois mort, il ne dira rien au roi.
—Oh! monsieur, murmura Marie Touchet, ce la Ramée est un homme bien adroit. Il s'est arrangé sans aucun doute pour que son secret surnage. Il aura déposé quelque écrit bien détaillé, bien appuyé de preuves, entre les mains d'un complice qui le viendra produire après sa disparition.
—Ah! si vous craignez cela, dit M. d'Auvergne un peu découragé.
—Mais, hasarda le père, un papier n'est jamais fort quand un homme n'est plus là pour l'appuyer. Je persiste dans mon dire. Se débarrasser de la Ramée, c'est d'abord détruire un ennemi, et surtout c'est détruire celui qui veut épouser mademoiselle. Ses complices, s'il en reste après lui, ne seront pas des épouseurs; ils demanderont de l'argent, ou toute autre chose possible, on les satisfera, tandis que satisfaire la Ramée en lui donnant Henriette, c'est monstrueux.
—Soit: qu'on le tue, répliqua tranquillement M. d'Auvergne. Cela d'ailleurs arrange tout momentanément.
Marie Touchet prit un air encore plus désolé.
—Eh, messieurs, ce moyen même ne saurait être employé, dit-elle.
—Pourquoi? demandèrent les deux hommes.
—Parce que la Ramée le connaît bien, il le connaît trop.
—Il sait que vous voulez le tuer? vous le lui avez donc annoncé?
—J'avais oublié de vous dire, balbutia Marie Touchet, que dans les deux fatales circonstances dont j'ai eu à vous faire part, ce la Ramée nous avait prêté son bras.
Henriette s'affaissa de plus en plus.
—Quoi! s'écria M. d'Auvergne, le page huguenot et le gentilhomme normand… tous deux….
Et son geste termina sa phrase.
—Oui, monsieur, dit modestement la mère.
—Mort de ma vie! murmura le jeune homme en regardant avec admiration le tableau de famille qui s'offrait à sa vue, vous faites bien les choses, mesdames.
—Tout pour l'honneur, répliqua Marie Touchet avec emphase.
M. d'Entragues se retournait sur lui-même comme un serpent sur des charbons ardents.
—Je conçois, reprit le comte après une minute de réflexion, que ce la Ramée se défie. Il sait vos façons. Peste!… Ah! mais vous allez avoir là un dangereux adversaire.
Marie Touchet leva les yeux aux ciel.
—Si dangereux, poursuivit le comte se refroidissant à vue d'oeil, que je ne vois pas bien clairement l'issue d'une pareille lutte.
—Bah! s'écria M. d'Entragues, on a beau se défier de la mort, on a beau connaître ses ennemis, il faut toujours que l'on succombe.
—Ce n'est pas mon avis, monsieur d'Entragues, et je vous jure bien que si je me défiais de quelqu'un comme la Ramée doit se défier de ces dames, ce quelqu'un-là ne me tuerait pas.
—Que feriez-vous, je vous prie?
—D'abord je ne viendrais pas chercher moi-même ma future épouse dans sa maison. Je la ferais venir, par un billet, à la chapelle où je dois l'épouser, et il faudrait bien qu'elle y vînt. En sorte que si l'on me tuait, du moins ne serait-ce qu'après le mariage. Et croyez-le bien, c'est ce que va faire la Ramée.
—Puisqu'il a dit qu'il viendrait, murmura Henriette.
—Bon! il a dit cela, et il fera ce que je viens de vous dire.
—Mais Henriette n'ira pas à cette chapelle, s'écria M. d'Entragues, et il faudra que la Ramée arrive ici lui-même.
—Oh! mais alors, c'est du bruit, du scandale, c'est un échange de lettres ou de messagers, c'est la divulgation du secret, et, ma foi, quant à moi, je ne me mêlerai pas dans ce chaos.
—Oh! monsieur! s'écrièrent les dames avec un profond désespoir, en tendant vers le comte des mains suppliantes comme les Ichétides d'Eschyle.
—Monsieur, vous ne nous abandonnerez point, dit M. d'Entragues avec humilité.
—Si, par la mordieu!… je vous abandonnerai parfaitement. Que dirait le roi en apprenant qu'il y a dans votre maison tous ces amours, tous ces assassinats, tous ces complots, et que chaque jour en allant le voir au Louvre, je lui porte un pareil bagage enveloppé dans mon manteau?
—Le roi ne saura rien, monsieur, dit Marie Touchet, si nous vous avons pour guide, pour appui. Oh, monsieur, ne réduisez pas à cette extrémité une jeune fille plus légère que coupable.
—Deux hommes tués et un troisième condamné à mort, quelle légèreté!
—Pour la famille, monsieur, pour vous-même, secourez-nous!
—Ah! pour moi, c'est différent. Oui, pour moi, je ne dis pas. Car je risque de me compromettre, et, à vrai dire, je ne vois que moi d'un peu intéressant dans toute cette affaire. Mais le moyen?
—La Ramée viendra, dit Henriette, j'en répondrais, il m'aime, et, fût-ce au prix de sa vie, il ne perdra pas une occasion de me voir. Et puis, il ne croit pas que nous osions jamais, madame et moi, vous instruire de la vérité. Il nous croit donc sans appuis, sans ressources.
—Vous l'êtes pardieu bien, mademoiselle; car lui mort je ne saurais empêcher le secret d'aller au roi.
—Pourquoi le tuer? dit Henriette. Il m'aime, vous ai-je dit, et vous voyant uni à nous… Tenez, monsieur, daignerez-vous me permettre, à moi, pauvre esprit indigne, de vous faire part d'une idée?
—Parlez! parlez! Votre idée doit être bonne! Sachez que je professe dès aujourd'hui la plus grande estime pour vos lumières!
—Voyons votre idée, mademoiselle, dit M. d'Entragues.
—J'oserais proposer, messieurs, qu'au lieu de menacer M. la Ramée quand il viendra, on le reçût poliment; qu'au lieu de le désespérer, on lui donnât de la confiance; qu'au lieu de le tuer, en un mot, on l'éloignât!
—C'est fort judicieux, dit aigrement Marie Touchet, mais comment l'éloigner? Est-ce un homme à se contenter de l'ombre?
—J'avais ouï dire, murmura Henriette que tout mariage fait par violence pouvait être annulé; or, si jamais violence fut manifeste, c'est dans cette occasion.
—Mais, ma chère demoiselle, si vous êtes une fois mariée, dit le comte avec un rire cynique, il n'y aura plus à s'en dédire.
Henriette rougissant:
—Le mariage à la chapelle satisferait M. la Ramée, dit-elle.
—Bah! répondit le comte riant de plus en plus, ce n'est pas cela qu'il faut à votre homme. Du diable si je m'en contenterais, moi! Non, ce n'est pas tout cela qu'il faut faire.
—Écoutons! dit M. d'Entragues avec empressement.
—Vous dites qu'il viendra vous chercher, reprit le jeune homme. Je l'admets. Ne paraissons ni M. d'Entragues ni moi. Soyez toutes les deux, seules; ayez l'air de l'attendre et d'être préparées.
—Bien, murmurèrent les trois auditeurs.
—Je vais vous envoyer quatre de mes gardes qui happeront le drôle….
—Permettez que je vous interrompe, dit Marie Touchet. Il a, lui, des agents cachés autour de la maison, des espions qui guettent chacune de nos démarches. Ils verront entrer vos gardes et empêcheront la Ramée de paraître, ou, s'il vient, il y aura lutte, et une lutte, c'est du bruit, c'est une chance qui peut être défavorable.
—J'enverrai vingt, trente gardes, cinquante, s'il le faut, qui n'entreront qu'au moment où la Ramée sera monté ici, et contre lesquels il n'y aura pas de résistance possible. Laissez-moi achever. Il essayera de faire du scandale, et il révélera, il accusera. Nous verrons alors. Ce la Ramée est un protégé de Mme de Montpensier, disiez-vous, nous irons trouver Mme de Montpensier. On s'expliquera, mais on n'épousera pas.
—J'ai un moyen meilleur, dit Marie Touchet.
—Voyons.
—Les espions de la Ramée sont dans la rue. Ils ne sont que dans la rue. Faisons ouvrir dans le mur qui nous sépare du bâtiment voisin une brèche par où M. d'Auvergne fera entrer ses hommes. La Ramée est trop amoureux pour ne pas craindre la mort, ou pour ne pas se rattacher à la vie si on lui laisse quelque espoir de posséder Henriette. Les gardes de M. d'Auvergne occuperont notre maison par ce passage secret. Ils saisiront la Ramée lorsqu'il se présentera. Celui-ci se verra tout à coup en face de la mort, d'une mort stérile, et capitulera peut-être, ou tout au moins nous fera gagner du temps.
—Et puis, s'il faut qu'on le tue, dit M. d'Entragues, on le tuera; car, je le répète, lui mort, toutes ses révélations perdront la moitié de leur valeur.
—Voilà qui est convenu, interrompit M. d'Auvergne; j'enverrai les hommes nécessaires. Mais par où entreront-ils?
—L'hôtel n'est séparé que par une maison de la petite rue de la Vannerie; les gardes entreront déguisés par cette maison dont M. d'Entragues fera prévenir les maîtres. La brèche de notre mur sera faite tantôt, dussions-nous l'ouvrir de nos mains.
—A merveille. Maintenant, sortons, M. d'Entragues et moi, le visage calme, la mine insouciante, et rendons-nous à nos affaires. Je ne dis pas que le moyen soit parfait et qu'il réussisse; mais enfin, dans la triste position où je vous vois, mieux vaut un à peu près que rien. Et ne dussiez-vous gagner à cela que d'être débarrassées de la Ramée, ce sera une consolation.
Les deux femmes se précipitèrent sur les mains du comte. Marie Touchet en serra une noblement, Henriette baisa l'autre avec reconnaissance.
Tel était le plan combiné dans la maison d'Entragues. Nous savons comment il fut annihilé par le plan combiné chez Mme de Montpensier.
Le soir se passa, les gardes furent introduits en vain. La Ramée ne parut pas. Toute la nuit se passa pour les deux femmes dans des angoisses mortelles.
M. d'Entragues acheva d'y perdre le peu de cheveux qui lui restaient. Non seulement la Ramée ne parut pas, mais on observa avec surprise que ses espions et agents disparurent du quartier. Cette désertion, ce silence qui eussent dû combler de joie ces misérables femmes, redoublèrent leurs appréhensions; dans tout, même dans le salut, elles voyaient un nouveau piège.
Après la nuit, qui les favorisait de son ombre épaisse, le jour revint. La matinée s'écoula encore sans nouvelles. Un billet de M. d'Auvergne reçut pour toute réponse; Rien!
Cette inexplicable absence de la Ramée inquiéta M. d'Entragues à tel point qu'il n'y put tenir, et s'en alla chez Mme de Montpensier pour s'informer de ce qui se passait.
Sur ces entrefaites eut lieu l'événement que nous avons raconté, au Louvre, et déjà, se répandait par tout Paris l'horrible nouvelle, lorsque M. d'Auvergne, presque pâle, égaré, accourut au logis de sa mère pour lui annoncer la mort du roi.
Qu'on juge de l'effet produit sur ces ambitions par le seul coup qu'elles n'eussent pas prévu. Le roi mort! Tous les plans renversés, la fortune des Entragues évanouie. Désormais, qu'importait le passé d'Henriette, qu'importait la colère de la Ramée; qu'était-il cet obscur, cet imperceptible atome? A quoi bon tant de rage amassée, tant d'armes aiguisées? Le roi était mort.
M. d'Auvergne raconta comment, dans la galerie du Louvre, où toute la cour venait de voir rentrer la marquise de Monceaux, l'assassin avait frappé à deux pas de lui le malheureux prince qui venait de lui sourire.
Il raconta le deuil, l'horreur, qui suivirent cette scène, et l'épouvantable désolation qui fit déserter le Louvre après qu'un moine inconnu, un génovéfain qui avait donné les premiers soins au roi, fut venu annoncer que tout était fini et que le trône était vide.
La stupeur, la muette consternation des deux femmes, rien ne saurait l'exprimer. Elles passèrent de la surexcitation la plus violente à la prostration la plus inerte. On eût dit que chez elles le faisceau complet des nerfs qui sont la vie venait de se briser d'un seul coup.
Le comte, lui non plus, ne pouvait s'en remettre. Le roi l'avait protégé, élevé. Avec le roi, il perdait tout. Qui allait régner en France? Qui combattrait l'Espagnol, qui proclamerait ou repousserait la Ligue? Jamais nation ne s'était trouvée dans un si douloureux veuvage de tant d'espoir, de tant de prospérités, de tant de gloire promises par ce règne.
Le comte, pour rafraîchir son front brûlant, s'approcha de la fenêtre. Les cris lamentables montaient de la rue de la Coutellerie jusque dans les maisons; le peuple, disséminé comme les fourmis éperdues, pleurait, criait, se signait; déjà les boutiques commençaient à se fermer, on entendait le bruit des verrous et des barres à l'aide desquelles les plus prudents ou les plus peureux se barricadaient précipitamment.
Soudain, de grands coups retentirent à la porte de l'hôtel, un cavalier se précipita dans la cour, c'était M. d'Entragues qui revenait de chez Mme de Montpensier où on ne l'avait pas reçu, et qui, arrêté dix fois en route par le peuple parce qu'on le prenait pour un courrier tant il se hâtait, aiguillonnait sa monture sous la double impression de la terreur et de la curiosité.
Les deux dames, le comte s'empressèrent autour de lui. Il parlait à peine, il était haletant, il tremblait.
—Eh bien! eh bien! lui dit-on, vous savez?…
—Oui, oui; mais vous, savez-vous?
—Quoi?
—Savez-vous qui va succéder au roi?
—Non.
—Un prince de la maison de Valois, que Mme de Montpensier gardait caché, prêt à tout événement.
—Un Valois… mais lequel?
—Un fils de Charles IX.
—Vous êtes le seul, mon fils, s'écria Marie Touchet en saisissant le bras du comte d'Auvergne.
—Non, madame, dit M. d'Entragues, pâle de rage, non! Je l'ai cru d'abord, mais on parle d'un fils légitime de Charles IX et de la reine Élisabeth.
—Légitime?
—Oui, ce bruit court déjà dans toute la ville, et l'on assure que le nouveau prince va être montré au peuple et conduit en grande pompe par les Guise au parlement.
À ce moment, un bruit confus, vibrant comme le fracas des houles marines avant l'orage, ébranla tout le quartier, du sol au faîte des maisons.