L’Égypte.

Alexandrie est le seul port où il y ait un comptoir. Damiette n’a que des facteurs. Rosette est un entrepôt, et le Kaire est le grand lieu de consommation.

L’Égypte consomme beaucoup de draps, de cochenille, d’épiceries, de fer, d’alquifoux et de liqueurs: on fait passer aussi beaucoup de ces draps et de la cochenille à Djedda, ainsi que des sequins de Venise et des dahlers.

La nation française et son consul ont quitté le Kaire depuis 1777. Il est cependant resté quelques facteurs sous leur propre garantie; on leur passe 10,000 fr. par an, pour leurs avanies.

Damiette est une mauvaise rade: on y charge du riz en fraude, en simulant un retour pour un port de Turkie. On en tire dix à douze chargements pour l’Europe par an.

(L’auteur du mémoire ne dit rien des retours d’Égypte; ils consistent en café Moka, en toiles grossières de coton pour vêtir les noirs des Antilles, en safranon, en casse, séné, etc.)

Le commerce d’Égypte a des hausses et des baisses considérables. On estime l’envoi moyen à 2,500,000 fr., et le retour à 3,000,000 fr.