Barbarie, Tripoli.

Le gouvernement vexatoire et anarchique de Tripoli empêche d’y faire tout le commerce dont la fertilité du pays le rend susceptible. Les Arabes tiennent la campagne et la dévastent. Les caravanes du Faizan et du Mourzouq arrivent deux fois par an à Tripoli, et y apportent des noirs mâles et femelles, de la poudre d’or, des dents d’éléphants et quelques autres articles. Les Français ont tenté d’y faire des établissements; mais la mauvaise foi des habitants, en les frustrant de leur paiement, les a forcés d’y renoncer. On n’y commerce que par les bâtiments caravanes (c’est-à-dire caboteurs), qui y portent de gros draps, des clincailles, des étoffes de soie, des liqueurs pour environ 50,000 fr. Ils retirent du blé, de l’orge, des légumes, du séné, des dattes et la barille, pour 70,000 fr.