XVII
À INDIENNE, INDIENNE ET DEMI
Pontis, un énorme bouquet à la main, se promenait dans la petite cour de la maison du faubourg, maison mystérieuse s'il en fut, située au centre d'un désert, et dont l'architecture, compliquée à l'intérieur, faisait un véritable labyrinthe digne de la mythologie amoureuse.
La nuit était venue, et l'Indienne n'arrivait pas. Accoutumé à ses façons capricieuses qui, d'ailleurs, sont celles de toute femme qui n'a pas sa liberté, Pontis continuait son monologue commencé chez Espérance contre les défiances outrageantes de celui-ci, et les variations incompréhensibles de son humeur.
—Il a perdu même la tolérance, qui faisait son caractère un des plus parfaits que j'aie connus, s'écria le garde en arpentant pour la centième fois le petit vestibule. Lui qui jamais n'a dit du mal d'une femme, lui qui m'imposait silence quand je m'exprimais comme il convient sur le compte de cette Entragues, il se met à médire des femmes les plus honnêtes. Il soupçonne Ayoubani!
Pontis haussa les épaules et jeta quelques gouttes d'eau sur le bouquet dont ses doigts vigoureux serraient trop énergiquement les tiges.
—Quel sot intérêt veut-il que cette naïve Indienne prenne à l'incompréhensible billet de la scélérate Henriette? Ayoubani soupçonne-t-elle seulement qu'il existe une Henriette? Elle s'est montrée jalouse, soit. Eh bien! c'est son droit. Elle a vu reluire sur moi un morceau d'or. Il n'en faut pas davantage. Les Indiennes aiment ce qui brille, cela est connu. Moi, qui ne suis pas Indien, j'en ferais autant si je voyais sur la poitrine d'Ayoubani un joyau d'or… Oh! la poitrine d'Ayoubani! s'écria Pontis avec un frémissement ou plutôt avec un hennissement fort tendre.
—Mais elle ne vient pas, et l'ombre est déjà épaisse. Espérance m'aurait-il porté malheur?
Pontis se mit alors à tourner et retourner dans la petite maison comme un homme inquiet, désoeuvré, vingt fois il entre-bailla la porte pour regarder dehors s'il venait quelqu'un dans la rue.
Le bruit d'une litière sur l'inégal pavé du faubourg retentit au loin. Cette litière tourne dans l'étroite rue où la maison était située; elle s'arrête, plus de doute, c'est Ayoubani.
Pontis ouvrit la porte précipitamment, et selon son usage, se cachant pour n'être pas aperçu du conducteur de la litière, il attira à lui l'Indienne, enveloppée dans un grand manteau qui la déguisait de la tête aux pieds.
Robuste et ardent comme on l'est à son âge, il enlève la délicate créature dans ses bras et la porte dans la maison, en une salle bien close, où les cires brûlent depuis longtemps, où les tapis sont épais, les fumées odorantes, le silence opaque.
Ayoubani se laisse, avec la gravité d'une reine, déposer respectueusement sur des carreaux de damas; elle reçoit le bouquet et l'admire; elle sourit, elle respire le parfum du chaque fleur, elle est satisfaite. Pontis croise ses jambes comme un Indou et s'assied en face d'elle avec des mines égrillardes à la fois et mélancoliques, avec des soupirs et des exclamations qui, chez ces deux amants, privés des ressources oratoires, composent le fond du dialogue.
Pontis, nous l'avons vu, est paré comme un prince à ses noces. Il espère que l'Indienne voudra bien le remarquer. A cet effet, il prend les poses les plus avantageuses. Ayoubani le laisse faire la roue comme un paon; elle sourit toujours avec finesse, et il faut que cette pantomime soit pleine de signification, car, chacun de son côté, les amants s'en contentent pendant plusieurs minutes.
Néanmoins tout s'use, même les joies de la mimique. L'homme est une créature qui se blase vite sur les plus parfaits plaisirs. Pontis, quand il n'a plus rien à faire admirer à l'Indienne, prétend admirer celle-ci à son tour. Et nous devons dire qu'Ayoubani, en fille délicate, s'y prête avec une réciprocité galante.
Elle est belle, Ayoubani. Ses yeux sont noirs, de ce noir rouge pareil aux veines de l'ébène. On sent le feu circuler sous ses prunelles. Petite, mignonne, modelée finement et richement à la fois, comme les femmes passionnées, elle connaît ses avantages; elle en use avec une réserve méritoire; elle n'a réellement de sauvage que sa vertu.
Aussitôt que Pontis voulut exprimer les désirs que lui inspirait cette beauté parfaite, la jeune Indienne rougit avec grâce, repoussa doucement la main qui cherchait la sienne et posa un doigt sur ses lèvres. Pontis s'arrêta.
Ayoubani commença un long préambule de gestes expressifs. Elle raconta que son tyran avait resserré ses fers. Le tyran était ce Mogol, que purement et simplement elle appelait Mogol, mais d'une voix si charmante, si veloutée, avec un accent guttural si séduisant, qu'il n'y avait qu'une Indienne au monde pour dire Mogol de cette manière,
Pontis témoigna combien ce tyran lui déplaisait, il se leva, mit l'épée à la main, et proposa d'aller tuer le Mogol, ce qui fut parfaitement compris. On daigna l'arrêter, avec une physionomie effrayée. Mais son courage avait produit un excellent effet. Il en recueillit les fruits immédiatement: il baisa la main d'Ayoubani sans recevoir le soufflet qui ordinairement était la conséquence de ces sortes de libertés.
Ayoubani posa encore son doigt sur ses lèvres. Pontis écouta de tous ses yeux.
Voici ce que l'Indienne lui exprima en langage figuré, avec toutes les recherches de l'art du mime.
—Moi, plus jamais sortir seule, le tyran forcer toujours moi à être accompagnée.
—Bah! s'écria Pontis.
—Accompagnée par deux personnes, deux femmes, mima Ayoubani.
—Cependant vous êtes venue seule, répondit Pontis. Seule! ô bonheur!…
Pour exprimer ô bonheur! on joint les deux mains en crispant les dix doigts les uns contre les autres et l'on jette au ciel des regards brûlants.
—Non, dit Ayoubani avec une petite moue triste.
—Vous, pas seule?
—Non, les deux compagnes à moi sont dans la litière, dehors.
—Eh bien! mais il faut les y laisser, puisqu'elles y sont! gesticula
Pontis.
—Impossible!
Pontis ne songea pas à se demander pourquoi ces surveillantes restaient si tranquillement dehors, au lieu de venir surveiller là où leur présence eût été nécessaire. La douleur d'Ayoubani demandait la répercussion d'une douleur immédiate. Il tâcha d'imiter la petite moue gracieuse de l'Indienne, et, disons-le, il s'en acquitta convenablement.
—Il faut les aller chercher, continua Ayoubani.
—Oh! pourquoi? demanda Pontis.
—Il le faut!… Mogol commande!
Mogol fut parlé.
Pontis baissa tristement la tête; mais alors la divine Ayoubani eut une idée.
Elle se leva, étira ses membres souples avec une afféterie délicieuse. Cambrée comme une nymphe, la tête jetée en arrière, sa jambe fine tendue, elle prit la pose d'une almée qui va entrer en danse.
En même temps elle montrait du doigt le dehors et indiqua le nombre deux.
—C'est-à-dire, devina Pontis, que vous allez faire venir les deux femmes et que vous danserez.
—Elles aussi, exprima Ayoubani en imitant les attitudes de deux femmes qui dansent en face l'une de l'autre.
—Très-bien! elle va faire danser ses surveillantes, comprit Pontis. Très bien!
Ayoubani voyant un sistre pendu à la tapisserie et un tambour de basque au-dessus, les détacha d'un air de triomphe.
—Et l'on fera de la musique! je comprends, se dit Pontis.
Ayoubani courut légèrement au vestibule, siffla d'une certaine façon, et aussitôt deux femmes, enveloppées comme deux momies égyptiennes, se présentèrent à la porte que leur ouvrait Pontis d'après l'ordre de la maîtresse.
En vain sa curiosité chercha-t-elle à s'exercer sur les deux surveillantes du Mogol, un bandeau de plumes d'autruche couvrait leurs fronts, une étoffe rayée tombait de ce bandeau sur leur visage qu'elle couvrait, et par deux trous comme ceux d'un masque on voyait bien la flamme, mais non la paupière de leurs yeux.
Une profusion de verroteries, d'os bizarres, de coquillages et de coraux s'entre-choquaient plus ou moins harmonieusement à chaque mouvement de ces deux singulières créatures. Leurs pieds étaient chaussés de sandales d'écorces, leurs jambes disparaissaient sous les plis d'une lourde étoffe qu'on eût dit tressée avec des herbes marines, et, pour comble de sauvagerie, elles avaient l'une et l'autre un arc à la main, et, sur le dos, un carquois plein de ces terribles flèches bardées dont la pointe ingénieusement cruelle étonne toujours l'oeil des Européens.
Pontis vit ces deux figures s'installer l'une à droite, l'autre à gauche de la porte; elles étaient grandes, vigoureuses, et représentaient assez bien deux gardes du corps respectables. Le Mogol avait choisi avec intelligence.
—Voilà qui va effaroucher les amours! pensa Pontis. Mais, bah! j'ai ouï dire que les femmes sauvages sont impressionnables, qu'elles ne peuvent résister à l'entraînement de la danse et de la musique, je vais les charmer. Ce n'est pas de la force qu'il faut ici, c'est de l'adresse, et je n'en manque pas, Dieu merci.
Ayoubani qui, elle aussi, avait considéré le costume de ses compagnes, parut satisfaite de leur tenue, elle leur sourit, et offrit à l'une le sistre, à l'autre le tambour. Puis elle se mit à danser, après avoir forcé Pontis à s'asseoir à la place qu'elle occupait auparavant.
—Si l'on dit jamais devant moi du mal des Indiennes, pensa le jeune homme, je soutiendrai qu'elles sont les plus honnêtes créatures qui puissent embellir le monde. A-t-on jamais vu des Françaises donner leurs rendez-vous avec une escorte, et en passer le temps à danser devant témoins? C'est de l'innocence ou je ne m'y connais guère.
Il regardait danser Ayoubani, et il battait la mesure des mains, des pieds et de la tête, et peu à peu il se laissait fasciner par la grâce voluptueuse des attitudes et des mouvements de l'infatigable Indienne. Elle fut si adroite, si légère, si éloquemment belle, que Pontis reconnut toute la sagesse du Mogol dans la présence des témoins qu'il imposait aux exercices chorégraphiques d'Ayoubani.
Enfin, celle-ci s'arrêta au moment où le garde étendait amoureusement les bras pour la recevoir. Elle évita cette dangereuse guirlande qui déjà l'enserrait, et repoussant la poitrine du jeune homme qui l'avait pressée sur son coeur, elle alla s'asseoir essoufflée, riante, sur les coussins.
Pontis, malgré les duègnes du Mogol, tomba à genoux, les mains jointes, devant l'Indienne; mais celle-ci toucha d'abord ses lèvres, ce qui invitait son interlocuteur à prêter attention au dialogue prêt à s'établir.
—Est-ce joli, dit-elle par signes, ai-je bien dansé?
—Délicieux! divin!
—Voulez-vous danser aussi?
—Merci, répondit Pontis.
—Essayez.
—Non, je danserais mal après vous si gracieuse.
Ayoubani eut la bonté de ne pas insister, mais elle appuya sa petite main sur sa poitrine haletante.
—Vous m'aimez? comprit Pontis.
—Non, fit-elle, ce n'est pas cela que je veux dire.
Et elle plaça sa main sur le creux même de son estomac.
—Vous souffrez, vous avez trop chaud?
—Non, ce n'est pas encore cela.
Elle porta trois doigts à sa bouche avec le mouvement un peu trivial qui, chez tous les peuples, mimes ou non, signifie: Moi vouloir manger.
—Elle a faim, s'écria Pontis, pauvre ange! Elle a tant sauté!
Il courut au buffet dans lequel plusieurs flacons brillèrent aux feux des bougies. Pontis, homme de précaution, avait toujours sous la main quelque victuaille: il trouva des fruits, et servit devant Ayoubani une collation qui, à défaut de somptuosité, avait au moins le mérite de l'impromptu.
L'Indienne se versa à boire et but comme un oiseau pourrait le faire. Elle demanda de l'eau, et tandis que Pontis, le dos tourné, cherchait avec difficulté ce liquide très-rare dans son buffet, Ayoubani fit tomber dans le verre quelques gouttes d'une liqueur contenue dans un petit flacon de cristal de roche.
Pontis apporta la carafe et voulut verser, mais Ayoubani lui tendit le verre pour qu'il le vidât en son honneur. Il obéit en souriant, elle lui en offrit un second qu'il refusa, fidèle, malgré son délire amoureux, à la promesse de tempérance qu'il avait faite à son ami.
Ayoubani mêla beaucoup d'eau à son vin et but. Puis devenue plus communicative, elle prit Pontis par les deux mains en essayant de le faire danser avec elle.
Tenir Ayoubani dans ses bras, la couvrir de baisers malgré sa résistance, puis lutter de vitesse et de légèreté avec elle, pour reprendre par intervalles le combat des étreintes et des baisers, telle fut pendant quelques rapides minutes l'occupation du jeune homme qui avait oublié l'univers et voyait au bout de cette fougueuse ivresse de la danse, l'ivresse plus douce encore de l'amour.
Il avait oublié, disons-nous, l'univers; par conséquent, il ne songeait plus aux deux surveillantes qu'il se proposait de congédier ou d'enfermer quand il en serait temps. Celles-ci, battant le tambour, égratignant le sistre, imprimaient une sorte de rage aux pas turbulents d'Ayoubani. L'Indienne s'accrochait à Pontis de ses dix doigts nerveux; elle se laissait étreindre par l'ardent jeune homme, elle le faisait tournoyer en même temps qu'elle avec une effrayante rapidité.
Cependant, son oeil fixe et hardi comme celui des fées orientales surveillait chaque muscle du visage de Pontis. D'abord ce fut une exaltation étrange qui empourpra le front du jeune homme; puis une flamme vacillante qui jaillit de ses yeux, enfin il bondit, ses lèvres s'ouvrirent pour murmurer des mots sans suite, sans doute des prières d'amour, et une sorte d'extase illumina ses traits moins colorés. Alors l'Indienne le saisit plus étroitement, elle l'enleva pour aider au mouvement de ses jambes devenues lourdes, et le voyant pâlir, détendre le cercle de ses bras, s'arrêter comme frappé d'un vertige subit, elle le regarda un moment en face, et le soutint mollement tandis qu'il s'affaissait sur lui-même. Il tomba renversé parmi les coussins, râlant un soupir qui s'affaiblit peu à peu et dégénéra bientôt en un souffle imperceptible.
Ayoubani fit alors un signe à ses deux femmes qui cessèrent leur musique et s'éloignèrent précipitamment.
Aussitôt l'Indienne fondit comme un vautour sur le corps inanimé; elle ouvrit de ses mains vigoureuses le pourpoint gonflé par cette mâle poitrine, et fouillant les étoffes avec l'avidité d'une hyène affamée, sentit et saisit la boîte d'or, dont elle coupa les cordons de soie avec ses dents.
Elle tenait ce trésor mystérieux, elle était maîtresse du secret qui avait causé, qui devait causer encore tant de malheurs.
Haletante, éperdue de curiosité, de joie, elle s'approcha d'une bougie pour mieux voir cette petite boîte et l'ouvrir.
Mais la boîte fermait à l'aide d'un secret. En vain les doigts industrieux, tenaces, en vain les ongles s'acharnèrent-ils aux glissantes parois du métal, le secret résista; Ayoubani impatiente, irritée de l'obstacle mordit la boîte sans pouvoir l'entamer.
Un sourd gémissement la fit tressaillir, Pontis rêvait peut-être; il se tordit comme un serpent sur les tapis, il étendit son poing vigoureux qui battit le sol avec un bruit lugubre.
—Cet homme est fort comme un taureau, dit l'Indienne; il est capable de s'éveiller, et, s'il s'éveille, je suis morte. Pas d'imprudence. Chez moi, avec un ciseau, avec un maillet, j'aurai bien vite raison de cette boîte maudite. Maintenant, ajouta-t-elle avec un sourire de triomphe, Henriette peut renverser Gabrielle, et Leonora tient Henriette! Partons!
En parlant ainsi, les yeux toujours attachés sur Pontis, qui s'était calmé,
Ayoubani cherchait l'ouverture de sa robe pour y enfermer le médaillon.
Tout à coup deux mains saisirent la sienne, lui arrachèrent le trésor; elle se retourna en poussant un cri sourd. Henriette était devant elle l'oeil brillant d'une infernale joie.
—Merci, dit Mlle d'Entragues avec une ironie poignante; merci, ma bonne
Leonora, ta conjuration indienne a parfaitement réussi.
A ces mots, Henriette poussa un éclat de rire qui retentit comme un cri de démon, et la fausse Indienne tomba foudroyée sur un siège, ayant à ses pieds le corps du malheureux Pontis.
Ce qu'elle passa de temps à essayer de reprendre ses esprits, elle-même ne s'en rendit pas compte. Elle croyait toujours entendre siffler ce rire d'enfer à ses oreilles; elle sentait toujours la brûlure de ces mains qui lui avaient tordu le poignet pour voler le billet.
Mais chez Leonora, trempée d'acier, l'impuissance de la terreur ne pouvait régner longtemps; elle se leva, elle secoua ses membres refroidis, elle commença de penser à la vengeance.
Qu'étaient devenues ses femmes, ses femmes qui, certainement, l'avaient trahie? Comment rejoindre Henriette? Comment réparer cette honteuse défaite, au seul penser de laquelle tout son orgueil se révoltait?
Avant tout, il fallait sortir de la maison. Elle fit un effort, et se dirigea vers la porte.
Au même moment un bruit de pas retentit dans le vestibule. Ce n'étaient point les pas d'une femme. Ses femmes d'ailleurs ne l'auraient point attendue après ce qui s'était passé. Non, c'était un pas d'homme, d'homme agité, pressé. Leonora entendit distinctement le bruit d'un fourreau d'épée heurtant l'un des barreaux de la rampe.
Lui avait-on dressé une embûche? Henriette, non contente de lui avoir arraché le billet, voulait-elle lui faire arracher la vie? L'homme qui venait armé était-il un assassin chargé d'ensevelir à jamais le secret des Entragues, selon les traditions de la famille.
Pâle et glacée au bruit des pas qui se rapprochaient, Leonora souffla les bougies et se blottit derrière la porte.
L'homme accourait, elle voyait par la fente de cette porte grossir sa silhouette noire, qui tâtonnait dans les ténèbres.
—Pontis! cria cet homme, Pontis! réponds donc!… Où es-tu?
—Speranza ici! murmura Leonora dont les dents claquaient d'épouvante. Oh! si c'est lui, je suis perdue.