La Calle, Bone et le Collo, concessions faites à la compagnie d’Afrique.
Le commerce de ces trois comptoirs est exploité par une compagnie qui fut créée par édit, en février 1741; son capital fut fixé à 1,200,000 fr., divisé en douze cents actions, chacune de 1,000 fr., dont la chambre de commerce de Marseille acquit le quart. Cette compagnie fut subrogée à perpétuité à celle qui avait été créée en 1730 pour faire la traite du blé pendant dix ans. En conséquence des rétrocessions, délaissement et transport de la compagnie des Indes pour cette partie, la compagnie d’Afrique paie au divan (conseil du dey) d’Alger, à celui de Bone et du Collo, et aux Arabes voisins de la Calle, des redevances convenues par traité en 1694, entre une autre compagnie et le divan d’Alger.
Elle entretient dans ses comptoirs environ 300 personnes, officiers, soldats, pêcheurs de corail, et ouvriers. Le gouverneur de la Calle est l’inspecteur général.
L’aliment de ce commerce est uniquement en piastres d’Espagne que la compagnie réduit à des pieds déterminés: elle retire du blé, des laines, de la cire et des cuirs. Pour effectuer ces retraits elle a besoin d’intrigues perpétuelles auprès de la régence d’Alger qui la rançonne et lui fait acheter des permissions, même pour la provision des comptoirs, convenue à 2,000 charges de blé.
Un article de retrait important, est le corail que l’on pêche dans la mer adjacente; la compagnie le paie à ses patrons de barque, une somme convenue par livre. Ce corail sert à acheter des esclaves noirs en Guinée, et par conséquent, il favorise la culture de nos îles à sucre. On en porte aussi à la Chine et dans l’Inde. On en a tenté la pêche dans la mer de Bizerte; mais malgré la concession du bey de Tunis, les Trapanais et les Napolitains, qui l’ont faite avant nous, sont venus en armes nous troubler.
Le commerce de la compagnie varie beaucoup; mais on peut l’évaluer au terme moyen de 8 à 900,000 fr. en envois, et de 1,000,000 francs en retraits.