XXV
INTRIGUES DE BAL ET AUTRES
On sera peut-être surpris que nous n'ayons pas encore ramené le lecteur chez ce voisin d'Espérance, le riche Zamet, seigneur des fameux dix-sept cent mille écus, dont l'hôtel, rue de Lesdiguières, avait à Paris une réputation universelle.
Zamet, que sa fortune faisait rechercher de toute la noblesse et des ministres, qui lui empruntaient de l'argent, était une de ces étranges figures dont l'histoire ne suffit pas toujours à bien crayonner la ressemblance. Ce qu'un pareil personnage fait ouvertement tient peu de place dans les annales d'une époque, mais quiconque retrouverait ses traces dans les marches souterraines qu'il a faites pour arriver à son but mystérieux, quiconque saurait éclairer ce type obscur d'un reflet de la vérité, s'étonnerait, d'après l'importance de l'oeuvre, des proportions gigantesques que prend tout à coup la figure de l'ouvrier.
Zamet, Florentin, dévoué aux Médicis et leur agent en France, les servait avec un dévouement qu'il disait inspiré par la reconnaissance, et qu'on peut, sans calomnie, attribuer à l'ambition la plus effrénée comme la plus intelligente. Il devait sa fortune à Catherine de Médicis, et s'était promis qu'une autre Médicis décuplerait cette fortune. Seulement, pour atteindre un tel résultat, les forces d'un homme eussent été à peine suffisantes. Il n'y avait plus de Médicis en France. Catherine était morte avec toute sa postérité peu regrettée, il faut le dire, et la nation française ne paraissait pas disposée à replacer son front sous le joug des Italiens.
Médicis était un nom qui signifiait alors: Guerre religieuse, Saint-Barthélémy, guerre civile, guerre étrangère. Il signifiait encore: Famine, corruption, crimes de famille. Trente ans de meurtres, de spoliations, faisaient un cortège sanglant et infâme à ce nom, devenu à peu près impossible. Cependant Zamet avait besoin de rapprocher les besants d'or de la fleur de lis de France. Il prit ses mesures; l'histoire est là pour nous apprendre s'il se trompa.
Quelque temps après les scènes que nous avons tracées dans nos derniers chapitres, le seigneur Zamet, en son hôtel de la rue Lesdiguières, se promenait un soir de long en large dans la grande salle voisine de sa galerie. Il était soucieux, et méditait avec soin l'analyse d'une lettre qui lui était arrivée de Florence.
Assise auprès d'une table, sur laquelle ses deux coudes étaient appuyés, la signora Leonora méditait aussi, et son oeil pétillant de génie, interrogeait vaguement par les airs le démon rebelle de l'inspiration.
A l'angle de la salle, un homme plus somnolent que rêveur, un beau paresseux, ayant tournure de gentilhomme et timidité de laquais, attendait un mot de Zamet ou de Leonora pour se décider à mettre en mouvement son corps voluptueusement engourdi par la chaleur et le far niente.
—Le courrier attend, murmura Zamet en italien, et il faut que la dépêche soit expédiée ce soir même. Que dire de nouveau là-bas! Avez-vous une idée, Leonora?
—J'en aurais si nous voulions mentir, répondit la Florentine. Mais à quoi bon mentir? Ce qu'il faut là-bas, c'est la vérité.
—La vérité, c'est que le roi n'est pas mort.
—Cela peut s'écrire, et faire plaisir à Florence.
—La vérité, c'est aussi que le roi est revenu plus que jamais à la marquise de Monceaux. Quand on a été si près de les voir brouillés! Quand j'avais déjà entamé des négociations avec M. de Sully!
—Voilà qui sera désespérant, dit Leonora. Cependant il le faut mander à
Florence.
—On verra chez nos princes que rien de nouveau n'a été fait. En attendant, le temps passe.
Leonora haussa les épaules d'un air qui voulait dire:
—Qu'y puis-je faire?
—La lettre sera bientôt écrite alors, dit Zamet.
—Et bientôt lue, surtout.
—Écrivez donc, répéta Leonora. Les premières nouvelles que nous enverrons seront meilleures. Écrivons!
Zamet, en rechignant, grommela:
—Faites!
—Vous ne me le diriez pas deux fois, si je savais écrire. Prenez la plume, vous.
—Moi, j'ai ma goutte, répliqua Zamet.
Leonora souriant:
—Voilà une goutte qui n'oserait pas se montrer, si vous aviez de belles nouvelles à envoyer. Allons, Concino, tu n'as pas la goutte, toi, écris.
Le paresseux étendit les bras et fit craquer toutes ses articulations, comme un chien au sortir du chenil. Leonora lui tendit la plume, qu'il prit de la main gauche.
—Vous dicterez, au moins, dit-elle à Zamet.
Celui-ci, en effet, dicta un résumé des faits qui s'étaient accomplis dans la dernière période: la blessure du roi, sa réconciliation avec Gabrielle, la déclaration du prétendu Valois.
Concino écrivait lentement, mal, et avec hésitation, de la main gauche.
Zamet le lui ayant reproché, il prétexta une brûlure au pouce droit.
Le fait est qu'il voulait que son écriture ne pût être reconnue en cas de surprise, et il y réussissait à merveille; son grimoire n'eût pas été déchiffrable pour un des plus rusés greffiers de la Tournelle.
Lorsqu'il crut comprendre que la dictée était finie, il jeta la plume et se secoua comme après une rude corvée.
—Suis-je libre? demanda-t-il.
—Va! dit Leonora.
—Où va-t-il tous les soirs ainsi avec tant de précipitation dans sa lenteur? demanda Zamet.
—Il va jouer, répliqua Leonora, pour nous amasser une dot, que nul ne nous donnera, je le vois bien, si nous ne la gagnons nous-mêmes.
Cette attaque au coffre-fort de Zamet n'eut pas de succès, mais elle décida la fin de l'entretien. Concino se leva et sortit.
Zamet relut la dépêche, la scella d'un certain cachet composé de plusieurs lettres juxtaposées, et Leonora se chargea de la remettre au courrier prêt à partir.
—Maintenant, dit Zamet, il est temps, je crois, que l'on m'habille si je veux assister au bal que donne le voisin, ce voisin tombé du ciel et qu'on dit plus riche que moi.
Il rentra chez lui en disant ces mots avec une amertume manifeste. Leonora fut à peine seule, qu'elle ouvrit délicatement la dépêche, y écrivit d'une main rapide deux ou trois lignes sous le revers de l'enveloppe, sans rompre le cachet, et descendit pour donner elle-même le message à celui qui l'attendait.
Elle remontait dans le vestibule quand un bruit de chevaux retentit au dehors. Leonora se hâta de rentrer chez elle, où, dix minutes après, une voix jeune et vibrante l'appela par son nom.
C'était Henriette, enveloppée d'un manteau, pâle comme si elle eût souffert, embarrassée comme si elle fût venue dans quelque grand dessein.
Leonora l'accueillit avec cette politesse empressée des Italiennes, la fit asseoir, la caressa, lui plaça une peau de loup sous les pieds, et lui fit mille compliments sur sa beauté. Henriette écoutait d'un air distrait, ou plutôt n'écoutait pas.
—Qu'avez-vous, lui dit enfin Leonora, qui vous amène?
—Mon père d'abord, répliqua Henriette en italien. Il est chez M. Zamet avec lequel il cause un peu tandis que je vais t'entretenir. Faisons vite, et surtout faisons bien.
—Qu'y a-t-il, signora?
—Oh!… presque rien, mais ce rien me sera utile si tu veux l'entreprendre.
—Je suis prête.
Henriette recueillit ses idées, ou plutôt les disposa en bon ordre pour ne les exposer qu'avantageusement. Tactique de diplomate qui se propose de mentir pour faire dire la vérité à l'adversaire.
—M. Zamet, dit-elle, ne va-t-il pas au bal ce soir?
—Oui, signora.
—Chez un seigneur voisin?
—Mur à mur. Un très-beau bal, dit-on, dont tout le monde se promet merveille. C'est un événement dans le quartier.
—Qui donc a invité M. Zamet? Le seigneur voisin, probablement?
—Je ne crois pas. C'est un grand guerrier; illustrissima spada, qui vint ici l'autre soir.
—M. de Crillon, peut-être?
—Précisément.
—En sorte que tu n'as pas vu ce voisin?
—Jamais, et ne sais pas même comment il s'appelle.
—C'est inutile. J'espérais seulement que tu l'aurais vu.
—Pourquoi faire?
—Pour le reconnaître au besoin.
—N'est-ce que cela? Je puis le voir ce soir, si cela me fait plaisir.
—Comment donc?
—En plaçant une échelle au long du mur de notre jardin qui est contigu au sien. La fête aura lieu dans les jardins. Le seigneur en question s'y promènera, et je le verrai.
Les yeux d'Henriette étincelèrent.
—C'est une idée, dit-elle, oui, en effet, une échelle….
Puis amèrement:
—Le moyen n'est pas noble, ajouta-t-elle, mais quand on n'est pas invité, on s'arrange comme on peut.
—Voilà qui m'étonne, demanda Leonora. Beaucoup de personnes de la cour sont conviées, dit-on. Pourquoi ne l'êtes-vous pas avec votre famille?
Henriette rougit.
—Je ne sais, mais que m'importe, Leonora; il ne s'agit pas de cela.
—Il paraîtrait que cela lui importe beaucoup, pensa l'Italienne en voyant se froncer les sourcils de Mlle d'Entragues.
—Nous disons, reprit Henriette, que tu pourras voir ce personnage… c'est beaucoup déjà que de le voir, mais cela ne suffit pas.
—Ah!
—Quand tu l'auras bien vu, de façon à être certaine de le reconnaître partout et toujours, il faudra que tu étudies la maison.
—Sa maison, à lui?
—Et que tu puisses observer ses démarches ou les faire observer.
Leonora devint sérieuse.
—Vous ne m'en dites pas assez ou vous m'en dites trop, répliqua-t-elle.
L'ordre qu'on ne comprend qu'à demi est presque toujours mal exécuté.
Observer est un mot vague; précisez-le. Quand observerai-je? Où? Pourquoi?
Henriette regarda fixement la pénétrante italienne.
—Je croyais, Leonora, qu'en m'adressant à une devineresse, je serais dispensée de la moitié des explications.
—Avec une moitié d'explications, je devinerai un tout, mais avec un quart, je ne devinerai qu'une moitié tout au plus.
—Eh bien! dit Henriette en cherchant avec soin chaque parole, je suis chargée par une de mes amies qui aime ce jeune homme….
—C'est un jeune homme?
—Je le suppose. Je suis chargée, dis-je, de savoir si elle peut espérer d'être aimée. Il faut te dire que mon amie en doute.
—Est-elle belle?
—Mais oui.
—Eh bien! pourquoi ne l'aimerait-il pas?
—Ce n'est pas une raison.
—Oh! cela dépend du genre d'amour que votre amie réclame.
—Elle n'est pas des plus exigeantes; cependant, Leonora, si le coeur du jeune homme est pris d'ailleurs?
—Ah! voilà.
—C'est ce que je veux savoir… pour mon amie.
—C'est entendu. Et pour savoir cela, vous désirez que j'observe ou fasse observer le jeune homme?
—Précisément.
—Que je sache où il va.
—Oui, Leonora.
—Qui il voit?
—Oui.
—Qui il aime, enfin?
—Tu as deviné. Mon amie te sera reconnaissante. Je lui ai dit que tu habitais à cent pas de la maison du seigneur en question.
—À trente pas, signora.
—Que tu plongeais de ta fenêtre dans son jardin.
—Presque dans sa chambre.
—Et ces nouvelles ont tellement enchanté mon amie qu'elle m'a donné pour toi ces vingt ducats, en attendant la récompense des peines que tu vas prendre.
Leonora prit les ducats, qu'elle serra dans sa poche avec une cupidité mal dissimulée.
—Je ferai mieux que de regarder par-dessus un mur, dit-elle, j'irai dans la maison.
—Tu le peux?
—Rien de plus aisé: M. Zamet y entre bien, et il est quatre fois plus gros que moi?
—Mais s'il t'y rencontrait?
—Je saurai l'éviter. D'ailleurs, quand il me verrait? Ne suis-je pas libre?
—Mais tu n'es pas invitée?
—Je vais partout où je veux. Et quand une fois j'aurai pénétré chez le jeune seigneur, je serai bien sotte si je ne parviens pas à lui parler, et il sera bien fin s'il parvient à me cacher quelque chose.
—Leonora, tu es une perle! quand commences-tu?
—Ce soir.
—Un jour de bal?
—Précisément. Si le jeune homme aime quelqu'un, cette personne ne peut manquer d'assister au bal. Pour qui donne-t-on bal, si non pour sa maîtresse. Or, si la maîtresse est là, je vous la nommerai avant qu'il soit minuit.
Henriette avec une voix concentrée:
—Tu as raison, dit-elle. Chacune de tes paroles est une maxime de sagesse.
Eh bien! tandis que tu manoeuvreras ainsi, je veux me donner le plaisir de
te suivre du regard. Tu m'as éveillé les idées et cette échelle me tente.
Ton jardin est noir, désert, n'est-ce pas?
—D'autant plus que M. Zamet sera absent; Concino aussi. Les gens joueront entre eux, ou se coucheront de bonne heure.
—Eh bien! je vais dire à mon père que tu me donnes une leçon de chiromancie, qu'il peut retourner à l'hôtel et m'envoyer prendre dans deux heures. Cependant, tu feindras de t'installer ici avec moi; M. d'Entragues parti, tu pars et te glisses chez le voisin, après m'avoir conduite au mur du jardin et accommodée sur la bien heureuse échelle. Ce sera une partie piquante.
—Assurément, et vous verrez la fête comme si vous y étiez invitée.
Henriette se pinça les lèvres.
—Tu n'y vois aucun obstacle, aucun mécompte, Leonora?
—Aucun. Mais comme il faut tout prévoir, je prendrai mon bel habit florentin, qui me fait si belle, et je réponds d'attirer l'attention d'un roi, s'il s'en trouve au bal.
—Il ne serait pas impossible que le roi y assistât, dit vivement
Henriette.
Elles furent interrompues par l'arrivée de M. d'Entragues, qui cherchait sa fille. Tout se passa comme les deux femmes l'avaient concerté. Le père consentit à partir, laissant Henriette plongée dans les explications savantes des lignes, des monts et des planètes.
À peine fut-il dehors que Leonora se fit habiller par sa compagne. Elle couvrit ses beaux cheveux de la coiffure aux longues aiguilles, enferma sa taille dans le corsage broché d'or, et sa jambe fine brilla sous une jupe à bandes bigarrées dans des bas de soie rouge. Ainsi vêtue, elle était belle de ce charme étrange devant lequel pâlissent toujours les beautés régulières; et Henriette avoua que jamais regard plus enchanteur n'avait recelé tant de flammes périlleuses pour le repos des cavaliers.
Leonora conduisit sa compagne au fond du jardin sombre, leva de ses petites mains nerveuses une échelle lourde pour un bras d'homme. Henriette y monta, s'arrangea de manière à voiler à demi sa tête sous des lierres tombant d'un vase sur le chaperon du mur.
—Je vois, je verrai, merci! murmura-t-elle en se penchant vers Leonora qui voulait connaître le résultat de l'épreuve.
Le manteau bien roulé autour de son corps, les bras commodément appuyés sur le mur, la jeune fille se promit d'être patiente. Leonora lui promit de ne pas tarder longtemps à revenir.
De l'autre côté du mur on entendait les instruments préluder, on voyait s'allumer des flambeaux dans les allées.
La nuit était magnifique; les premiers souffles du printemps avaient échauffé la terre: les violettes, pressées d'éclore, envoyaient leur parfum du sein de l'ombre où elles se plaisent. La flamme des torches et des lampes de couleur faisait briller à l'extrémité des branches les premières bourres des feuilles d'un vert d'émeraude; les charmilles alignées dessinaient ainsi leurs courbes élégantes.
Au loin, la maison resplendissait; les vitres ressemblaient à des gerbes de feu. La foule des conviés se répandit hors du foyer de l'incendie et gagna peu à peu le jardin.
Le souper destiné aux danseurs étalait ses magnificences dans la grande salle du rez-de-chaussée. On eût dit un de ces festins gigantesques mis en scène par Paul Véronèse. L'amphitryon qui s'annonçait sous de pareils auspices ne pouvait manquer d'avoir un jour beaucoup d'amis.
Pontis, dans un costume d'une splendeur extravagante, rôdait autour des buffets comme s'il montait sa garde; peut-être se réservait-il certains morceaux ou certaines bouteilles.
Quant à Espérance, frais et charmant comme à l'ordinaire, il parcourait les groupes de ses hôtes, et recevait ça et là les félicitations et les accolades. Une biche, inquiète et éblouie par les lumières, le suivait, cherchant à rencontrer sa main caressante. Quand il traversait les allées, pour donner ses ordres ou pour accompagner quelque femme qui lui parlait bas, un murmure d'admiration s'élevait sur son passage.
Zamet aussi parcourait les jardins, non sans avoir longuement supputé les frais de cette réception royale. Il avait cherché et accaparé Crillon, dont toute la malice s'exerçait à prouver au financier que désormais on l'appellerait Job, et qu'Espérance serait Crésus.
Zamet, un peu ébranlé, voulut s'en éclaircir et vint faire comme les autres ses compliments à Espérance. Crillon les laissa marcher quelques moments ensemble et parler finances. Cependant cette conversation embarrassait le jeune homme, malgré ses habitudes de naïve franchise. Plus, il s'avouait pauvre et incertain de sa richesse, plus Zamet s'effrayait de la rivalité.
Tout à coup Zamet poussa un cri de surprise, et, tout agité, quitta le bras d'Espérance.
—Qu'y a-t-il, seigneur Zamet? demanda celui-ci.
—Avez-vous vu passer là, derrière ces arbres, une femme en costume italien?
—Non, mais on peut chercher.
—Voilà qui serait étrange, se dit Zamet à lui-même, oui… la voilà, la voila!
En effet, Leonora égarée venait de passer comme une ombre.
—Cette petite femme qui nous tourne le dos?
—Oh! j'ai bien vu son visage.
—Vous la connaissez?
—Certes, et je ne comprends pas comment elle pourrait être ici. Permettez, seigneur, que je satisfasse ma curiosité.
En disant ces mots Zamet se dirigea rapidement vers l'allée où venait de disparaître l'italienne.
Espérance avait eu à peine le temps de se demander qui était cette femme, quand il la vit tout à coup s'élancer de derrière un arbre qui lui avait servi de cachette pour éviter et dépister Zamet.
Elle vint droit au jeune homme, s'arrêta en face de lui avec une expression indéfinissable de surprise et de ravissement.
—Speranza! s'écria-t-elle.
—La Florentine au caleçon rouge! se dit Espérance, par quel hasard?
—Quoi! reprit vivement Leonora, vous êtes le maître de cette maison?
—Mais, oui.
—Vrai, bien vrai?…
—Demandez-le, ma chère, au seigneur Zamet qui vous a vue et vous cherche en ce moment.
—Oh!… s'écria-t-elle en lui saisissant le bras, conduisez-moi un peu à l'écart et donnez-moi quelques minutes, il faut que je vous parle!