CHAPITRE III.
Des Pronoms Démonstratifs, Relatifs et Interrogatifs.
1o Pronoms démonstratifs:
| EN ARABE. | EN HÉBREU. | |
|---|---|---|
| ʐa, haʐa | singul. ZeH, celui-ci, ou celui-là; | |
| Da et dé, hada, hadé | ||
| ʐeh ʐi zehi | ZAS et ZoH, celle-ci, ou celle-là; | |
| Teh, Ti, Tehi, Ta | ||
| ʐāk, hazāk, ʐalek | ᴢω et HaLLaZ etHaLLaZeH etHaLLaZω, celle-là, celui-là; | |
| Tāk et telk | ||
| ces trois derniers sont de commun genre, et tous trois semblent n’être que des composés des mots simples ZeH et Zω à qui l’on a joint les articles He et aL, que nous allons voir. | ||
| aωlak, aωlaiek et aωlâlek | plur. | al ou æl et ɐl | ceux-ci, celles-ci, ou ceux-là, celles-là. |
2o Les pronoms relatifs que, qui, laquelle, lesquels, etc., à tous les genres, cas, personnes et nombres s’expriment par le mot
| ARABE. | HÉBREU. | |||
|---|---|---|---|---|
| allazi ou elladi masc. | aŠeR ou aŠR (équivalent that en anglais), | |||
| allati, ellati fém. | Š prononcée Ši ou Še. Par ex. on dit: | |||
| ellazin plur. masc. | zeH H’ïωM | Ši (ou aŠR) | QωiN Hω | |
| et ellati commun genre | ceci le jour | que avons | attendu lui | |
| He GIDeH | L’I Še | (ou aŠR) | ||
| eh montrez | à moi | qui | ||
| aHeB-aH | NaFŠ-I | |||
| aime | ame mienne | (qui j’aime). | ||
Les grammairiens supposent que ce Še vient d’aŠr dont il fait les fonctions: cette origine sent un peu l’Alfana vient d’equus; j’aimerais mieux dire qu’il vient d’une même source ancienne que le qui des Latins dont il a le sens;—car puisque, selon Quintilien, quos fut dit cos, le qui a pu être dit ki: or il est démontré que fréquemment ki est devenu tŠi (les Arabes disent tŠeLB pour KeLB); alors le t seul fait la différence de qui et de Ši; ce dernier a pu, comme d’autres mots connus, être emprunté par le latin à l’idiome des Phéniciens, de qui les Hébreux ont pu l’emprunter aussi[178]. Dans le syrien ou syriaque, il a pour équivalent le mot Di si souvent prononcé zi par zed ou par zal: tout cela semble n’avoir été qu’un même mot varié selon les dialectes (comme siboulet et Šiboulet).
[178] Sur ce mot Ši l’on a fait remarquer qu’il ne se trouve pas une seule fois dans le Pentateuque, et qu’il ne commence à se montrer dans les livres que depuis David: mais si l’on y trouve le mot nabia, qui ne s’introduisit chez les Hébreux que bien plus tard, si l’on y trouve plus de vingt passages avoués être posthumes, l’argument de la remarque est nul. Quelqu’un pourra-t-il calculer ce qu’Ezdras s’est permis dans la refonte incontestable des livres? (sans compter le grand-prêtre Helqîah, rédacteur premier.)
L’arabe offre une autre analogie ou origine qui ne détruit pas celle-ci: dans cette langue le même mot, Ši, qui se dit Šaï et Š seul après voyelle, signifie chose et que, quoi: ai-š-teqωl: qu’est ce que tu dis? ma fi-š: il n’y a chose, il n’y a quoi: l’ai-š: pourquoi? or si ce mot a existé chez les anciens Arabes, les Phéniciens peuvent l’avoir eu dans l’emploi indiqué, et dire zω-š-aqol, ce que je dis; zω š-akol, ce que je mange.
3o Les pronoms interrogatifs pour les personnes, sans distinction de genre et de nombres s’expriment par le seul mot:
| ARABE. | HÉBREU. | |
|---|---|---|
| man hω, mascul. | Mї,—qui, lesquels, lequel, lesquelles? | |
| men hi, fém. | Mї aMaR,—qui a dit ou parlé? | |
| man hom, men henn. | Mї RaSω,—lesquels, lesquelles ont couru? | |
| Pour les choses c’est le monosyllabe | ||
| mâ, aï, aišai, aiš, aïa, etc. | maH ou meH,—que? quoi?quel, quels, quelle, lesquelles? | |
| MaH Faăl,—qu’a-t-il fait? | ||