XI

LES TROIS OURS D'OR

Gabrielle, qui se plaignait jeune fille, de n'avoir pas de liberté, venait d'éprouver depuis son élévation toutes les misères de l'esclavage.

Ce n'était pas que le roi fût un tyran soupçonneux, un inquisiteur gênant; mais il était assidu près de la femme aimée, il fuyait l'étiquette, la régularité; il recherchait la vie familière, et Gabrielle le voyait toujours arriver au moment où elle s'y attendait le moins.

Mais là n'était pas le supplice. Gabrielle avait de l'amitié pour ce caractère facile et joyeux; elle aimait les saillies de cette humeur divertissante, les élans de ce coeur généreux. La société du roi ne pouvait donc la fatiguer; seulement, après le départ du roi arrivaient les courtisans, les femmes, la foule. Après cette obsession inévitable, venaient les surveillants plus humbles, fournisseurs, solliciteurs, et enfin les valets d'une espèce bien autrement tenace dans sa curiosité.

Et comme Gabrielle sentait le besoin d'être quelquefois maîtresse de son temps, comme elle avait à calculer ses démarches, même innocentes, de peur qu'on ne les rapprochât des démarches faites par Espérance, il arrivait souvent que, découragée, épuisée, elle regrettait sa chaîne de Bougival et les longs discours paternels, et l'escapade du moulin.

Toute contrariété se changeait bien vite en chagrin pour cette âme si douce et si sensible. Henri n'y pouvait rien. S'il eût connu cette gêne de sa maîtresse, il eût essayé le premier d'y remédier. Car nul autant que lui n'aimait l'indépendance. On le voyait chercher tous les moyens de distraire Gabrielle, beaucoup par tendresse, un peu par égoïsme, car en la faisant paraître libre, il allongeait sa propre chaîne, et nous savons qu'il avait de secrets besoins de liberté.

C'est pourquoi Henri avait accueilli avec plaisir la demande inopinée faite par la marquise d'aller à Monceaux respirer pendant quelques jours.

—Vous avez beaucoup de travail, sire, et je vous verrai peu, dit Gabrielle; nous commençons à nous lasser des environs de Paris. Je voudrais faire respirer au petit César un air moins vif et aussi pur que celui de Saint-Germain, qui le fait tousser et l'agite. Monceaux, dans sa plaine riante, reposera mes yeux éblouis des immenses perspectives de Saint-Germain. Je voudrais bien aller à Monceaux.

—Allez, chère belle, répliqua le roi, qui avait ses raisons pour être seul. J'ai en effet à organiser une armée pour en finir avec M. de Mayenne, dont les nouvelles menaces ne me laissent dormir ni jour ni nuit. Vous seriez rebutée par ce flot de soldats mendiants dont je passe chaque jour une revue, et qu'il me faut toiser, habiller et restaurer, comme un recruteur que je suis. Allez à Monceaux, et revenez vite avec notre César, grandi et enluminé à neuf.

Gabrielle fit ses préparatifs sans ostentation, comme toujours. Elle envoya ses femmes et son fils en avant par les mules, avec ordre de l'attendre à moitié chemin. Pour garder son fils, elle demanda au roi quelque escorte; quant à elle, préférant un peu de solitude, elle commanda son carrosse, avec deux piqueurs, qui avaient ordre de la suivre le plus irrégulièrement possible.

On remarqua que la veille de son départ la marquise avait eu un entretien fort long avec le prieur des génovéfains, qu'elle était allée voir à Bezons. On la vit ensuite se promener au jardin côte à côte avec frère Robert, qui lui offrit les fleurs et les fruits qu'elle aimait. Les yeux perçants, et il n'en manque jamais autour des grands, observèrent que l'entretien du génovéfain et de Gabrielle fut sérieux, que la marquise lui prêta une attention extrême, que le frère semblait répéter avec insistance ses conseils développés comme s'il traçait un plan de conduite, et que l'attitude de Gabrielle annonçait la soumission d'une écolière docile.

Les seuls mots que purent surprendre les espions furent ceux-ci, au départ:

—Merci encore, mon ami, pour eux deux et pour moi.

Il ne faut pas demander si ces mots furent commentés. Quelle pouvait être cette trinité qui devrait devoir reconnaissance au frère Robert?

Nous allons peut-être le savoir en suivant Gabrielle à Monceaux.

Donc elle se mit en route, munie dès la veille des adieux du roi et de ses familiers. Elle voulut partir en soldat, avec l'aube. Aussi le soleil paraissait-il à peine sur l'horizon, quand les femmes sortirent de l'hôtel de Doyenné avec le petit César. Une demi-heure après, le lourd carrosse de Gabrielle traversa Paris encore endormi. Les portes n'en étaient point ouvertes. Gabrielle put jouir du coup d'oeil incomparable de la ville immense, pittoresque comme elle était à cette époque, avec ses milliers de cabanes et de monuments accrochés bizarrement les uns aux autres, sans qu'on aperçût un seul habitant.

A peine la fraîcheur du matin avait-elle dissipé les vapeurs de la vie parisienne tourbillonnant sans cesse en invisibles spirales dans ces carrefours percés de rues sinueuses, au-dessus de ces ponts, de ces aqueducs et de ces cloaques; les chiens errants fuyaient en troupes devant le fouet des écuyers; les chats effarouchés grimpaient comme des écureuils sur l'entablement des maisons de bois, et, s'accrochant aux saillies des piliers et des balcons, regardaient ironiquement le cortège avec leurs gros yeux verts.

On rencontrait ça et là quelques patrouilles de bourgeois au harnais mal sonnant, qui frottaient leurs yeux lourds de sommeil et voyaient avec plaisir approcher l'heure du retour au logis.

Bientôt Gabrielle arriva aux portes encombrées de paysans et de chariots chargés d'approvisionner la ville. Elle passa au milieu des ânes et des paniers dont les parfums potagers la firent sourire, tandis qu'en voyant cette dame dans son carrosse, en admirant cet incomparable regard d'azur et cette fraîcheur de beauté qui est demeurée populaire, tout ce peuple campagnard répétait: La belle Gabrielle!

Bientôt, quand le carrosse eut dépassé une lieue, et que l'air échauffé de Paris fit place aux brises fraîches de la plaine, Gabrielle respira librement et sentit une joie enfantine. Pour la première fois depuis bien longtemps elle était seule sur une route, elle pouvait descendre de carrosse, marcher, courir. Ses écuyers, jeunes gens de vingt ans, profitant de la permission, buissonnaient pour arracher des noisettes. Le cocher veillait sur ses chevaux, et Gabrielle commença, ouvrant les mantelets, à regarder partout, comme si elle eût guetté l'arrivée de quelqu'un ou cherché à découvrir des espions.

Elle attendait réellement Espérance à qui, la veille, par Gratienne, comme nous le savons maintenant, elle avait fait fixer un rendez-vous depuis si longtemps réclamé.

Ce ne fut pourtant qu'à Vaujours, au milieu des bois, qu'Espérance se montra tout à coup dans l'équipage d'un chasseur. Il portait sa carabine à la main droite et menait de la gauche un admirable cheval toujours frémissant. Depuis l'entrée au bois, les jeunes écuyers avaient disparu pour reparaître par intervalles, se poursuivant l'un l'autre en leurs jeux; Espérance put s'approcher du carrosse sans être aperçu que du cocher.

Mais on sait combien les carrosses d'alors étaient hauts, longs et larges. Les flancs bombés de cette boîte empêchaient les voix de l'intérieur de glisser jusqu'aux oreilles du cocher enseveli dans la cavité du siège. Espérance profita, en habile tacticien, de cette merveilleuse conformation du carrosse, et se tenant un peu en arrière, se baissant jusque dans l'intérieur, il étouffait complètement ses paroles comme il déroba sa vue au cocher, d'ailleurs peu curieux, de Gabrielle.

D'autres yeux voyaient de loin cette scène, mais de loin, nous l'avons appris par le rapport de Concino. Ce dernier, prudent et paresseux, eût payé bien cher le droit d'entendre sans risque les phrases qui s'échangèrent sous la voûte rembourrée du carrosse.

—Savez-vous, Gabrielle chérie, que vous êtes bien imprudente!

—Savez-vous, mon Espérance aimé, que vous êtes bien peureux, ce matin!

—Il vous a donc fallu de graves motifs pour sortir à pareille heure et me mander ainsi au grand jour à la barbe des espions!

—Ils nous verront peut-être, mais ils ne nous entendront pas, j'imagine.
Regardez un peu si vous voyez mes écuyers.

Espérance sortit sa tête du carrosse et interrogea la route qui tournait dans le bois.

—J'en vois un là-bas, dit-il, qui poursuit l'autre de coups de branches qu'il a cueillies. Je gage qu'ils ont dix minutes d'avance sur nous.

—Rien ne vous empêche donc de prendre et de serrer ma main. Serrez-la bien, cette main, car chacune des fibres qui la traversent aboutit à mon coeur, qui se fond de plaisir quand je vous vois, quand je vous touche.

Espérance prit la tiède main de Gabrielle et la promena sur ses yeux, sur sa bouche, en la caressant d'un continuel baiser.

—On est plus calme, à présent, dit Gabrielle, dont les joues avaient pris la teinte nacrée des roses blanches. Assez, Espérance, assez! nous avons besoin de raison, moi pour parler, vous pour m'entendre.

—Vous allez à Monceaux, reprit le jeune homme docile en replaçant lentement la main de Gabrielle sur ses genoux.

—À Monceaux, oui, ce soir, à la nuit tombante. Vous viendrez me rejoindre.

Il tressaillit, et la flamme qui brilla dans ses yeux fit à la fois plaisir et peine à Gabrielle, qui devina le sens donné par l'amant à ces imprudentes paroles.

—Là! dit-elle avec mélancolie, voici que ces mots si simples, si naturels, allument le cerveau de mon ami et lui font oublier qu'il ne saurait être question entre nous ni de ces rougeurs enflammées ni de ces rêves qui incendient l'imagination.

—C'est vrai, repartit Espérance du même accent doux et triste, de vous à moi, le mot: nuit, signifie seulement: ténèbres, et le mot: se rejoindre, ne veut dire que: causer affaires et sourire. Je l'avais oublié un moment, pardonnez-moi. Vos yeux sont si éloquents qu'on se croit toujours appelé à leur répondre!

Gabrielle baissa la tête, en proie à une émotion que sa noble loyauté ne cherchait pas à cacher.

—Oui, murmura-t-elle, j'ai tort de vous regarder ainsi. Mais comment empêcher les yeux de refléter chaque mouvement du coeur? J'y tâcherai cependant, si vous l'exigez.

—Tout ce que vous faites, tout ce que vous dites est bien, Gabrielle, et je vous en remercie. C'est moi qui suis coupable de désirer plus quand je devrais me trouver si heureux! mais voilà, ce me semble, les piqueurs qui m'ont aperçu et se rapprochent.

—Alors, abrégeons, dit vivement Gabrielle, qui s'arracha à la douce torpeur de son corps et de son âme. Je vous ai mandé, Espérance, pour obtenir de vous un service que vous seul pouvez me rendre, dévoué, discret et brave comme vous l'êtes.

—Commandez.

—Je vais à Monceaux, où j'attends quelqu'un.

—Le roi?

—Non, quelqu'un dont la présence près de moi pourrait donner lieu à des suppositions dangereuses, à des incidents graves.

Espérance la regarda.

—Vous me comprendrez en voyant la personne dont il s'agit. Connaissez-vous la Ferté-sous-Jouarre?

—J'y ai passé. La Marne est à gauche, des bois à droite.

—À une portée de mousquet de la ville, en deçà, se trouve une hôtellerie qu'on appelle les Trois Ours d'or. Vous entrerez, vous apercevrez dans un petit jardin au fond des bâtiments, un homme, un paysan, très-gros et blanc de visage. Vous lui direz seulement votre nom, Espérance, et il vous suivra.

—Tout cela est facile.

—Ce qui peut l'être moins, c'est de l'amener à Monceaux sans que nul vous voie entrer. Au bout du parc passe un chemin creux, tellement effondré d'ornières que peu de gens s'y aventurent. En face de l'endroit le plus profond de ce chemin, vous trouverez, ce soir, une brèche dans mon mur. Entrez-y avec votre compagnon. Gratienne vous amènera tous deux.

—Je proteste que tout cela, si mystérieux que je me le figure, n'est pas difficile à faire, dit Espérance.

—J'oubliais un détail, mon ami; je l'oubliais parce qu'il blesse mon coeur. Il se peut qu'en chemin des espions apostés, des gens armés, je ne sais quelles gens, enfin, veuillent s'emparer de l'homme à qui vous servirez de guide. En ce cas, mon bien-aimé, vous êtes jeune, courageux, adroit, il faudrait sauver cet homme au péril de vos jours, et ne pas souffrir qu'on lui fit la moindre violence, la moindre insulte.

—Bien, dit simplement Espérance. Voici les piqueurs à vingt pas, la curiosité les prend, ils vont nous entendre.

—J'ai fini… Rendez-moi ce service, qui est immense, et conservez-vous pour moi: je vous en serai reconnaissante.

—Payez-moi d'avance avec un regard pareil à ceux de tout à l'heure. Merci.
À quelle heure ce soir, à la brèche du mur?

—Dès qu'il fera nuit.

Les piqueurs s'étaient remis à leur poste, examinant le nouveau venu avec étonnement.

Espérance salua respectueusement Gabrielle, et après s'être orienté avec le rapide coup d'oeil du chasseur, il tourna son cheval sur la droite et le lança en plaine.

De là, bien découvert, mais découvrant tout lui-même, Espérance regarda souvent si quelque tête d'espion apparaissait derrière lui. Il ne vit rien qu'un cavalier planté bien loin à l'horizon, et qui marcha bientôt vers Paris au lieu de le suivre dans sa course téméraire à travers plaine.

Il y a loin de Vaujours à la Ferté-sous-Jouarre, surtout par la traverse. Espérance prit par Annet. Il changea son cheval à Précy, en prit un second à la poste de Villemareuil, et arriva vers trois heures, bien fatigué, en vue de la petite ville où l'envoyait Gabrielle.

Là il se reposa, calculant que de la Ferté-sous-Jouarre à Monceaux la distance est de deux heures au plus, et qu'il lui restait plus que le temps nécessaire pour bien accomplir sa tâche.

Rafraîchi, restauré, Espérance se mit à songer plus profondément à la commission que sa maîtresse lui avait donnée. Quel était cet homme à la vie, à la liberté duquel on tenait tant? Gabrielle n'avait pas de secrets de famille qui fussent inconnus à Espérance. Jamais on ne l'avait accusée de se mêler d'intrigues politiques. Elle n'était pas de ces esprits brouillons qui nomment et renversent les ministres, et se font buissons d'épines pour accrocher un lambeau du manteau royal.

Quel pouvait être cet homme et que résulterait-il de sa visite à Monceaux?

Mais comme Espérance n'était pas non plus de ces songe-creux qui se brisent le crâne pour enfanter des chimères; comme, au contraire, il aimait en toute chose les idées nettes et les chemins éclairés, il se dit que Gabrielle devait savoir ce qu'elle faisait, et que les deux beaux yeux limpides de la charmante femme suffisaient à rassurer le plus aveugle des hommes dans tous les casse-cou possibles.

Il s'achemina donc gaiement vers la ville en méditant le mot reconnaissance par lequel Gabrielle avait clos l'entretien, en rapprochant ce mot des mots nuit et réunion dont il avait fait trop bon marché d'abord; et à partir de cette hypothèse, il vit se changer le parc de Monceaux en jardins d'Armide, auxquels rien ne manquerait, ni les enchantements ni l'enchanteresse. Il rêvait tout éveillé, et fut encore heureux.

Déjà il apercevait à droite du chemin les ours d'or de l'enseigne se balançant à la tringle rouillée avec un grincement criard. Il arrêta son cheval essoufflé, en jeta la bride aux mains des garçons toujours prêts en ce temps-là à bien recevoir les voyageurs; puis il traversa la cour comme s'il eût toute sa vie habité cette hôtellerie, il passa sous la voûte d'une grange et entra dans le jardin indiqué.

C'était un petit clos où fourmillaient, parmi les carottes et les salades, des roses, des oeillets et des chèvrefeuilles. De grandes lianes de haricots à fleurs rouges s'enroulaient autour de longues perches, la vigne chargée de grappes vertes tapissait un mur en ruine.

Des chiens jappèrent, un gros hérisson privé se mit en boule sous la botte d'Espérance, qui, occupé à chercher son paysan, regardait partout ailleurs qu'à ses pieds.

Enfin un bruit de feuillages appela l'attention du jeune homme dans un angle de ce petit fouillis que Gabrielle avait honoré du nom de jardin.

Sous un paquet confus de houblons et de vignes vierges, à côté d'un tonneau enterré en guise de citerne, où les grenouilles vertes piquaient des têtes dans l'eau croupie, Espérance aperçut un homme de vaste corpulence, dont un chapeau de paysan couvrait la tête et cachait entièrement le visage.

Ce singulier admirateur des beautés de la nature eût paru inanimé, on l'eût pu prendre pour un de ces épouvantails protecteurs des cerisiers, sans la faible oscillation d'une cravache, avec laquelle sa main fine et blanche sollicitait l'eau du tonneau pour en tourmenter les grenouilles.

Espérance ayant bien considéré ce personnage, dont le signalement s'accordait avec la description fournie par Gabrielle, crût pouvoir, puisque l'inconnu persistait à cacher sa tête, hasarder de prononcer le mot cabalistique destiné à provoquer la confiance de ce défiant villageois.

—Espérance, murmura-t-il, en cueillant une double cerise à un arbuste voisin.

Aussitôt le gros homme leva la tête et montra un visage résolu et scrutateur à la vue duquel Espérance ne put s'empêcher de se dire:

—Je comprends.

L'examen, que l'inconnu avait prolongé, fut apparemment à l'avantage d'Espérance, car ce chasseur de grenouilles sourit avec finesse, et se levant du siège de gazon sur lequel il avait laissé une empreinte de longtemps ineffaçable,

—Quand il vous plaira, dit-il, monsieur.

—À vos ordres, monsieur, répondit Espérance.

Le gros homme conduisit son guide à une petite porte de ce jardin, lui montra deux chevaux frais qui attendaient, et le pria courtoisement de l'aider à se mettre en selle.

Espérance enleva cette masse avec une puissance de muscles qui arracha un nouveau sourire de satisfaction à l'inconnu.

—Je vois, dit-il, qu'on m'a choisi un bon compagnon.

—Très-honoré de vous rendre service, répliqua Espérance avec respect.

—Eh bien! partons, ajouta le gros homme.

Espérance passa devant sans répondre, la main gauche sur sa carabine, l'épée à portée de sa main droite.

À la nuit tombante, tous deux entrèrent par la brèche du mur de Monceaux, et Gratienne, qui attendait à l'intérieur, les ayant guidés jusqu'à une grotte charmante située au plus épais du parc, dit à l'un:

—Par ici, monseigneur.

Et à l'autre:

—Vous, monsieur Espérance, à cette porte, et bonne garde!