Tunis.
Les Tunisiens, ci-devant corsaires, se sont depuis 50 ans entièrement tournés vers le commerce par la bonne politique de leurs beks qui ont protégé les commerçants et banni toute vexation.
Ce pays produit du blé, des légumes, de l’huile, de la cire, des laines, des cuirs, des cendres, le tout en abondance.
On y porte les mêmes marchandises qu’au Levant, avec de la laine d’Espagne, du vermillon, etc.
Tunis a une fabrique de bonnets, qui jadis fournissait toute la Turkie; mais les nôtres sont entrés en une concurrence qui lui a porté coup.
Le commerce total des Français en ce pays se monte en envois à 1,500,000 fr., et en retraits à 1,600,000 fr. Les facteurs se plaignent que les naturels empiètent sur leur industrie, en traitant directement avec Marseille, où il en passe un assez grand nombre sur nos bâtiments.